Gwen Stefani à Bercy – 17.09.2007

Certaines choses parfois restent très mystérieuses. Pourquoi, par exemple, on rate lamentablement certains concerts auxquels on tenait par dessus tout pour se retrouver à d’autres qui, sur le papier, ne nous disaient pas plus que ça.

Par cette sorte de magie, me voici donc à Bercy pour écouter la Marilyn des temps modernes dont je n’aime même pas franchement la musique pour ado, bien que j’ai la ferme intention de m’amuser; j’ai nommé la blonde Gwen Stefani. En première partie, les brésiliennes de CSS et leur leader (« leadeuse ? ») en combinaison moulante à paillettes multicolores échouent cruellement à enthousiasmer les foules. Après Rock en Seine, c’est la confirmation : décidément, ces filles-là, me laissent définitivement de marbre.  

Peu avant 21h, le public impatient chante « Wouhouh, wouhouh », gimick ultra efficace sur le titre Sweet Escape, lequel (ça tombe bien) ouvrira la bal. Sur la scène, on distingue deux énormes cubes d’au moins deux mètres de hauteur sur lesquels sont disposés les instruments (ordinateur, claviers, guitare et cuivres d’un côté, percussions, batterie et basse de l’autre), séparés par un espace libre qui laissera bientôt apparaître, sous les acclamations, la cage dorée dans laquelle débarque enfin la vedette en compagnie de ses danseurs. La débauche de moyens est manifeste : outre Gwen Stefani et ses X changements de costume, cinq musiciens et huit danseurs, des rampes de lumières mobiles à son emblème (un énorme « G » pour celle du centre, un sceptre surmonté d’une figure utilisant la même initiale pour celles des côtés) ), un écran géant (avec notamment de superbes ambiances japonaises ou un slide show retraçant la vie de l’artiste) et d’immenses décors de scène contribueront à ce show à l’américaine.

Entraînés dans une ambiance de fête, l’on danse beaucoup et l’on s’amuse sur les deux ou trois premiers titres. Mais le set est plutôt inégal et rapidement après, d’un ennui avéré. Un coup d’oeil furtif à ma voisine et je constate que je ne suis pas la seule, d’autant que le style de la belle (vraiment très belle d’ailleurs !) devient assez indéfinissable, et en tout cas déroutant. Cela tient un peu du R-n-B, parfois de la funk, du rap, ou encore du disco façon années 80. Mais pas vraiment non plus. Ce qu’il y a de vraiment étrange, lors de ces titres là, c’est qu’on a sans arrêt le sentiment qu’il y a méprise, comme si, de Gwen Stefani elle-même jusqu’aux musiciens, il y avait erreur de casting. On ne peut qu’être bluffé en effet par le fossé entre la pointure des musiciens, leur magnifique voix soul, les qualités évidentes de l’ex chanteuse des No Doubts, et la médiocrité de cette musique « mainstream » et jetable pour public prépubère. On se dit qu’un tel potentiel, sacrifié sur l’hôtel de l’industrie du disque, est incompréhensiblement gâché.

Le spectacle (car c’en est un) continue avec une Gwen Stefani en constante recherche du retour du public. « I can see you, and you, and you also all the way in the back » ; « we’ve been touring in many places but you are the best audience » (oui oui c’est ça, on y croit ! elle nous gratifiera de variations sur ce même thème au moins trois ou quatre fois, ce qui devient franchement lourd); « it is so great to see you face to face, because i owe you the life i’m living right now ». Et ce besoin de créer un lien, elle le concrétisera en montant dans les gradins et en se payant un quart de tour de Bercy, avançant debout, de chaise en chaise pour chanter le titre Cool (vive les micros sans fil) au milieu d’un public ravi qui n’en revient pas. Elle se plante ensuite sur l’escalier à un mètre de moi, et redescend par la fosse pour rejoindre la scène. Standing ovation, Bercy est debout et n’aura de cesse de rendre ce qu’elle vient de lui donner.

Dès lors chacune de ses sollicitations remportera l’adhésion de 100% du public, pour des images mémorables d’une salle de 15 000 personnes toute entière les bras levés. Que l’on regarde la fosse ou les gradins, que l’on fasse un tour complet, l’on ne verra pas une seule rupture dans cet ensemble. Ce genre de mouvement de foule est d’une puissance telle qu’il gonfle la poitrine. C’est grand. C’est beau. Ca vous dépasse. Tout simplement.

Le concert tout à coup a pris une toute autre dimension, et je ne songe plus à rien critiquer. Me voilà embarquée comme tout le monde, jusqu’au rappel réclamé à grand renfort de vocalises collectives, les même « Wouhouh, wouhouh » qui avaient précédé sa venue et dont elle dira, de retour sur scène, qu’on imagine pas l’effet que ça peut faire à un artiste. Bercy se saisit de l’occasion et la laisse à peine finir ses mots pour repartir et chanter de plus belle. Communion maximum pour ce rappel d’anthologie qui se terminera dans la danse et la bonne humeur générale pour le titre qui, personnellement, avait fait que j’étais là ce soir : What you Wainting For ? Elle n’attendait rien de plus, d’ailleurs, conquise par Paris, pour donner enfin satisfaction au fan qui, depuis le début des festivités, brandissait sa pancarte : «  Take me on stage for a kiss  ». Celui là s’en souviendra longtemps. Et des bras de Gwen Stefani, et du salut auquel il participa, et de ce concert qui, malgré son gigantisme, avait su laisser une telle place à l’humain.

Dans les couloirs du métro, station Bercy, tout le monde chantait encore …

« Wouhouh Wouhouhhhhh »

Publicités

Rencontre littéraire avec Jérôme Soligny | 14.03.2012

Après la sortie de son roman « je suis mort il y a vingt-cinq ans » Jérôme Soligny, journaliste chez Rock n Folk, spécialiste de Paul McCartney comme de David Bowie, a tenu récemment son propre Salon du livre au Pop In, lieu incontournable de la culture « rock indé » à Paris. La rencontre […]

Artistes

Au fil du temps et des articles, je parle de ces gens là … Dernière mise à jour le 16 03 2019 0 – 9 3 minutes sur mer A A Guy In Light Aaron Ady Suleiman Aglaate Airbourne Air ALB Alberta Cross Alexandre Kinn Alexandre Varlet Aliocha Alister ALLTTA Anaïs Anis Anna Calvi Anthony Fletcher […]

Concerts

LIVE REPORTS DISPONIBLES  nb : Ok cette page n’est parfois pas hyper à jour ^^ ; comme dirait Biolay « dans la vie je prends mon temps » Cliquez sur « View » pour lire l’article En cliquant sur l’artiste, l’événement ou la salle, vous accédez à la liste des billets liés au tag ou mot clé. 2019 View […]

Le clip vidéo d’April Fools

Mettez sur pause pendant que la vidéo se charge

 

Mes enfants sont dingues de cette vidéo, moi aussi ! J’en ai déjà parlé dans la partie « Blog FNAC », mais je n’avais pas encore trouvé le moyen de la mettre en ligne directement sur le blog. C’est chose faite !!!

Petit rappel : Extrait de son premier album, « April Fools » donne l’occasion à Rufus de mettre en scène sa soeur Martha Wainwright (en kimono), Gwen Stefani (la serveuse), et Melissa Auf Der Maur (ex Smashing Pumpkins’).

Bon visionage 🙂

Mercredi 8 mars (Rufus, son DVD et mes enfants)

Ais-je déjà dit quel âge j’avais ? Quel manque d’éducation, je crois que je ne me suis même pas présentée !!!!

C’est l’occasion ou jamais donc; après tout, c’est un blog ici, pas une encyclopédie …. Je m’appelle isabelle donc, 35 ans, contrôleur de gestion dans une boite au nom barbare, l’URSSAF. Brrr, même à moi ça me fait de l’effet, alors je vous imagine de l’autre côté de votre écran … Bref, pas qu’avec Rufus qu’il faut balayer les idées reçues, on en est tous là je pense. A part mon prénom, mon âge et le boulot, j’ai le bonheur d’avoir un mari charmant et presque aussi fan de Rufus que je le suis moi même. Et puis, deux enfants, un garçon de 8 ans et une fille de 5 ans.

Pratique d’être français quand on aime Rufus et qu’on a des enfants… Le « parental advisory », on s’en tape. Des “gay messiah […] baptized in cum”, il est facile de ne retenir que le message en laissant de côté les détails techniques.

Ce qui leur plait le plus je crois, c’est le DVD «All I Want », honteusement introuvable en France (mais qu’on peut se procurer, la preuve, je l’ai acheté, deux fois même !), et qui retrace le parcours de l’enfant prodigue. Des déclarations des stars fans (Elton John et Sting en tête) aux clips en passant par les images d’archive familiales et aux histoires qui se cachent derrière les chansons, l’ensemble est assez fantastique.
Le must de leur point de vue : la scène ou Rufus et sa sœur Martha, adolescents, jouent une scène d’amour dramatique au terme laquelle Rufus tombe raide mort. Et sa presta, pour une fête d’école, où il tient déjà le 1er rôle au micro malgré des baisses de concentration évidentes.
La vidéo d’ « April fools » aussi, avec les « femmes de sa vie » (Martha, Melisa Auf Der Maur, Gwen Stefani) dont le maquillage et les costumes magnifiques ont emporté l’adhésion sans réserve de mon apprentie princesse.

Et puis le truc avec les mômes, surtout quand ils sont menteurs et qu’ils ont envie de suivre les goûts de papa-maman (sur les deux, la fille est une suiveuse, le garçon un opposant systématique, plutôt classique en somme), c’est que les coups de cœur de la génération du dessus peuvent parfois offrir de savoureuses anecdotes.

Comme par exemple ce jour ou Clarisse est rentrée de l’école maternelle, enthousiasmée par la visite à l’école d’une joueuse de piano. « Maman ! c’était génial, elle a joué longtemps longtemps et après, il y a un petit garçon dans ma classe qui s’est levé et qui a joué du piano aussi. Et tu sais quoi ? Il a joué du Rufus ! ».

Oh ma fille ! avec quel sérieux, quel aplomb elle a affirmé cela ! C’était vraiment magnifique.
Bien entendu elle ne se souvenait pas du nom du petit camarade en question. Bien entendu c’était un mensonge éhonté. Mais franchement, comment ne pas craquer devant une telle ferveur.
D’autant qu’elle y a cru je suis sûre.

Et qui sait, un jour peut être, ce genre d’histoire sera possible en France 😉 Hum, pour un enfant de primaire peut être …