Rock en Seine 2017, jour 2 – DBFC, Girls in Hawaii, Her, The Jacques, PJ Harvey,…

Rock en Seine jour 2, et déjà c’est sportif ! Après m’être couchée à 2:30 du mat pour mettre les vidéos de la veille en ligne et sélectionné vite fait quelques photos pour le 1er live report, le samedi commence par un peu d’écriture et je clique sur le bouton « publier » à peine une minute avant que mon amie Sand ne sonne à la porte. Départ avec elle et mon chéri sur les chapeaux de roue, sauf qu’il faut faire demi-tour car il a oublié ses bouchons d’oreille.

Je stresse un max car je veux à tout prix voir DBFC dont tout le monde m’a dit que c’était à voir sur scène. Dans les belles hauteurs du parc national de St Cloud, mon homme me jette au rond-point et je cours jusqu’à la scène de la cascade pendant que lui et mon amie vont garer la  voiture (il y a 10 à 15 minutes de marche quand on se gare en haut dans le parc). Ouf je débarque juste pour le début du set et en effet, j’adore ! Cocorico, le collectif est français et fait de l’électro rock type Madchester hyper efficace. Une batterie, une guitare, une basse, trois synthés, les quatre du groupe alternent entre parties jouées aux guitares et moments purement électro au sein d’un même titre, comme s’ils remixaient en permanence leurs propres morceaux. Le chant se vit en duo et les frontmen se répondent tout en alternant entre guitares et machines sur des rythmes lascifs irrésistibles. DBFC transforme donc la Cascade en un gigantesque dance floor à l’heure du goûter ; il fallait le faire, ils l’ont fait ! Super découverte qui donne le sourire pour bien commencer ce 2ème jour.

Après avoir dansé avec DBFC, récupéré les uns et les autres (coucou Emilie et Andrea !), dégusté un petit verre entre Band of Horses et Lysistrata (on avait dit qu’on irait voir Band of Horses oui, on a merdé ; pour Lysistrata on se rattrapera aux Primeurs de Massy), la première émotion vraie du festival est venue avec Girls in Hawaii et les harmonies vocales magnifiques qui les caractérisent.

Après le décès du batteur (frère du chanteur) en 2010, les belges avaient connu une période difficile mais ils étaient revenus progressivement et sortiront un nouvel album Nocturne le 29 septembre prochain. Musicalement, je ne sais pas ce qui peut expliquer pourquoi ce groupe me touche autant, toujours est-il qu’il leur suffit parfois simplement d’esquisser deux accords pour me donner envie de pleurer. Comme c’est arrivé trois fois au moins au cours du concert, je les soupçonne de quelque sortilège dont ils garderaient précieusement le secret. La voix de Lionel Vancauwenberghe, tout particulièrement, a des accents d’une douceur assez bouleversante, ça aide. Ces belges-là sont hyper mélodieux, délicats, subtils, et finalement capables de me faire triper et danser, de me captiver complètement. Je les aime voilà tout, et je suis très heureuse de les avoir revu, en espérant y retourner pour un concert plus long, ce qui devrait être possible prochainement puisque la formation a annoncé une date au Trianon le 28 novembre.

Je vous ai rapporté deux titres en vidéo ci-dessous, dont Misses, qui date de 2013 et de l’EP du même nom ; je vous ai ajouté le clip officiel de Walk, extrait du nouvel album, et et le live entier du concert par Culture Box en fin de playlist. Surtout ne vous en privez pas : la musique de Girls in Hawaii est indispensable.

Dans le genre immanquable ensuite, le Burger du food truck du Réfectoire (alias « le meilleur Burger du monde ») dévoré devant Timber Timbre sur la scène de l’Industrie. Je ne suis pas tellement rentrée dans le concert, du coup. Depuis la butte, comme ça, c’était agréable à entendre ; mais sans plus.

De toute façon, il fallait bien prendre des forces avant d’affronter la suite. Her sans Simon Carpentier.  Treize jours après sa mort. Comme si c’était possible. Et pourtant. Tout le groupe, Victor Solf en tête, a réussi à donner un concert certes inoubliable mais avant tout sobre (je pique le terme à Hélène R., il est parfait) avant même d’être très classe, et tout simplement très beau. Ils ne sont pas nombreux, en France, à faire de la musique soul (je pense ici à mon cher A Guy In Light dont j’aimais tant le projet ; il parait que la soul ne fait pas vendre, alors en France on n’en parle pas trop, et on la diffuse encore moins). Pour moi qui suis quand même assez à l’écoute de ce qui se passe, j’étais passée à côté de Her. Ce n’est qu’au décès de Simon que j’ai vu la nouvelle se répandre au sein de mes contact musique comme une traînée de poudre – alors que je connaissais leur 1er groupe, les Popopopops, vainqueurs du concours CQFD 2009 (merci les Inrocks). Quelle tristesse de se dire que l’on doit une rencontre musicale à la disparition de l’un de ses membres fondateurs. A moins qu’il faille laisse couler et juste se dire qu’on a de la chance, après tout, qu’elle ait eu lieu. Parfois rien n’a de sens et parfois…

Quelle rencontre donc, initiée par We Choose et les applauses qui s’élèvent lors de l’apparition de la photo géante d’un Simon le poing levé, suivi d’un Neighborhood dont les 1ers accords de basse font penser à Prince. Plus loin, les envolées d’un Quite Like font tout oublier pour kidnapper l’auditoire sur un long crescendo de presque neuf minutes qui remplissent la cage thoracique à l’en faire exploser, jusqu’à la libération. Le groove est là tout le temps, il emporte le corps dans la danse et le bassiste, fantastique, dans des transes aux yeux blancs. Et puis, alors que l’on croit qu’on a pu oublier celui qui n’est plus là, All I need is five minutes nous rattrape par le colbac en prenant une signification toute différente au vu des circonstances. Difficile d’encaisser l’uppercut lorsque que Victor Solf, dont la voix sublime chacune des chansons, chante en un cri, à l’unisson avec le public : « All I need is five minutes ! ». Sans doute le moment le plus marquant de toute cette édition 2017.

Victor postait, deux jours après le décès de son meilleur ami : « La seule chose que je souhaite au plus profond de moi, c’est de le rendre fier et d’aller au bout du rêve que nous partageons depuis maintenant 10 ans. »

Sans nul doute, il l’est.

Her jouera au Bataclan le 5 décembre 2017. A cette occasion, une donation pourra être faite à l’Institut Pierre et Marie Curie. 

Je vous ferais bien l’article pour The Jacques, que je suis allée voir après en lieu et place de The Kills (déjà vu), mais c’est compliqué un peu, de faire la transition. Sachez simplement que je crois beaucoup en ces jeunes lads anglais qui font du rock énervé avec une jolie rage d’en découdre et à la fois, des mélodies et une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Pete Doherty.

Ils seront à l’espace B le 28 septembre prochain ; il y a des chances que vous m’y trouviez !

Après ça, Lee Fields & The expressions à la Cascade m’a fait un effet bœuf. Voilà l’exemple d’un concert vu de loin au démarrage et qui donne envie de s’approcher. Véritable réincarnation de James Brown, ce fou furieux de la soul funk, du haut de ses 65 ans, arpente la scène comme un lion en cage, harangue la foule sans relâche et délivre sa musique incroyable sur fond de trompette et saxo à l’ancienne. Il est en tournée en France en novembre et en janvier, l’occasion de vous éclater sur de la bonne musique comme on en fait encore !

Fin de journée avec PJ Harvey qu’on ne présente plus mais que je voyais pour la première fois en live. On aime ou on n’aime pas, mais sa voix voix claire et déterminée était parfaite (le son aussi, merci Rock en Seine !) et la grande prêtresse nous a offert un set magique rempli de moments qui ressemblait parfois à des contes chantés, parfois à du rock énergique (si si !). Là encore, nous étions gâtés niveau instruments, avec percussions, cuivres et cordes magnifique. C’était magistral, même si j’avais déjà eu mon lot d’émotions pour la journée.

Journée extrêmement riche, qui a effacé l’impression plus que mitigée du premier jour et valait sans doute à elle seule d’être à Rock en Seine cette année.

A demain pour la suite !

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