The Horrors au Trabendo | 08.11.2017 (en ce 13 novembre)

Je crois que je suis devenue vraiment fan de The Horrors. Assez, en tout cas, pour être devant le Trabendo en ce mercredi soir de novembre très, très tôt. Pas que j’avais peur de ne pas me retrouver suffisamment proche de la scène, non ; plutôt que je n’arrivais à penser à rien d’autre dans ma journée. Alors, autant y être.
Bonne idée, du reste, puisque j’ai ainsi l’occasion de prendre un peu de temps avec mon photographe préféré, le grand Mauro Mélis, qui m’a permis d’illustrer ma chronique du dernier album du groupe, et dont je vous conseille les photos de la soirée ICI.

La dernière fois que The Horrors se sont produits à Paris, c’était en extérieur, sous le plein soleil du Fnac Live. Autant dire que l’atmosphère du Trabendo, non seulement contraste singulièrement, mais surtout leur va infiniment mieux. La pénombre, l’intimité de la salle, la qualité du public (comme j’ai détesté l’indifférence du parvis de l’hôtel de ville !), jusqu’aux vêtements portés par Faris Badwan qui a troqué le costume ample pour un ensemble mêlant maquillage, cuir, transparence et paillettes, tout est plus excitant, tout est plus rock. « Everything in its right place », comme dirait l’autre.

Alors que tout est quasi parfait avant même d’avoir commencé, Faris Badwan enfonce le clou sans transition. Il est dedans dès la première seconde, défonçant son Hologram avec une envie d’en découdre qui donne envie de sourire à en avoir mal à la mâchoire. Les gestes sont tranchants, les coups de têtes, de micro, les mouvements de bras sont électriques et saccadés. Le mec est plus charismatique et hypnotique que jamais. C’est un vrai kiff, dès le début, avec ces sensations qu’on vient tous rechercher en concert, celles qui transportent ailleurs, celles font tout oublier.

The Horrors @ Trabendo 2017

Presque, je pardonnerais à Faris l’oreillette qui a pendouillé lamentablement sur sa côte pendant 90% du concert, le chant archi faux sur tant et tant de titres (la torture pendant Ghost), la balance pourave, le manque de générosité quant à la durée du concert (HAN ! 12 titres et même pas une heure et quart rappel compris, sérieusement ???) ou encore sur les version concerts des morceaux (j’espérais tellement une version allongée de Weighed down…).

Pourtant, qu’est-ce qui importe réellement ? Qu’est-ce qu’on garde d’un concert pareil ? Un leader aussi fascinant qu’on peut l’être (comment qui que ce soit pourrait se sentir laid après l’avoir vu aussi rayonnant !?), le sourire heureux du machiniste qui prouve que l’électro peut avoir toute sa place dans un tel groupe, les gros sons de guitare qui font tripper comme aux débuts, la voix d’outre-tombe, sublime, qui envoûte sur Who can say, les larmes sur un Still Life sublime, éblouissant de beauté, cathartique à l’évidence (rien que de l’écrire, avoir la cage thoracique qui se comprime à nouveau).

Et puis la voix encore, fantastique à tant d’autres moments qu’on est obligé de s’arrêter pour se le dire (« Putain, cette voix ! »), le déhanché d’un bassiste qu’on apprivoise de concert en concert  et qui aura clairement manqué d’espace ce soir, les strobos qui font quitter la terre ferme, Faris qui se tauge dans les ampli et y retourne comme s’il l’avait fait exprès, Faris encore et toujours, qui saute sur les retours pour se confronter à la salle – ou, peut-être, pour se fondre avec elle…

Et puis aussi, le rythme lourd et lanscinant de Ghost avant le final explosif façon dancefloor sur Something to remember me by. Qui aurait dit qu’un jour, nos gothiques… n’est-ce pas ?!

Voilà, aujourd’hui nous sommes un 13 novembre, un de plus depuis les tueries parisiennes qui m’ont vue en pls sur mon canapé. Pour tous ceux qui y étaient et aussi parce que je ne savais pas qui y était. Et que je n’arrivais pas à joindre Mauro, justement.

Et aujourd’hui plus qu’un autre jour peut-être, je me dis que la musique demeure ce qui peut nous faire le plus de bien, nous rend vivant malgré tout le reste, nous dépasse, nous exalte.

La musique reste pour moi ce qu’il y a de plus beau au monde.

La musique rend heureux.

 

« When you wake up, you will find me » – The Horrors, Still Life

 

 

Set list : Holgram, Machine, Who can say, In and out of sight, Mirrors Image, Sea within a sea, Weighed down, Press enter to exit, Endless blue, Still Life // Ghost, Something to remember me by

Vidéos Isatagada (playlist en 5 vidéos ICI), et aussi, en lien : neth tp (Who can Say)

Set photos Isatagada sur le Flick’r

Publicités

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s