Halo Maud – Je Suis Une Île

 

Sublime. C’est le mot qui s’impose à l’esprit à l’écoute de Je Suis Une Île, premier album tant attendu de Halo Maud.

On avait été scotché de la même exacte façon lorsque l’on avait entendu cette voix pour la première fois, il y a 7 ans. Elle avait surgi au beau milieu de la cinquantaine d’artistes qui composaient la playlist de l’édition 2011 de Rock en Seine, sortant du lot. Subjugué par cette voix, on avait découvert avec une quasi fierté que celle qui se cachait derrière Myra Lee (le projet de l’époque de Maud Nadal à l’état civil) était française, et on avait couru l’écouter sur la scène de l’industrie, où elle était accompagnée notamment d’Olivier Marguerit (O, Syd Matters, Myna Tindle, Thousand).

Un sublimissime EP plus tard, on n’en finissait pas de soupirer après le premier album de cette musicienne aussi surdouée qu’exigeante, ne l’apercevant plus qu’au hasard de collaborations (Moodoïd, Melody’s Echo Chamber, Lescop). On n’était pas loin de désespérer.

L’attente étant immense, on appréhendait un peu la première écoute du disque, d’autant que le retour au français ne nous semblait pas la meilleure idée du monde.

Verdict ? Cet album est un enchantement de tous les instants, comme un trip dont il serait la drogue nécessaire et suffisante, faisant tout oublier pour voyager hors du temps et de soi-même.

L’atmosphère est onirique, vaporeuse, évanescente ; la sensation est celle d’un rêve dans lequel on se découvrirait tout à coup en train de voler (Tu sais comme je suis).  Et ça commence dès Wherever, avec ce touché de batterie à la Sébastien Tellier, qui transporte aussi paradoxalement qu’il est le plus léger qui soit, tandis que d’autres morceaux apportent un grain de jolie folie surréaliste, Des Bras (« au revoir ! À bientôt ! ») ou Fred, avec et son piano dissonant et ces bracelets grelots au goût d’incantation amérindienne.

Portée par une voix incomparablement belle, la magie opère à nouveau. D’ailleurs, il y a sûrement quelques sortilèges parsemés ici et là, pour qu’en arrière-plan de notre cerveau, les mélodies nous hantent aussi durablement sans plus nous lâcher, jour après jour. On chante sans doute aussi la nuit, puisqu’on se réveille immanquablement avec Du pouvoir, ou plus souvent encore Surprise en tête – cette dernière ne nous quitte plus.

Pour ne rien gâcher la production est d’une finesse et d’une subtilité qui forcent le respect, chaque instrument est dosé à la perfection et tout est à son exacte place, comme dans Proche proche proche où la douceur de la guitare sert d’écrin idéal aux mots et invite à se laisser aller (« Oh j’ai envie d’être si proche / Si proche / De toi / De moi / Que tu n’as pas vu courir / Vers toi ») après ces – trop longues – années d’attente.

Enfin il y a partout, une grâce, une intelligence, une pureté, une émotion véritable qui touchent au coeur et ne peuvent en aucun cas laisser indifférent.

Un disque véritablement exceptionnel donc.

Et ce n’est pas Phoenix qui vous dirait le contraire : si vous étiez à leur concert à la Gaïté lyrique, c’est bien Halo Maud que vous avez vue en première partie.

Si l’avez manquée, vous avez des occasions de vous rattraper. Rendez-vous le 20 novembre 2018 à la Maroquinerie.

 

 

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Une réflexion sur “Halo Maud – Je Suis Une Île

  1. Aimé le titre que je viens d’écouter (Wherever), vais voir si l’album est sur Spotify pour l’écouter les prochains jours. Comme d’hab, merci pour la découverte. Des bises ^^

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