Luciole s’envole avec « UNE »

Après un premier album en 2009 chez Sony, puis un EP autoproduit en 2012, Luciole a sorti lundi dernier son nouvel album UNE, également autoproduit.

LucioleCover

Longtemps, pour Luciole, la langue a été première, si ce n’est unique. Et puis, la chanson est venue.

Parce que Luciole sait faire sonner cette langue comme personne, en joue avec brio, met le rythme propre de chaque mot en lumière, pour mieux l’accorder à la mélodie qui lui offrira le plus bel écrin, détachant les syllabes pour la plus grande clarté possible. Ces mots, elle les aime, les observe, les sélectionne avec soin et tendresse, puis les fait rebondir avec la dextérité d’un jongleur, leur offrant parfois la magie enchanteresse des bulles de savons.

LUCIOLENAITREAssemblés, ils dessinent des tableaux qui lui ressemblent, tantôt remplis d’espoir, tantôt sombres, à l’image de la route sur laquelle chemine leur auteure. Le slam, dont elle est issue, est toujours bien présent. Le théâtre aussi, un théâtre poétique jusque dans la structure même de ses textes.

Pour la mise en musique, le disque a bénéficié de collaborations talentueuses dont celle de Benoît Guivarch (Landscape, Overhead) ou Antoine Kerninon (Jil is Lucky), qui nourrissent un son pas si chanson que ça. Car Luciole sait s’entourer, et ce n’est pas la moindre de ses qualités. Afin de patienter avant l’album, elle a livré en vidéo une série de reprises acoustiques (une par mois) tournées en compagnie d’amis musiciens aussi grands qu’elle : Jérémie Kisling, Igit, Joachim Müllner (In The Canopy), Cléa Vincent pour ne citer qu’eux, ou encore Hugh Coltman, dont on ne dira jamais assez de bien, qui l’accompagne et réchauffe de sa voix l’excellent Fix You.

Le son de l’album, enregistré et mixé au studio Mastoïd est d’une clarté, d’une précision quasi chirurgicale ; ce qui en soit, est un exploit. Il faut le dire : ce disque aurait pu être un fouillis intersidéral. On y croise en effet des cuivres, de la chanson, de l’électronique, du hip hop, des bruitages, l’Afrique, des guitares, des claquements de doigts et mille autres choses encore. Que Lucile Gérard (de son vrai nom) a su mélanger avec ses acolytes comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Et que, non contente de les faire cohabiter, elle est parvenue à faire se parler, s’entendre, s’entremêler, se fondre en un genre nouveau qui ne ressemble à aucun autre ou alors : le sien.

LucioleUneSi Une, avec sa ligne de basse en colonne vertébrale, ne reflète pas cette richesse musicale, les paroles de ce premier extrait retracent en revanche ce cheminement, ces questionnements incessants (« Je ne suis pas plusieurs / je suis Une […] Pourquoi changer / Est-ce que j’ai tort ? / Y’a tout qui reste dans mon corps »), cette impossibilité d’un choix. Avec finesse, le diktat de la « case » est rejeté d’emblée : Luciole composera avec tout ce qui l’anime, tout ce qui l’a construite. Comme l’amour dont on raconte qu’il ne se divise pas mais au contraire, qu’il se multiplie.

Par dessus tout le reste, ce n’est de rien de dire que Luciole a une voix. Celle-ci se distingue par sa rare limpidité, lorgnant du côté de la famille des Camille ou encore, moins connue, des Lisa Portelli. Une voix qui exhale à la fois pureté et détermination, assurance et grâce aérienne. Pas vaporeuse ni évanescente, non, mais au contraire merveilleusement dense, quoique légère. On y revient toujours, d’ailleurs. A cette légèreté. A ce témoignage d’un envol. Au ciel (que l’on retrouve sur la pochette : cohérence absolue), à cette liberté qu’il évoque, cette appétence pour les grands espaces, les perspectives, l’infini des possibles.

Luciole est UNE en restant plurielle. Une artiste à suivre, et qui s’envolera certainement plus haut encore.

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Article publié sur Discordance.fr

iTunes : https://itunes.apple.com/fr/album/une/id976270761
Spotify : https://open.spotify.com/album/7B9pdMlUFoVWMWs4A01FO3
Deezer : http://www.deezer.com/album/9871542
Fnac : http://musique.fnac.com/a8159211/Luciole-Une-CD-album

Tournée :

Release Party aux Trois Baudets à Paris le 11 mai 2015, le 16 mai au File 7 à Magny-le-Hongre (+ Oldelaf) (77), le 13 juin 2015 en concert acoustique à Frouville (95), le 6 août 2015 au Café de l’Été à la Roche sur Yon (85), le 14 novembre 2015 à Lisses (91).

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