Rock en Seine 2022 – Le Débrief

RES 2022 (c) Isatagada

Après 2 années de disette, la joie de retrouver Rock en Seine, LE rendez-vous incontournable de pré-rentrée, n’était pas feinte. J’avais presque oublié la fébrilité de la préparation du sac, l’agenda des concerts à ne pas manquer, les amis qu’on s’est promis de retrouver, la stratégie de transport, les écoutes des groupes inconnus pour ne pas passer à côté d’une découverte incroyable, la météo que l’on scrute beaucoup trop à l’avance et qui prend des allures de feuilleton à rebondissements…

Avec l’annulation de Rage Against The Machine, l’édition 2022 se déroulait sur 4 jours au lieu des 5 prévus, mais surtout, au lieu des 3 jours habituels. Un périple finalement suffisamment épuisant pour quasi pardonner aux RATM leur défection, sans pour autant éviter le passage obligé par la bonne vieille déprime post-festival. La vie normale, quand même, quelle tristesse !

Retour sur ces 4 jours de festival :

  • Les découvertes

Gwendoline (vendredi, 15h45, scène du Bosquet)

Mickaël Olivette – Gwendoline (c) Isatagada

Honneur aux bretons (coucou les tee-shirts « Mourir à Brest ») de Gwendoline, qui m’avaient accroché l’oreille lors de ma préparation du festival. Au chant, Pierre et Mickael se complètent pour raconter le spleen qui étreint le trentenaire d’aujourd’hui, avec en perspective, un monde à l’avenir compliqué. Le projet interpelle forcément, les mélodies restent en tête, et la musique, une sorte de cold-wave (« shlag-wave », me glisse-t’on dans l’oreillette) très orientée machines (avec une guitare new-wave au top et des belles influences curiennes), a su séduire suffisamment Jean-Louis Brossard, découvreur de talents s’il en est, pour qu’il les programme aux Trans Musicales l’hiver dernier. En live, accompagnés d’un clavier et d’une guitare, ils trainent leurs pas désenchantés d’un bout à l’autre de la scène, l’un sautillant, l’autre hagard en mode dépressif, le micro en étendard. Les paroles, plus slamées que chantées, sont l’exutoire de ces losers magnifiques qui ne croient plus en rien et réussissent à nous toucher malgré eux, au moment où ils ne s’y attendaient plus. Certains convoquent le souvenir de Fauve, sauf que ça n’a rien à voir : les vécus ne sont pas les mêmes, et jamais désespoir parisien ne pourra égaler son pendant breton. Sans compter que pour avoir été parfois gênés à l’écoute de Fauve, on est plutôt séduits par le romantisme qui illumine cette prose désabusée et sincère. « Ca m’étonnerait que dans 5 ou 10 ans il y ait encore Gwendoline ; c’est voué à crever rapidement » (Pierre, interviewé sur listnup.fr). D’ici là, on n’a qu’une hâte, c’est d’acheter l’album et de retourner les voir en concert pour scander les paroles et pogoter avec le reste de la fan base (voire le cameraman, cf la vidéo). Parce que oui, ça a dansé tout le temps ! Vive la Bretagne !

Si je chante « Rendez-vous au PMUUUU, à 8h du matinnnnn » depuis 3 semaines ? Oui, tout à fait !

Allez les voir en concert, mais plutôt à Massy le 3/11 et à Castres le 4/11 que l’inverse, parce qu’ils ont mélangé les dates 😀 Ils seront aussi le 15/12 au Point FMR

PS : si vous avez connu Olympia Fields et pensez les reconnaitre dans Gwendoline, c’est gagné !

Yard Act (jeudi, 16h35, scène de la Cascade)

Yard Act (c) Isatagada

En arrivant de la grande scène, le plaisir est déjà auditif, avec cet accent inénarrable du nord de l’Angleterre. Originaires de Leeds, Yard Act est la nouvelle sensation post-punk de l’année, à côté de laquelle, exception faite du titre Land Of the Blind, j’étais passée jusqu’à présent – j’ai manqué Overload, normal, puisque je ne joue pas à FIFA.

Rock en Seine est là pour un petit rattrapage bienvenu, et donne envie de se pencher sur la musique et plus encore, sur les textes (beaucoup, beaucoup de textes à creuser : James Smith est bavard). Contrairement à ses acolytes qui versent dans la peinture sociale (Fontaines D.C., Sam Fender), Yard Act offre des perspectives plus lumineuses, un futur possible. Cet forme d’espoir se ressent jusque dans la musique, plus dansante, plus légère, parfois quasi espiègle. A l’écoute de leur album, on pense parfois aux Artic Monkeys des débuts, parfois à Talking Heads, parfois même à Baxter Dury ! En résumé, c’est riche, et on n’a pas fini d’en parler !

btw, vous me direz si vous entendez aussi le début du riff de Rebel Rebel (David Bowie) dans ce titre !

Malik Djoudi (samedi, 16h45, grande scène)

Malik Djoudi (c) Isatagada

Entre-aperçu très brièvement dans l’excellent film Tralala (avec Mathieu Amalric et Bertrand Belin), survendu par ma collègue Audrey, j’avais hâte de découvrir Malik Djoudi. Malgré la tristesse de la zone VIP qui nous sépare de la grande scène, la séduction opère à distance. Certains artistes sont comme ça, capables de faire le lien avec les gens sans effort apparent ; sans doute parce que l’humanité transpire par tous les pores de leur peau. A la fois simple et subtile, la musique de Malik Djoudi est de celle qui ensorcelle avec la légèreté d’une plume. On se laisse porter par l’inspiration mélodique évidente (je chantais Tempérament plusieurs jours après), emporter le rythme qui fait doucement balancer les corps, convaincre par le dosage parfait du mélange de synthés et d’instruments plus classiques (guitare basse, batterie). Il y a en Malik Djoudi ce mélange de classicisme et de modernité qui me ramène à un autre artiste français que j’avais découvert à Rock en Seine et plus lâché depuis : Adrien Soleiman.

Difficile de ne pas aller lui parler pour lui manifester notre enthousiasme quand plus tard, il s’est retrouvé à côté de nous, mais comme il était en grande conversation…

Tant pis !

Gayle (jeudi, 16 h, grande scène)

Gayle (c) Isatagada

Si le nom ne vous dit rien, vous avez forcément déjà entendu ce que l’on peut appeler un tube (abcdefu, cf vidéo ci-dessous). Et comme beaucoup d’artistes connus pour un tube (sur TikTok, qui plus est), on n’en attendait pas grand chose.

C’est pourtant une jeune femme pétillante, naturelle et charismatique qui s’est produite devant nous en ouverture de cette première journée (et donc du festival), sans que l’on ne s’ennuie un seul instant. Superbe voix, chansons pêchues et aisance scénique impressionnante… surtout quand on apprend que ses 18 ans ne datent que de quelques petites semaines !

Pas forcément le style qu’on écoute, Gayle nous a fait passer un excellent moment, et fixé un grand sourire sur nos visages.

  • Les chouchous

Inhaler (jeudi, 18h30 scène de la Cascade)

Elijah Hewson / Inhaler (« Thank you, man ») (c) Istagada

Parlez-moi des plus gros groupes de la journée, de l’enchaînement incroyable Idles – Fontaines D.C. – Artic Monkeys, si le cerveau sait bien tout cela, le cœur a battu bien plus fort pour mes petits Inhaler dont je le suis vite rendue compte qu’ils étaient LE groupe que je voulais voir dans des conditions parfaites.

Robert Keating / Inhaler (c) Isatagada

Me voici donc fermement décidée à truster le 1er rang, occupé dès la fin des excellents lads anglais de Yard Act (comme on peut le voir sur la photo, la concurrence n’est pas trop rude, mais sait-on jamais).

Finalement la pelouse s’est rapidement remplie, ce qui m’a fait d’autant plus plaisir pour eux que la filiation d’Elijah Hewson semble encore confidentielle en France – et c’est tant mieux. Bien sûr, il y a ceux savent, les irlandais rpz (drapeau compris), et pas mal d’anglais, légion en ce 1er jour de festival. Mais si les photographes se bousculent dans les crash, globalement, le public reste à conquérir, ce qui me stresse comme si j’étais leur mère (ma fille a leur âge, je fais sans doute un léger transfert).

Cette pression du festival , ils la ressentent également et semblent moins à l’aise que lors de leurs concerts précédents, où ils officiaient en terrain conquis. Ainsi, on espère que le seul jeu de scène du frontman, toujours aussi charismatique, aura suffit aux festivaliers moins bien placés. Pour dire la vérité vraie, très égoïstement, je ne suis pas si pressée de les voir exploser. Je me régale de les voir dans d’aussi bonnes conditions, bien placée et/ou dans des petites salles, à brailler les paroles des chansons que je connais par cœur à force d’avoir usé leur excellent 1er album.

De It Won’t Always Be Like This en ouverture jusqu’à leur tubesque My Honest Face, les dublinois égrènent leurs titres plus efficaces les uns que les autres, et j’en oublie tout le reste. Mélodies imparables, voix incroyables (au pluriel, car les chœurs sont assez remarquables, cf Rob, le bassiste), postures rock en roll en diable du leader qui aspire les regards, on profite de ce concert avec un immense plaisir, sans oublier de prendre un maximum de photos.

Comme ils vont prochainement ouvrir pour Harry Style (qui écume les stades), on se doute que l’on vit là les derniers instants de la genèse d’un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler…
Long lives Inhaler !

Morceau plus lent que ce My king Will Be Kind, et pourtant, comment ne pas chanter « I f*cking hate that bitch » à chaque fois ?!

A relire sur le blog :
Inhaler au Trabendo | 21.04.2022

Inhaler à la Maroquinerie | 02.03.2020

Fontaines D.C. (jeudi, 20h35, scène de la cascade)

Fontaines D.C. (c) Isatagada

En quelques années (dont une pandémie), Fontaines D.C. est devenu l’un des groupes incontournables de la scène irlandaise. Possiblement un peu « chiant » au démarrage, Grian Chattan s’est transformé en bête de scène, tant qu’il finit par ressembler un peu à Liam Gallager, avec son bras replié derrière le dos et cette sorte d’arrogance crasse des bas quartiers – en survet et marcel, s’il-vous-plait.
Pourtant, on l’aime infiniment plus que l’ex Oasis, peut-être parce que Fontaines D.C. nous touche autant qu’il nous fait danser. En trois albums, Dogrel, A Hero’s Death et désormais Skinty fia, les chansons inspirées et géniales se sont succédées, nous attachant irrémédiablement au groupe.

Fontaines D.C. (c) Isatagada

Restés avec Idles jusqu’au bout, nous avons néanmoins réussi à rejoindre la scène de Cascade et nous faufiler sur le côté droit de la scène, pas trop loin, et pas trop compressés pour danser ou pogoter tout notre soul. Désolée pour la liste à la Prévert, mais il faut ici redire ma passion pour ces chansons lancinantes, qui nous envoutent complètement (I don’t belong, I love you) ou hyper catchy (Roman Holiday, Boys in a better land – les gars de BLACKPOOL si vous me lisez, celle-là me fait tellement penser à vous !). Il y a de l’écriture, de la fausse désinvolture, de la poésie, de la punk attitude, des guitares curiennes (oui, encore !) , parfois même un petit côté séducteur / crooner à la Alex Turner (si si), bref, les Fontaines D.C. font partie de nos groupes préférés du moment.

Des chouchous, certes. On aura un peu de mal à leur pardonner, cependant, le son dégueulasse des basses écrasant tout, et nos tympans d’abord.

Première fois en concert

Kraftwerk (vendredi, 22h15, scène de la Cascade)

Kraftwerk (c) Isatagada

Mon frère chéri m’avait prévenue : interdiction absolue de manquer les Kraftwerk. Et en effet, après une petite distribution de lunettes 3D, les allemands nous ont gratifiés d’une incroyable série de titres plus fascinants les uns que les autres, depuis Numbers jusqu’à Radioactivity, en passant par Autobhan, Computer Love, Trans Europa Express, The Robots et tant d’autres, dont l’un des highlight de la soirée, l’excellent Tour de France. Soutenus par des vidéos 3D hypnotiques, parfois saupoudrés de vocode, les morceaux font l’unanimité dans le public, bluffé de voir ces quatre là sur scène, dont Raph Hütter, 76 ans, désormais seul survivant de la formation d’origine de…1970 !

Appel à la décroissance énergétique, musiques électroniques, Kraftwerk est LE précurseur absolu, pour lequel le respect devrait s’imposer sans partage. Et pourtant. Pour ne pas manquer le début de Nick Cave sur la grande scène, de l’autre côté du Parc, de très nombreux festivaliers partent bien avant la fin. Impossible pour nous, qui restons jusqu’à la dernière seconde et l’émotion ultime de voir ces quasi héros nous quitter très lentement, l’un après l’autre, nous laissant presque sonnés, enfin conscient du moment privilégié que nous venons de vivre.

Légendes.

The Blaze (samedi, 21h50, scène de la Cascade)

Décidément, il ne fallait pas manquer les derniers concerts de la cascade cette année. Après Fontaines D.C. jeudi et Kraftwerk vendredi, c’est The Blaze, dernier joyau en date de la scène électro made in France, qui se produisait samedi peu avant 22h. Pour eux, il avait suffit d’une écoute de Territory chez les amis Rose et Antoine pour devenir une fan inconditionnelle. Dès les premières notes, Territory m’avait jetée sur la piste de danse comme peu de musiques en sont capables.

Danser, c’est aussi ce que nous avons fait tant qu’on a pu, ravis de voir enfin ces pépites en live et de les partager avec autant d’autres danseurs. La fête, c’était aussi de lire dans les regards des autres festivaliers qu’on avait cette chance de les connaitre, qu’on était connectés.

Las, l’appel impérieux de Tame Impala nous aura empêché d’assister à mon titre préféré. Quelle tragédie, ces concerts qui se succèdent absolument sans temps mort sur les deux plus grosses scènes du festival…

Grosse frustation.

DIIV (vendredi, 17h15, scène de la Cascade)

DIIV (c) Isatagada

« We usually don’t play in front of so many people ! » Puis, en français dans le texte : « C’est vraiment super d’être ici, Rock en Seine ! » L’humilité, autant que le talent, sont l’apanage des New-Yorkais de DIIV, qu’il est enfin temps de voir à Saint-Cloud, après l’annulation de leur participation en 2013. Malgré la déception, leur défection avait laissé le champ libre à des remplaçants de luxe, Balthazar, vus pour la première fois à cette occasion. On leur avait donc pardonné, mais vraiment, cela faisait 1 siècle qu’on attendait cette rencontre.

DIIV (c) Isatagada

DIIV, décidément, porte bien son nom. La plongée attendue est au rendez-vous, emportés que nous sommes par la musique planante écoutée tant en tant de fois dans sa version studio. Face à ces quatre éternels étudiants aux vêtements trop larges, on se laisse capturer par la vague de coolitude absolue qu’ils diffusent autour d’eux.

Je pourrais les écouter pendant des heures, eux qui m’ont toujours fait la sensation de m’envelopper d’un bien-être absolu. Le Shoegaze, porté par des guitares légères et enivrantes, une basse à son exacte place, et une douceur qui contraste dans ce monde de brutes, est comme un pansement qui apaise. Pas de confrontation, pas d’enjeu, que du bonheur simple, qui incite à se laisse aller. La drogue sans la drogue.

Je les ai revus dans le public après Kraftwerk qu’ils n’auraient manqué pour rien au monde. Ils ont les seuls auxquels j’aurais adressé la parole de tout le festival. Pour leur dire le plaisir de les avoir vus enfin, pour leur demander s’ils reviendraient bientôt. Ils ont dit oui.

Les boss

Idles (jeudi, 19h20, grande scène)

Idles (c) Isatagada

Quel pied énorme d’assister à un concert d’Idles. Chaque membre du groupe donne tellement, et sans compter, que tout le public est forcément « dedans » – même de loin. Ils sont rares, ceux capables d’effacer la barrière entre une fosse et la scène de cette façon, d’aller chercher le public avec une telle rage, une telle générosité. L’énergie brute, l’engagement sans conditions se retrouve dans le chant hurlé à s’en faire exploser la jugulaire. Et puis, Joe Talbot, toujours, fait le lien. Il parle, il valorise, il remercie : « Bonjour Rock en Seine ! It’s a pleasure to be back in your beautiful city and to be playing in front of so many beautiful human beings. It’s an honor ! ». Lors des pogos et autres cercles d’enfer, passages obligatoires de leurs concerts, il couve la foule dont il est le protecteur absolu, attentif à ce qu’aucun dérapage ne se produise ; il remercie même la sécurité (« for looking after you »).

Joe Talbot / Idles (c) Isatagada

Ses super musiciens ne sont pas en reste : ils prennent le même plaisir, se défonçant tout autant, que ce soit l’homme en robe (Mark Bowen, à la guitare) ou son acolyte (Lee Kiernan, à la guitare aussi), qui finissent systématiquement dans la fosse à un moment ou à un autre, ou la section basse batterie, qui s’éclate à l’unisson. Ces cinq-là ont les mêmes combats, contre toutes les injustices, toutes les discrimination (« this song is a celebration of the immigrants that make your country a better place ») ; ils sont un groupe, un vrai, solidaire jusque dans leur jeu de scène. De vrais gentils aussi.

En fait, c’est beau à s’en faire exploser le cœur.

Devant tant de tripes offertes, on a envie de donner autant que l’on reçoit, et de se défouler avec eux, sans calcul. Le rock, le vrai. L’amour en prime !

Le concert est à voir en replay sur Culture Box, GO !

Les têtes d’affiche

RES 2022 (c) Isatagada

Jeudi, on avait entendu les premières notes de Do You Wanna Know des Arctic Monkeys sur le chemin de retour de la Cascade, en se disant que le concert s’annonçait drôlement bien. La plupart festivaliers n’étant venus que pour eux, s’approcher de la scène se révèle totalement irréalisable. Pas grave, puisqu’on les a déjà vu mille fois et qu’en fait, on a déjà eu la plus incroyable collection de concerts en une seule journée ! Quitte à ne rien voir, autant s’asseoir en fond de pelouse. C’est là qu’un géant anglais passablement éméché nous est tombé dessus, nous adoptant jusqu’à la fin du concert… Autant dire qu’on n’a peu de souvenirs d’Alex Turner et ses zikos, qu’on aime toujours bien plus en concert dédié qu’en festival de toute façon.

Nick Cave & The Bad Seeds (c) Isatagada

Vendredi, parce que nous sommes restés jusqu’à la fin de Kraftwerk, le scénario se reproduit avec Nick Cave & The Bad Seeds, que nous ne voyons vraiment que par l’intermédiaire des écrans géants. La déception est plus cruelle, tant on a l’impression de manquer quelque chose qui nous dépasse, avec cette voix profonde et ces images de communion véritable, physique, entre Nick Cave (quasi prodigieux) et son public le plus fidèle.

Trentemøller (c) Isatagada

Dépités, nous restons pour quelques titres seulement, avant de rendre les armes et de repartir à l’autre bout pour profiter au moins de Trentemøller, programmés au même moment sur la scène du Bosquet, et dont la découverte en 2011 nous avait carrément emballés.

L’effet est moindre en 2022, où il se produit avec de nouveaux musiciens, et où les titres interprétés par la chanteuse Disa Jakobs sont loin de nous enthousiasmer autant.

Tame Impala (c) ma Sophie ❤

Samedi, pas question de se retrouver dans la même situation avec la tête d’affiche. Voilà donc The Blaze amputé de près de trente minutes pour honorer comme il se doit le retour de Tame Impala au Festival qui me l’a fait connaitre. Même si nous parvenons sans peine à notre 2ème arbre, je suis un peu contrariée par l’ampleur du sacrifice. Ma mauvaise humeur est vite oubliée, devant la joie exprimée par Kevin Parker de nous retrouver pour la 3ème fois dans le superbe site de Saint-Cloud.

Le chemin parcouru est immense depuis 2013 où les australiens ne nous avaient pas laissé un souvenir impérissable. C’est même un miracle si nous y étions retournés en 2015, année de la sortie de Currents, et cette fois d’une grosse, très grosse claque, qui a fait de nous des adeptes du culte psyché de ce multi-instrumentiste génial.

A force, le set n’a plus de secret pour nous, et la bonne humeur est totale. La scénographie est énorme, avec un gigantesque anneau de lumières mobile propulseur de paillettes et une débauche de lasers. On connait tous les titres, on danse, on chante, on se regarde avec les gens qu’on aime, on est heureux. What Else ?

Dimanche, nos corps épuisés n’ont plus le courage de rien et nous restons devant la grande scène où se succèdent les festifs italiens de Nu Genea Live Band, Aurora-la-fée-des-elfes, et Parcels dont le set – pourtant bien parti – s’est mué en une session vaguement clubbing qui a fini par nous lasser.

Stromae (c) Isatagada

Finalement, le véritable centre d’intérêt de la journée réside dans le concert de Stromae. Certes, on ne serait sans doute jamais allés le voir spontanément, mais on est néanmoins curieux d’assister à sa prestation. C’est aussi la magie des festival que de nous faire ce genre de cadeau, car c’est l’un de ceux qui m’aura le plus touchée ce weekend. Projet hyper cohérent, paroles, musiques, scénographie, tout est réalisé au cordeau, tout est pensé de façon admirable et originale. Pas mal d’émotion aussi, avec les grands enfants avec nous qui connaissent absolument toutes les paroles par cœur.

J’ai donc vu Stromae en concert. Qui était évidemment formidable.

Le coup de gueule

RES 2022 (c) Isatagada

Rock en Seine sait à quel point je l’aime. Ce qui ne m’empêchera pas d’ajouter ma voix à celle de tous ceux qui ont fustigé l’apparition de la zone VIP avec son « Golden Pit », qui mange les 3/4 de la fosse devant la grande scène. Un festival n’est pas un concert. Ceux qui payent cher le carré or aiment l’artiste qu’ils vont voir en salle et participent pleinement à l’ambiance, mais en festival, c’est différent. Les gens vont et viennent, les artistes s’enchaînent, certains sont peu connus et vont jouer ainsi jouer devant un immense espace vide, les curieux et les fans se tassant sur la partie gauche, parfois loin en arrière sur le même côté de la pelouse. Pendant 4 jours, j’ai eu mal au cœur pour tous ces groupes de l’après-midi, pourtant programmés sur la scène principale, et finalement moins bien lotis que s’ils avaient joué sur les scènes annexes. Quel manque de respect pour eux et pour le public, quelle triste vision. Quelle sécurité mise à mal aussi, le jeudi notamment, avec une compression très tôt dans la journée, dangereuse, qu’ont dû fuir les festivaliers les plus vulnérables. Changez ça !

Les festivaliers

RES 2022 (c) Isatagada

Rock en Seine est un défilé permanent. Cette année faisait la part belle aux sacs banane revisités, aux chaussettes hautes, aux jupes et aux robes conjuguées au masculin, aux bobs colorés et aussi, le soir de Stromae, aux couettes enroulées en haut de la tête.

RES 2022 (c) Isatagada

Entre deux concerts, ils y a ceux qui se posent dans les transats proposés par les différents exposants, ceux qui attendent en jouant aux cartes, ceux qui ont carrément apporté leur propre hamac, ou les gourmands qui écoutent de loin, attablés devant un repas bien mérité.

Mais ce qui fait l’âme des festivals (en plus de la musique, cela va sans dire), ce sont tous ces moments passés avec les amis, les rencontres, la vie du festival.

Sardines & co (c) Milou

Pas question pour moi de terminer cet article sans citer les copains sans qui Rock en Seine n’aurait pas la même saveur : Marie-Hélène et son cercle (allez lire ses articles sur son blog), ma lumineuse filleule adorée (j’ai tant de chance !), mes sardines chéries et assimilé(e)s (Ophé, missed u), le cousin lighteux et ses enfants (salut Valentine, Nathan, c’était cool de vous voir), ma cousine adorée et ses potes (je t’aime ma Sophie <3), l’ami des concerts Olivier, les copains du photocrash Olivier et Mathieu (Mauro, William, j’ai été bien triste de votre absence), les collègues…

Chaque année, c’est aussi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes : Anne, ma « mutu » de Twitter (enfin !) et son amie Eva, les webzines, les gens aux barrières avec qui on papote en attendant l’entrée des artistes, l’anglais Charly qui nous est tombé dessus complètement bourré et a passé tout le reste du concert des Arctic Monkeys à nous faire des high five et nous chanter absolument toutes les paroles de toutes les chansons à 5 cm du visage.

Il y a enfin les facilitateurs, pour différentes raisons, Dana, Mélo, Vincent (quand j’y pense, tu m’as hydratée ET nourrie), et évidement, mon chéri : merci ❤

Fille chérie (c) Isatagada

Et il y a ma fille, dont je suis tellement contente qu’elle ait finalement pu assister à ce jeudi mémorable, et qui nous régale chaque fois de son enthousiasme et de son énergie communicative. On t’aime !

Bref, Rock en Seine c’est fini et je me sens déjà nostalgique de cet été 2022 qui s’achève avec lui. J’ai vu plein d’autres concerts dont je n’ai pas parlé : je n’en finirai pas. Mais je me réserve la possibilité de vous poster de nouvelles photos et vidéos de temps à autre !

Comme on ne sait décidément pas de quoi demain sera fait, j’ai simplement envie de dire que je suis reconnaissante de tous ces bons moments que je garde avec moi.
Merci Rock en Seine. Vivement l’édition 2023 !

RES 2022 (c) Isatagada

Photos et vidéos (c) Isatagada

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2 réflexions sur “Rock en Seine 2022 – Le Débrief

    • Comme je viens seulement de publier, je ne l’ai toujours pas quitté 😅
      Mais j’adore relire et revivre tout ça, ce sont de tellement bons moments !
      Je pensais à toi au fait, ce marin j’écoutais Etienne (là c’était le 1er jour du reste de ta vie). Bon dimanche !

      Aimé par 1 personne

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