Bertrand Belin crève l’écran dans Tralala

Au départ, il y a ces poussières qui dansent dans la lumière, à travers les persiennes d’un immeuble parisien voué à la démolition. Elles enchantent un Mathieu Amalric sans domicile fixe, dont la seule possession semble être une vieille guitare électrique.

Il y a cette 1ère chanson, maladroite, qui a cependant le mérite d’accueillir en guest un Malik Djoudi tout juste annoncé au programme de Rock en Seine 2022.

Il y a aussi cette jeune fille en bleu, un peu irréelle, apparition irradiant de l’intérieur (Galatea Belludi, lumineuse).

Tralala, pourtant, ne commence vraiment qu’à l’arrivée de notre héros dans un Lourdes kitschissime, à l’évidence le décor parfait pour ce film, qui tient davantage de l’opérette filmé que de la comédie musicale. Imposteur malgré lui par la grâce d’une famille qui le reconnaît à tort comme l’un des siens, notre clochard chantant se laisse glisser dans ce costume miraculeux…

Écrites par le fleuron de la chanson pop française (Daho, Belin, Cherhal, Katherine, Dominique A), ce ne sont pourtant pas les chansons – globalement pas terribles et le plus souvent mal interprétées, dont aucune ne reste en tête hormis Sexy Cool – qui font de ce film étrange, un succès.

Car Tralala, malgré tous les reproches qu’on pourrait bien lui faire, est l’un de ces films dont on ressort plus heureux. A condition de ne pas se prendre au sérieux et de se laisser aller, il y a dans ce film des frères Larrieu autant de burlesque que de poésie, de mensonge que d’authenticité, de bordel que de naïveté, d’échec que de tendresse et au final, une légèreté qui transpire une ineffable joie de vivre.

Au milieu d’une brochette d’acteurs reconnus (Mathieu Amalric, Denis Lavant, Josiane Balasko, Maïwen et Mélanie Thierry, magnifique), il y a surtout Bertrand Belin, que l’on aimait déjà pour ses talents d’auteur compositeur interprète, guitariste virtuose, mais aussi écrivain, et qui crève littéralement l’écran.

S’il faut absolument aller voir Tralala, cela pourrait bien être avant tout pour cet homme aux multiples talents, dont le jeu d’acteur est tellement jouissif qu’il frise l’indécence.

Oui, décidément, Bertrand Belin, est la révélation de ce film qui ne ressemble à aucun autre.

Allez le voir !

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