Tamino @ le Café de la Danse | 14.06.2022

Il s’était presque fait attendre. 3 ans et demi après la sortie de son 1er album, 2 ans et demi après son Olympia, Tamino est enfin de retour. Et il a choisi Paris pour retrouver la scène.

C’est en avril que les signes annonciateurs sont apparus, avec quelques mots postés sur les réseaux d’abord, suivis du clip de The First Disciple, très proche des morceaux de l’album éponyme.

Puis, début juin, un 2ème extrait qui surprend davantage, Fascination, est mis à disposition. Plus pop, plus éloigné aussi de ses origines Egyptiennes, c’est le type même du morceau addictif, façon ritournelle hypnotique, avec une guitare instantanément familière, et une voix qui se fait juste suffisamment rauque pour captiver l’oreille sans échappatoire possible (on repense à Maarten Devoldere, de Balthazar).

Le titre est tellement obsédant que sur le chemin du concert, avant de retrouver les amis Eline et Olivier, je l’écoute encore et encore et encore, en boucle en fait, autant de fois que la disponibilité du réseau métropolitain me le permet.

C’est si intense que je me demande si le monde entier ne s’en est pas rendu compte également, et si je n’aurais pas dû prévoir d’arriver plus tôt encore (18h30, pour un concert prévu à 20h). En effet, la queue fait déjà plus de 20 mètres dans le passage Louis-Philippe, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public s’est singulièrement diversifié.

Une fois à l’intérieur, l’absence d’instruments installés sur la scène atteste du concert solo. Et sans première partie.

Il est 20h très largement passées quand Tamino entre sur scène dans une certaine pénombre, ton sur ton avec sa tenue. Il n’a pas l’air d’avoir changé pendant ces presque 3 ans, et en impose instantanément, tout de noir vêtu, avec son immense silhouette et sa chevelure de Prince Charmant des temps modernes, capable de plaire aussi bien aux femmes qu’aux hommes, quelques soient d’ailleurs leurs préférences, on s’en rend bien compte ce soir.

Histoire de ne pas manquer Fascination, j’ai déjà dégainé l’appareil photo, mais c’est avec une chanson totalement inédite, A Drop Of Blood, que Tamino inaugure son set dans un silence quasi religieux, accompagné d’un oud majestueux. Exclusivité totale et chance absolue.

Alors que personne ne sait encore rien de cette chanson, ses paroles sont pourtant déjà brodées à la main sur une chemise conçue par le designer Jan-Jan Van Essche et notre auteur-compositeur-interprète préféré. « I’ve seen the sea give men a home and drown them too », la salle retient son souffle avant d’exploser en applaudissements.

Le temps de changer de guitare et Fascination lui succède. Dès les premières notes, le titre touche au cœur. Même avant de s’intéresser aux paroles, on sait qu’elles sont porteuses d’amour et de lumière, impression confirmée en se concentrant davantage, bien que le doute demeure. S’il est bien question de voir la beauté à travers les yeux de l’autre, c’est suffisamment subtil pour qu’on ne se demande pas si le garçon n’évoque pas en fait sa relation avec son public et le regard qu’il porte sur lui-même.

Cette modestie, on la retrouve dans ses quelques mots, en français, où il nous livre sa nervosité à revenir sur scène après si longtemps et, il nous l’avouera plus tard, son angoisse à parler, surtout ! Evidemment, c’est irrésistible.

Viennent 4 titres de son 1er album, chantés avec bonheur par un Café de la danse qui a fait ses devoirs, après quoi il annonce la « release » (il ne retrouve plus le terme approprié, « sortie », ce qui le met au supplice) de son prochain album, Sahar, pour le 23 septembre prochain.

Tamino en entame alors le 3ème extrait, The First Disciple, dont la version épurée parait meilleure encore que la version studio. Entre les grattements de corde et une voix qui impose forcément de rester suspendu à ses lèvres, Tamino est tout simplement envoutant. Dans la salle, l’émotion est palpable.

Là encore, le talent de songwriter est essentiel et l’histoire d’une amitié totale autant que brisée par le chant des sirènes semble universelle, tandis que la construction même du titre, en deux parties, souligne le propos avec une justesse impressionnante.

A la stupéfaction générale (nous n’en sommes qu’à la 7ème chanson), Tamino prévient que c’est bientôt la fin. Impossible évidemment de ne pas chanter Habibi, réclamée bruyamment. Tamino remercie, manifestement gêné par son niveau de français pourtant exquis, et en remerciant, avec un sourire aussi grand que lui, il a cette remarque absolument craquante : « j’espère que mon visage dit plus que mes mots ».

Après des mois et des mois de repos, la voix de tête de Tamino sur Habibi est fantastique, presqu’irréelle ; elle tutoie les anges. Les notes de fin (à partir de 4:08), d’une virtuosité rare; sont éblouissantes au point d’éclipser celles de Rock en Seine, pourtant déjà exceptionnelles.

Pourtant, et bien qu’elles forcent l’admiration jusqu’à la ressentir physiquement, on se demande si on n’est pas encore plus touché, finalement, par ce crescendo (à partir de 3:04) : « You loved it then, so did I […] give it a chance […] cause you’re everywhere, yes you are, in every melody and in every little scar, yes you are ». Encore et toujours la justesse du propos, la beauté de l’écriture.

Bouleversée, sonnée, la salle est debout pour réclamer le retour du jeune prodige belge.

Ce sera Persephone, autre masterpiece du 1er album, qui clôturera ce concert aussi court (moins d’une heure) que magistral.

Tamino est de retour, mesdames et messieurs !

****

Photos (c) Isatagada

Playlist vidéo du concert, en collaboration avec Olivier : ICI (il ne nous manque que Verses, et vous y retrouverez certains moments où Tamino parle entre les chansons)

Setlist: Drop of blood,  Fascination, Tummy, Indigo Night, Verses, Cigar, The First Disciple, Habibi // Rappel : Persephone

Remerciements ; Eline, Olivier (et Sabine de Rock n Fool à qui je dois Tamino !)

Une réflexion sur “Tamino @ le Café de la Danse | 14.06.2022

  1. Merci Isa pour ce partage.
    Je n’ai malheureusement pas pu venir de mon Trièves pour ce concert. Découvert Tamino il y a environ 2 mois, et depuis obsédée, fascinée, envoûtée, sous le charme…
    Vivement novembre, j’ai ma place au Trianon !

    J’aime

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s