Rock en Seine 2017, jour 3 – Slowdive, Rendez-vous, Amber Run, Cypress Hill, The XX, The Shoes,Mac de Marco,

Rock en Seine jour 3 et jamais je crois, je n’ai été aussi peu sûre de ce que j’allais voir en démarrant une journée de festival.

Le premier dilemme à lieu entre… y aller tôt, ou pas (réglé, 14:30 c’était impossible, pas de King Khan & The Shrines pour nous, donc).

Le second, entre Amber Run sur la scène du bosquet et Car Seat Headrest sur la grande scène. Les deux nous plaisent autant mais à l’écoute, c’est finalement Amber Run qui l’emporte. Les mélodies nous touchent et puis le bosquet est vraiment notre scène préférée, alors go ! Là-bas, on retrouve nos photographes préférés Mauro et William dans les crash, mais aussi Emma, de Rock n Fool – sûrement le webzine qu’on lit le plus.

Le pop-rock des anglais est vraiment très agréable pour commencer la journée,  avec un set tour à tour pêchu ou tripant, et un chanteur avec des faux airs de José Garcia (ou de Jon Snow) mais surtout une très belle voix live, rauque juste ce qu’il faut, capable de grandes envolées lyriques qui arrachent même quelques cris dans le public. Après quelques titres cependant, la mayonnaise retombe, comme si le leader s’écoutait un peu trop chanter, finissant par faire bien trop de manières et d’effets, jusqu’à se caricaturer. Les morceaux semblent avoir été écrits pour être joués dans des stades plutôt que joués tout court, et l’intention parait d’office moins sincère. En fait ils nous rappellent The Temper Trap, ce qui est plutôt un compliment, même le revers de la médaille est là aussi : un côté un peu bodybuildé qui manque de finesse.

Rendez-vous s’impose ensuite à l’industrie. Notre voisin de barrière nous dit qu’ils étaient programmés sur la scène IDF en 2016 ; ils restent rares à avoir franchi cette marche. Et là, le contraste avec Amber Run saute aux oreilles. Beaucoup plus incisifs, le duo de chanteurs hurle littéralement sur fond de mur de basses et sous un soleil de plomb. Alors qu’ils ne devraient que fondre (il doit bien faire 50 degrés face au soleil), les quatre de Rendez-vous affichent au contraire une densité qui forcent le respect.

On ne peut qu’être hypnotisés par le sentiment d’urgence qui se dégage alors qu’ils offrent au public de l’industrie un set post-punk hyper énergique fait de synthés, basse toute curienne et grosse guitare. Dans la fosse ça danse et ça pogotte, et quand ça crie c’est pour la musique plutôt que pour le torse luisant de sueur du guitariste ; on apprécie. Car le spectacle est ailleurs, et les deux leaders sont carrément fascinants, intenses comme si toute leur vie se jouait là. Vraiment une grosse impression.

On se pose devant Ty Segall à l’heure du goûter, que l’on entend sans voir beaucoup, malgré le rouge. On est sûrement encore en train de rater un truc, mais on n’arrive pas à s’emballer suffisamment pour s’approcher davantage. Ce rendez-vous là est manqué, donc.

Les copines parviennent à nous entraîner vers Mac Demarco, le crooner-lover-humoriste qu’on adore détester. Le mec invite ses fans à table sur scène pour l’apéro (« I know you french people love le-bistrot ! ») en même temps qu’il égrène ses chansons pop entre deux sketchs potaches avec ses complices de zikos. Comme d’habitude, le spectacle est au rendez-vous mais comme d’habitude aussi, je me demande pourquoi il continue à entraîner ses talents de singer-song-writer dans cette galère. On a beau me dire dans l’oreillette qu’il est l’anti-héro par excellence, remballant par exemple le matériel comme tout le monde (c’est assez remarquable, en effet), j’ai vraiment du mal, comme ça avait été le cas déjà sur la scène de l’Industrie en 2014.

Dîner à la Cascade devant George Erza, assez cool comme musique d’ambiance (mais sans plus), avant d’aller faire la vraie grosse fête avec Cypress Hill, ses battles (« Fuck that side ! ») et ses tubes énormes qui emportent tout le public d’une grande scène qui ne demande que ça. Avec lui on saute à pieds joints  (« Jump ! Jump ! ») on crie, on jure, on libéralise la weed, on danse, on s’amuse sans se prendre la tête et c’est vraiment sympa. Pourtant pas le style de musique de la maison, mais quand c’est bon on ne se pose finalement aucune question, bravo !

Slowdive nous attend sur la scène du bosquet ; on nous a conseillé d’aller les voir plutôt que Rone (plus simples à revoir en France), qui était pourtant notre choix initial.

Là c’est une lente plongée (en effet) dans une dream pop mélodique (copyright Hugo Cassavetti) avec des voix hypnotiques et des déluges de guitare (jusqu’à quatre) qui nous emportent très loin. De nombreux morceaux s’étirent en longueur et font la part belle aux instruments davantage qu’aux voix, dont on dirait qu’elles n’ont de sens que pour accompagner la musique – et non l’inverse. C’est planant, d’une façon qui ramène vers Mogwai ou les passages instrumentaux de The Cure. Les lumières sont complices et subliment le concert alors que la nuit s’est complètement installée au fur et à mesure du set. Heureusement, car on ne les imagine vraiment pas jouer en plein jour ! Le dernier morceau termine le concert en apothéose, avec un crescendo qui ferait presque entendre les cris monter du public à l’unisson.
Un des meilleurs si ce n’est LE meilleur concert du jour (merci Alain et Agnès pour la préco !).

Excellente préparation pour The XX, pour lequel il faut retraverser tout le festival. Mais haut les cœurs, Slowdive nous a comblés et on est prêts ! Malheureusement, les basses nous tuent les oreilles sur les 1ers morceaux, et malgré des titres qu’on a dû user à force de les écouter, le live n’apporte pas grand chose.

Du coup nous repartons pour l’industrie où The Shoes donne un show géant, à base de remix dingues enchaînant des artistes aussi divers que Lana Del Rey, Philippe Katrine, Jungle, Adèle, Sébastien Tellier, Bjork, ou de featuring d’Orelsan à notre arrivée. Le show s’arrête prématurément sans trop d’explications, et on reste un peu sur notre faim.

Sur le chemin du retour, on repasse suffisamment près de la grande scène pour entendre les grandes déclarations d’amour de Romy Madley Croft à son public. Il semble que le concert ait été un peu plus vivant après notre départ. Caramba !

Alors que l’on se sépare, on a du mal à se dire que c’est déjà terminé. Il faut dire que chaque année, la fin de Rock en Seine sonne la cloche de la rentrée, nous laissant chaque fois épuisés et un peu orphelins.

Jusqu’à l’année prochaine !

Au revoir et merci Rock en Seine. See you en 2018.

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