Rock en Seine 2019, jour 1 : Alice Merton, Balthazar, Jeanne Added, Johnny Marr, The Cure

Le temps a passé depuis notre première édition en 2006. Les kids ont grandi et cette année, nous entamons cette première journée de festival avec ma filleule chérie avec un faux départ : à passer des heures à se demander comment s’habiller (et surtout, quelles chaussures mettre), s’il vaut mieux prendre une gourde ou pas, où sont passés les bouchons d’oreille, nous voilà déjà à faire demi-tour à la fameuse question : « Et les billets ? Tu as pris les billets ? ».

Après une bonne galère pour se rendre au festival (les ponts sont fermés, pas fermés… finalement, détour par Puteaux), nous nous retrouvons à faire la queue qui dure des plombes TRÈS en amont de l’entrée, pour une première fouille tellement minimaliste qu’on doute de son intérêt.

Juste avant l’entrée, la deuxième fouille n’est pas plus convaincante, sauf pour mon homme à qui on manque de confisquer son paquet de gâteaux (ndlr : si on vous dit que la nourriture n’est pas acceptée et que ça figure dans les condition générales d’utilisation, ce n’est pas tout à fait cela : elles mentionnent les « trop grandes quantités de nourriture » ; en bref, il est interdit de faire son petit business sur le site).

Avec tout ça nous venons de rater le concert d’ouverture sur la nouvelle scène des 4 vents, installée à peu près au niveau de l’ancienne montée vers la Bosquet / Pression Live, et de la même taille. Avant de nous diriger vers la Cascade, nous passons devant la scène Firestone qui semble lilliputienne pour remplacer notre belle Industrie disparue. L’impression est amère, comme un goût de début de fin.

Nous voilà finalement en place sur la scène de la cascade, à temps pour le concert d’Alice Merton. Très fraîche, très jolie voix, elle égrène ses titres pop qui nous sont tous inconnus, exception faite de son tube absolu No Roots, dont on ignorait qu’il était sien. Fun fact : son batteur est français.

On enchaîne avec nos chers Balthazar, qui nous avaient presque ennuyés en mars dernier au Casino de Paris, après nous avoir tant séduits le mois précédent en showcase FNAC (relire l’article sur le blog ICI). Après deux scènes de moindre importance lors d’éditions précédentes, on se demandait si les flamands auraient la carrure pour occuper la Grande Scène. Un peu surpris par un démarrage en fanfare avec Blood like wine, porté par la voix rauque et faussement désinvolte de Maarteen Devoldere, la plongée dans le bain est immédiate, tandis que l’on s’amuse des applaudissements prématurés des néophytes . Alors que c’est surtout le blond Maarten qui, au démarrage, emportait la majorité des suffrages, on a appris au fil des concerts et des albums à apprécier davantage le brun Jinte Deprez, dont on se rend compte que ce sont ses chansons qu’on aime finalement le plus (Bunker restant ma préférée). Mention spéciale pour le nouveau membre du groupe Tiis Delbeke, véritable homme orchestre capable de passer du violon à la guitare au trombone et aux chœurs, qui a remplacé avantageusement Patricia Vanneste, accroissant dangereusement le coefficient de sexitude de la formation. Le groupe termine avec Fever (le titre qui donne son nom à l’album), qu’il étire sur près de 9 minutes, faisant chanter Rock en Seine avec lui. Pari réussi.

On avait prévu d’aller jeter une oreille à We Hate You Please Die mais… 45 minutes de battement entre eux et Jeanne Added à l’autre bout du festival nous ayant fait renoncer, on en profite plutôt pour faire une pause bière / pipi (est-il réellement nécessaire de s’étendre sur le scandale sans cesse renouvelé d’être une femme en festival lorsqu’il s’agit d’aller aux toilettes ??) / papot avec les copains. Tant pis également pour MNNQNS, qui prend au pied levé la place de King Princess, malade. Comme on les a vus l’an passé, ils nous pardonneront.

Lorsque Jeanne Added entre sur la grande scène, on se demande si on a déjà vu un groupe français avoir cet honneur avant de se souvenir que les Stucks in the sound avaient déjà eu cette chance en 2012. Elle qui semble si petite sur cette scène immense fait néanmoins forte impression, notamment sur les titres revisités avec l’ensemble vocal Accentus. Sa voix est puissante et belle, magnifique même. Jeanne Added est un patchwork, de celle qu’on n’enferme pas dans des cases. De formation Jazz, ses albums sont pourtant très électro, avec toujours ce background classique qui transperce à l’écoute. Véritable bombe d’énergie et de générosité, elle se fait aussi danseuse mais n’oublie pas les moments d’intense d’émotion, qui l’étreignent parfois très visiblement – et nous emportent avec elle. Avant sa prestation, elle avait tweeté que Robert Smith avait aimé ses albums. Nul doute qu’il aura tout autant aimé son set.

Le temps du dîner me laisse de mauvaise humeur. J’aurais voulu ne pas trop m’éloigner ou voir Eels à la Cascade, mais les files d’attente sont interminables et nous nous retrouvons près de l’entrée, à l’opposé du site. Finalement ce n’est pas si mal, car de là où nous sommes, nous entendons une grande partie du set de Johnny Marr qui ressuscite The Smith rien que pour nous. Bien joué !

Le temps d’arriver à la grande scène, il est déjà bien trop tard pour être bien placé, même si le 5ème arbre n’est pas loin ! Pour le dernier concert de cette tournée, The Cure a réussi l’exploit de permettre à Rock en seine d’afficher complet. Certes, le démarrage est assez dark, avec de nombreux morceaux de Disintegration – moins connus -, et certaines larmes, pour ceux qui les auront remarquées. Mais au fil des morceaux, la joie des festivaliers, ravis de retrouver une formation qui a bercé leur enfance ou leur adolescence, finit par rencontrer (et peut-être nourrir) un Robert Smith qui se lâche de plus en plus sur la deuxième partie d’un concert qui durera 2h15.

En plus de sa voix exceptionnelle, les yeux pétillants, il se met alors à danser ou à jouer la comédie, allant même jusqu’à plaisanter sur sa capacité à parler français (yaourt, puis : « That was french. Oh, but they didn’t understand cause they don’t speak french !!! »). Le sourire de Robert Smith, éblouissant, sorte de graal aussi précieux qu’il est rare, révèle à cet instant l’âme de l’enfant facétieux qu’il n’a jamais cessé d’être, très au delà de son enveloppe corporelle. Quel bonheur de savourer ces moments en communion avec eux, de goûter au talent impressionnant de chacun des membres du groupe, d’être les témoins privilégiés de leur complicité. Quelle longévité pour ce succès, mille fois mérité, qui ne se dément pas depuis plus de 40 ans ! Et merci les Cure, car une nuit comme celle-là, primaire, j’ai marché avec vous dans la forêt, j’ai été proche de vous, comme au paradis, été amoureuse un vendredi, et surtout, j’ai vu que les hommes pouvaient pleurer. Et cela, cela m’a touchée infiniment.

Photos et vidéos (c) Isatagada
Playlist vidéo du vendredi sur mon Youtube : cliquez ICI
Lire aussi sur le blog :
  • le compte rendu du jour 2 (Girl in red, Jorja Smith, Polo n Pan, Jungle et … Kompromat du jour 1) : ICI
  • le compte rendu du jour 3 (La Chica, Cannibale, Two Doors Cinema Club, Sam Fender, The Murder Capital, Royal Blood, Foals, Aphex Twin) : LA

5 réflexions sur “Rock en Seine 2019, jour 1 : Alice Merton, Balthazar, Jeanne Added, Johnny Marr, The Cure

  1. Balthazar m’a ennuyé, mais sinon, plutôt d’accord avec toi (bizarre ça…).
    Le concert de Jeanne Added était lumineux (la critique de Sylvain Siclier dans le Monde est juste un honte !)

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    • Pour Balthazar j’ai tous les albums et j’étais tout devant donc vraiment dedans, mais je comprends bien que ça ne soit pas vraiment un groupe de grande scène de festival.
      Pas lu l’article du Monde pour Jeanne Added même si avec le recul, la scène était un peu grande pour elle également. Mais je l’aime vraiment beaucoup beaucoup. Je la trouve très attachante en plus d’être très talentueuse.

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