Rock en Seine 2018 – Jour 1 : MNNQNS, Mike Shinoda, Liminanas, Nick Murphy, Parcels, Carpenter Brut,

 

Goût amer pour cette édition 2018 de Rock en Seine, marquée plus encore que l’an passé par la nouvelle direction, l’impact d’AEG sur le festival et la guerre commerciale qui se livre entre lui et l’autre géant américain, Live Nation.

La concurrence entre eux, tant sur la date que sur les artistes, fait des ravages. En conséquence, pas de tête d’affiche sérieuse et un public deux fois moins important que la capacité du site ne le permet.

Malgré les 1ers concerts programmés à 15h30, il n’y a quasi personne à notre arrivée à 15h10 dans le parking haut du parc. Il n’y a d’ailleurs plus d’entrée pour ceux qui arrivent de là. On nous donc fait carrément ressortir du site pour parvenir à pied par la route au niveau du pont de St-Cloud, après 20-25 minutes de marche. Pas glop pour commencer.

Dans l’enceinte du festival ce n’est guère plus rassurant. Le site a été ramené à des proportions moindres, moins large. La fosse de la grande scène a été réduite et nos fameux repères (le 3ème ou le 5ème arbre) ne sont plus accessibles. Le nombre de stands est sans commune mesure avec les années passées et sur la scène du Bosquet, il n’y a plus ni food truck ni toilettes. Des espaces VIP ont fleuri un peu partout ; ils resteront vides. En gros, il n’y a personne, et si cela veut dire un accès possible au 1er rang de côté même en dernière minute, zéro attente aux stands et très peu aux toilettes, on ne peut pas s’empêcher de se dire que cela risque surtout de représenter le clap de fin de ce festival qu’on affectionne depuis 2006 et le mémorable concert de Radiohead (qui n’est jamais revenu depuis).

L’unique entrée nous faisant forcément passer devant la scène de l’Industrie, on s’arrête devant les Français de Terre Noire. Les deux Stéphanois, qui livrent leur poésie électronique en français devant un parterre clairsemé, ne parviennent pas à retenir notre attention en ce début de journée. Pas sûr que ce genre de formation se prête à la découverte en festival, et encore moins de jour.

Les allées sont désertes, aussi il est facile de croiser les copains et de papoter tant et tant que finalement, lorsque l’on arrive sur la grande scène pour le punk argentin d’Attaque77, le set est déjà terminé.

Vu qu’on a n’a pas spécialement envie d’aller voir les deux groupes suivants, on en profite pour bavarder avec le beau-cousin qui officie aux lights de la grande scène depuis plusieurs années déjà, et nous raconte sa tournée avec Justice ainsi que la finalité des écrans installés des deux côtés de la pelouse de la grande scène.

Tout cela nous emmène gentiment jusqu’à 17h et les MNNQNS, des français qui succèdent à des français, sur l’Industrie. La comparaison s’arrête là, car les deux groupes n’ont absolument rien en commun. On n’avait entendu que de bons échos sur les nouveaux lauréats du concours Ricard SA live Music 2018, dont les éditions précédentes ont déjà livré d’excellents groupes (Lysistrata, I Am Stramgram, Fuzeta, Colours in the street pour ne citer qu’eux). Leur réputation n’est pas galvaudée, et on aime leur énergie, la façon que le leader a d’habiter ses chansons ou de slamer sur le public, leurs guitares énervées et la punk rock attitude dégagée par le groupe. En fait le concert se passe sans qu’on ne voit le temps s’écouler, ce qui est finalement assez rare lorsqu’on ne connait aucun titre. Belle première découverte !

Fun fact : on a ensuite croisé le bassiste tous les jours dans les allées du festival, dans différentes tenues (ou pas).

Après un détour par la Cascade et quelques minutes de Dirty Projectors, nous reprenons le chemin d’une grande scène clairsemée pour Mike Shinoda, le co-leader de Linkin Park, qui a sorti en juin et sous son nom propre l’album Post Traumatic, écrit après le suicide de son ami Chester Bennington en juillet 2017.  J’avais eu, je l’avoue, des faiblesses pour Linkin Park qui avait pu me séduire jadis, porté par la voix singulière, rauque et poignante, du disparu. Je m’attendais donc à retrouver la sorte de rock pour ado pour lequel j’avais eu une tendresse particulière. Au lieu de ça, le concert commence par le side projet de Mike Shinoda, Fort Minor… du hip-hop. Il alternera ensuite entre des titres de Linkin Park (dont When they come for me), d’autres de Fort Minor, et ceux de son album solo (dont Crossing a line, ci-dessous). Avant de demander au public de reprendre les parties chantées de Chester pour In the End (avec un énorme succès dans les 1ers rangs, moins un peu plus loin), il s’adressera longuement à eux jusqu’à en bouleverser certains aux larmes, exposés au regard de tous sur les écrans géants encadrant la grande scène. Si la musique ne nous a pas convaincus, impossible de rester de marbre devant la sincérité de l’homme, à la fois touchant, hyper généreux et souriant, éminemment sympathique.

Question musique, celle de Nick Murphy, qui se produit désormais sous son vrai nom après avoir officié longtemps sous celui de Chet Faker, nous plait infiniment plus. Avec son électronique jouée en live, l’australien, chemise blanche et costume sombre impeccable, nous embarque dans ses morceaux en prenant visiblement son pied de son côté. Sa voix est parfaite, et le piano comme le superbe saxophone nous font bien planer malgré la lumière encore très présente en ce début de soirée. Vu sa façon de prolonger la plupart de ses titres en tripant plus que raisonnablement, penché sur ses machines, on le soupçonne d’avoir pris quelque substance interdite avant de monter sur scène. Mais l’organisation du festival, impitoyable, ne tolérera aucun débordement, ce qui coupera net le set alors que le final avait à peine commencé. Très belle surprise que ce Nick Murphy, qui s’est révélé être la classe incarnée et nous a donné envie de continuer à le suivre.

Fun fact : l’inscription « Future is female » sur le tee-shirt du batteur

Il est 20h50 devant la scène de l’Industrie quand on voit (enfin !) un groupe dont on connait au moins un titre. Autre motif de satisfaction : le nombre de membres sur scène. Car en ces temps où les duos sont légion, les Limiñanas ne sont pas moins de huit, dont un danseur décalé tout droit sorti des seventies, hypnotisant. Pour le reste, les musiciens, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, sont de « vrais » musiciens. Entendez par là qu’ils aiment leurs instruments, jusqu’à avoir développé pour ces derniers une expertise et un respect visible. Bien davantage que la batterie féminine dont on comprend qu’on puisse attendre autre chose qu’un rythme répétitif (même si c’est un parti pris, qui sied plutôt bien au morceaux lancinants du groupe à notre avis), on a adoré les quatre guitares : une basse, deux électriques (surtout les électriques) et une acoustique. Pas étonnant que ces gens là gravitent autour d’un certain Bertrand Belin, guitariste hors pair lui-même, dont on regrettera l’absence sur l’excellent Dimanche, malgré le featuring d’Emmanuelle Seigner sur un autre titre du groupe. Pour certain c’était pêcher sans doute, mais pas un instant nous n’avons regretté d’avoir privilégié la prestation des français à celle de Die Antwoord, programmé au même instant de l’autre côté du festival. Des goûts et des couleurs…

L’expérience des Limiñanas contraste sérieusement avec celle du groupe suivant, Parcels, que l’on retrouve à la Cascade. Ceux-là pourtant suscitent déjà l’engouement des plus jeunes, alors que l’on entend derrière nous qu’ils ont une sacré chance de jouer sur la Cascade à 22h avant même d’avoir sorti un 1er album (un EP 5 titres est disponible, et du merch aussi, au vu des premiers rangs). Il faut dire que les Parcels ont été repérés par Daft Punk, avec qui ils ont, semble t’il, co-écrit le titre Overnight. On commence donc forcément par se laisser séduire par l’électro disco des jeunes australiens, avant de se lasser rapidement. Un titre, puis deux, puis trois (à lire sur la playlist que je vous laisse en souvenir), on a l’impression d’assister à l’éternelle réédition d’un même gimmick. Et on finit un peu agacés de cette version trop sucrée de notre duo casqué national, tout en cheveux et moustaches, dont certains pas de danse, en désaccord total avec tout rythme digne de ce nom, auront toutefois eu l’insigne honneur de bien faire rire notre amie Emilie.

Un peu dépités par cette fausse bonne découverte et certainement influencés par la morosité ambiante et l’aspect un peu désert du site depuis le début de l’après-midi, on décide finalement de zapper Carpenter Brut qu’on avait pourtant prévu d’aller voir.

Mais quelques pas plus tard, alors que nous avons déjà bien progressé vers la sortie, ce qui parvient à nos oreilles de leur prestation nous fait complètement rebrousser chemin. C’est donc devant les vidéos haletantes et le très gros son électro métal (quelle batterie !) de Carpenter Brut que nous terminerons notre « journée-PNL-sans-PNL » avec un tout nouvel enthousiasme franchement pas gagné au départ.

 

Bilan de ce vendredi ? Triste pour le festival, pas si catastrophique pour nous, même sans tête d’affiche.

Fun Fact : de source sûre, le retard de 30 mn de PNL était dû à ce que personne ne les a trouvé à l’heure dite. D’abord aucun des deux. Puis l’un des deux seulement. Puis quand le deuxième a été retrouvé, le premier était à nouveau perdu. quand ça veut pas ça veut pas.

Photos et vidéos (c) Isatagada

Albums photos complets à venir très vite ! (oui enfin, tout est relatif)

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3 réflexions sur “Rock en Seine 2018 – Jour 1 : MNNQNS, Mike Shinoda, Liminanas, Nick Murphy, Parcels, Carpenter Brut,

  1. C’est pas l’organisation du festival qui a coupé le set de Nick Murphy; c’est le manque de réactivité du public. C’est pas la première fois qu’il s’offre ces « débordements » dont vous parlez, mais d’une façon ou d’une autre, il a toujours réussi à clôturer avec « Medication », son morceau le plus récent. Dommage quand même que la chanson ne s’intitule pas « Ressuscitation » – le public commateux en aurait eu largement besoin…

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    • J’étais à la barrière et j’ai adoré mais d’une façon générale, il y avait tellement peu de monde en ce vendredi que je comprends qu’il e se soit pas franchement senti « porté » par le public. Pour ma part c’est une de mes plus belles découvertes du Festival même si ça ne le consolera sans doute pas 😉 Tu es sûr de ce que tu dis ? Il avait quand même réellement dépassé son heure de fin de set et son attitude ne laissait présager en rien que la fin du set soit de son fait :/

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  2. J’ai trouvé cela pas mal de ne pas être bousculée et de ne pas faire la queue , bon ok pour l’avenir du festival c’est pas top…
    J’ai vu plusieurs concerts comme toi pour une fois 😉
    Bonne soirée

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