Rock en Seine 2018 – Jour 2 : Tamino, King Gizzard and the Lizard Wizard, Liam Gallagher, Charlotte Gainsbourg, Thirty seconds to Mars

Échaudés par notre mésaventure de parking la veille, pas question pour ce 2ème jour de Rock en Seine de tenter à nouveau l’entrée par le haut du Parc. Partis très tôt, la chance nous sourit avec une place libre juste à l’entrée du pont de Saint-Cloud. La Baraka !

Vu l’heure (14h45), le site est plus vide encore que la veille. De ce fait, rien ne nous retiendra devant la scène de l’Industrie où The Psychotic Monks sont programmés 45 minutes plus tard, au même moment que Théo Lawrence & The Hearts, à l’autre bout du festival. Grave erreur.

Pas hyper en forme après une première nuit écourtée par la mise en ligne des vidéos du 1er jour, et motivés par le cousin toujours en poste aux lights de la grande scène, c’était bien cette dernière qui avait remporté le match entre les deux alternatives. Théo Lawrence & the Hearts avaient été l’un des coups de coeur de l’édition 2016 , mais on avait manqué la moitié du concert ; c’était donc l’occasion de prendre tout notre temps. Tant pis pour The Psychotic Monks !

Le groupe est ravi de se retrouver là et ironise : « La scène est plus grande que tous nos apparts réunis ! ». Certes, elle est grande, peut-être un peu trop grande pour eux d’ailleurs. Car si on n’a rien à reprocher aux franciliens qui n’ont en rien démérité, on n’arrive pas à s’enthousiasmer pour un set un peu trop mou du genou.

Peut-être que le départ de Louis Marin Renaud, qui a rejoint Her, y est pour quelque chose.

Plus tard (trop tard), les photos de The Psychotic Monks comme les témoignages de ceux qui avaient fait un autre choix, nous ont bien fait regretter le notre.

Il faut croire que la chance avait tourné !

En mode sieste, on reste mollement sur cette même grande scène pour Cigarettes After Sex qu’on a très très envie de découvrir après en avoir entendu parler depuis si longtemps.

A propos du leader de la formation texane, les Inrocks écrivaient en 2017 : « Gonzalez est à l’image de ses chansons : calme et introspectif. » On avait beau le savoir, ce n’est rien de dire que c’est sans doute la plus mauvaise idée du monde d’espérer entrer dans l’ambiance d’un groupe pareil en festival et en plein jour, sans connaître le plus petit début d’une chanson.

Bingo, on s’ennuie mortellement, et on n’aurait pas tenu plus de 5 minutes si on n’avait pas eu envie de rapporter quelques petites photos pour le blog. Franchement, et c’est sans doute très dommage, on ne retiendra rien d’aucune chanson du set. Rien, zéro, que dalle.

Deux mauvais choix pour commencer ce 2ème jour, ça fait un peu flipper pour la suite. Parce qu’on n’a pas pu s’empêcher d’écouter Tamino sur le net pour préparer ce festival, et que dans le planning, il l’a définitivement emporté sur Anna Calvi pour le concert suivant.

Tamino, c’est Sabine « Swann » Bouchoul de Rock n Fool qui en parle le mieux.

Nous, on n’avait pas arrêté de le manquer, et pas qu’à Amsterdam. En première partie de WARHAUS, pour commencer, le 8 novembre 2017, puisque que par un fait exprès, THE HORRORS, notre groupe quasi préféré depuis quelques années maintenant,  jouait le MÊME soir au Trabendo (la preuve avec le live report du concert ICI). Au Point Ephémère en avril 2018 ensuite, parce qu’on n’avait pas encore pris toute la mesure du talent du jeune homme, bien qu’il y soit programmé (on en parle, d’ailleurs, de l’excellentissime programmation du Point Éphémère qui déniche sans cesse les groupes les meilleurs du moment avant tout le monde ?).

Malgré la concurrence Anna Calvi, il était plus que temps de découvrir Tamino, dont le nom n’est pas un simple nom de scène, mais son véritable prénom. Tamino est né d’une mère fan d’Opéra qui chante et joue du piano et d’un père d’origine égyptienne, chanteur également, dont le propre père était une star de la chanson dans des comédies musicales télévisées.

De son enfance bercée par cette double origine musicale, il reste une influence forte, à la fois lyrique et orientale, chez cet artiste hors normes dont le chant, en particulier, est exceptionnel. Bien que la comparaison avec Jeff Buckley le mette mal à l’aise, elle s’impose forcément à l’esprit. Le dire n’est en aucun cas sous-estimer sa singularité ; il s’agit plutôt  de souligner son impressionnante amplitude vocale. Jeff Buckley pouvait couvrir 5 octaves, et c’est bien à cela que l’on pense en écoutant Tamino, capable d’aller des graves les plus profonds jusqu’aux aigus les plus inouïs. Ce sont ces aigus, d’ailleurs, qui nous cueillent sans résistance à la fin du titre Habibi. Il faut le dire, tout en filmant la chanson, sur cette fin qu’on a presque du mal à croire réelle, on a pleuré. En live, l’extrême beauté de cette voix ne peut laisser personne indifférent, et c’est la pureté même du chant qui émeut aux larmes.

[Vidéo supprimée suite à l’action de la « International Fédération of the Phonographic Industry »]

Plus surprenant, c’est parfois à la voix de Maarten Devoldere (WARHAUS, Balthazar) que l’on pense sur certains titres, pour son côté un peu rauque et gratté. Ça tombe bien, parce qu’on l’aime un peu beaucoup lui aussi.

Cerise sur le gâteau, le talent immense est doublé d’une humilité sans défaut. Armé d’un sourire d’une sincérité désarmante, Tamino, 21 ans seulement, a presque l’air de s’excuser de la grâce insolente de son don. Comme s’il avait envie de nous dire, le plus simplement du monde : « je n’y peux rien, je suis né comme ça ».

Le public de la scène du Bosquet semble unanimement conquis, d’autant que même si Tamino ne vient pas de la Belgique francophone, il s’essaye à quelques mots pour dire son bonheur d’être là, entouré de ses musiciens.

Le charme opère à 100%. C’est LE gros coup coeur de la journée.

Nb : Ne manquez pas la vidéo de Culture Box qui a filmé l’intégralité du concert de Tamino  [Édit du 17/09/2018 : video supprimée également]

Au même moment, sur la scène de la Cascade, Anna Calvi tente de séduire mon chéri. Avec son bustier de cuir, ses lèvres carmin et ses lunettes noires, elle a des airs de version rock de Madonna. Sa voix est sans défauts et elle hypnotise Rock en Seine en s’abandonnant au sol dans des pauses suggestives après un coït avec sa guitare (excellente reprise de Ghost Rider, de Suicide).

On retourne sur la grande scène pour King Gizzard & The Lizard Wizard, exactement le type de groupe qu’on attend à Rock en Seine.

Le punk rock garage psyché des australiens est foutrement joyeux et entraîne irrésistiblement l’auditeur vers le headbanging. De grosses guitares, des musiciens qui s’amusent sans se prendre la tête, King Gizzard & The Lizard Wizard est une vraie bouffée d’oxygène, du genre à redonner l’espoir (non, le rock n’est pas mort !).

Sans prétention – et donc incroyablement ambitieux, il donne envie d’envoyer balader toute réserve et de pogoter gentiment en entonnant, tel un hymne, ces paroles hautement recherchées : « Rattlesnake, Rattlesnake, Rattlesnake, Rattles me… ». Ouais, on aime les chansons à texte mais quel plaisir de laisser aller et de sautiller partout en riant.

Jouissif !

Un sandwich au fromage à raclette plus tard, le contraste est saisissant avec Liam Gallagher qui lui, se prend TRÈS au sérieux. Toujours au top de l’arrogance, le mec, les mains dans les poches, s’offre une belle petite provoc en fanfaronnant, 9 ans après la séparation d’Oasis au même endroit : « Backstage look familiar », avant de dédicacer Champagne Supernova à son frère Noel. Il fallait oser, et ceux qui étaient présents en 2009 apprécieront.

Pour le reste, si le lad anglais remporte un franc succès dans l’assistance, on finit par se lasser d’une attitude désinvolte qui ne nous amuse guère plus de 5 minutes, d’autant qu’il chante archi faux plus souvent qu’à son tour.

Même sur Wonderwall on pense à la version de Ryan Adams, c’est dire ce qu’on pense du bonhomme.

Liam Gallagher, le fucking fucker le plus surestimé de la planète rock.

 

On a laissé le dernier titre aux fans du mauvais garçon british pour foncer vers la Cascade où Charlotte Gainsbourg, que l’on voit pour la première fois, se produit.

Pas de bol, on se retrouve sur le devant droit de la scène alors que son piano est positionné de trois quart dos par rapport à nous. Les lumières, de toute façon, sont là pour protéger la pudeur de l’artiste qui aime toujours aussi peu se mettre en avant.

Sur son dernier album aux collaborations prestigieuses (Paul Mac Cartney, Guy-Man des Daft Punk), elle s’est pourtant livrée de façon inédite en écrivant ses textes en français sur des sujets très personnels, comme sa timidité ou la mort de ses proches (son père, sa sœur Kate). Le résultat, qu’on écoute depuis sa sortie sans s’en être jamais lassé, mériterait une toute autre reconnaissance.

Non Charlotte n’est pas que « la fille de », oui, elle chante plutôt très bien en live, et non ses concerts ne sont pas chiants. Bien au contraire, le sien restera comme l’un des meilleurs souvenirs de cette édition 2018. Oui, enfin, Charlotte Gainsbourg force le respect, un respect qu’elle ne doit qu’à elle et aussi un peu à la qualité de ses compagnons de scène, musiciens émérites, parmi lesquels on retrouvera avec plaisir l’écossais Gerard Black, découvert aux chœurs de François & The Atlas Moutains il y a quelques années.

En écoutant ce qui se dit autour de nous à la fin du concert, elle a agréablement surpris ceux qui ont bien voulu lui laisser sa chance ce soir.

Mérité !

Ravis de la prestation de la française, nous voici dans les meilleures dispositions possibles pour repartir écouter Jared Leto clôturer ce samedi avec Thirty Seconds to Mars.

Autant tuer le suspens dans l’œuf, notre bonne humeur ne suffira pas pour supporter son indigeste prestation, un show à l’américaine tellement centré sur lui que ça en devient ridicule. Jared Leto et son costume de scène improbable mais haute couture, Jared Leto et ses chaussures qui courent vite dans un sens puis dans l’autre, Jared Leto très beau avec ses cheveux aux vents, Jared Leto christique pour te pousser à embrasser sa religion, etc… Mégalo jusqu’à l’absurde.

On avait souvenir de quelques titres du groupe qu’on aimait bien, mais sans parvenir jusque là, tant il met nos nerfs à rude épreuve avec ses « fuck » incessants et ses injonctions à sauter toutes les 2 minutes.

Musicalement, les bandes enregistrées ne nous donnent pas grand chose à nous mettre sous la dent et la pauvreté du line up fait peine à voir. Bref, nous partons au bout d’un interminable quart d’heure, avec le sentiment d’avoir été pris pour des cons.

Adieu le Jared Leto acteur tant aimé dans Dallas Buyers Club. La déception est totale.

Le Bilan, pourtant, reste relativement satisfaisant : deux super découvertes (Tamino et King Gizzard & The Lizard Wizard) et une confirmation scénique qui fait plaisir (Charlotte Gainsbourg), on a vu pire !

Allez, rien que pour ça on te pardonne le reste.

A demain, Rock en Seine.

Photos et vidéos (c) Isatagada

 

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2 réflexions sur “Rock en Seine 2018 – Jour 2 : Tamino, King Gizzard and the Lizard Wizard, Liam Gallagher, Charlotte Gainsbourg, Thirty seconds to Mars

    • Je n’ai pas le droit d’aller lire tes reports avant d’avoir fini les miens. C’est lonnnnnnnnngggggggggggg ! Mais je viendrai te laisser des commentaires après, c’est promis !
      t<u m'avais dit déjà pour Jared. Mais contente qu'on se rejoigne pour Charlotte ! Des bisous !

      Aimé par 1 personne

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