Rock en Seine 2017, jour 1 – Franck Carter, Cabbage, Beach Fossils, …

Tous les ans, le festival Rock en Seine est le rendez-vous incontournable de la rentrée. Cette édition était la douzième pour nous, depuis 2006 et l’inoubliable concert de Radiohead.

Cette année est un peu particulière. Même si François Missonnier est toujours aux commandes, le festival a été racheté par le financier Matthieu Pigasse, et la concurence du Lollapalooza est rude. Pas de grosse tête d’affiche (sauf si on trouve que Franz ferdinand, PJ Harvey et The XX font se déplacer les foules), et des pass 3 jours sont encore en vente très très tard dans la saison. En un mot comme en cent, on a un peu peur des résultats de la fréquentation. Même si ce ne sont pas les têtes d’affiche qui me font personnellement me déplacer, je me rends compte que je n’écoute vraiment aucun des groupes programmés cette année, et que j’en ai déjà vu trois seulement. C’est donc un vrai pari d’être là, car il est toujours hasardeux de prendre son pied sur des groupes dont on ne connait rien ou pas grand chose. On compte sur les doigts d’une main (allez, deux !) ceux qui ont su nous faire vibrer d’entrée sans rien connaître d’eux. En douze ans de festival, ceux qui ont réussi cet exploit sont relativement peu nombreux : VETO, The Horrors, Unkle, Death in Vegas, Trentmoller, The Temper Trap, Royal Blood, VKNG, Jeanne Added, Slaves et Kings of Leon. Mais on aime avant tout Rock en Seine PARCE QUE c’est Rock en Seine alors en fait, on espère surtout qu’on pourra continuer à y aller longtemps…

Au rang des changements 2017, un énorme bar aérien, une deuxième petite scène (Firestone), une plateforme VIP pour la grande scène (tout de même, c’était un peu con d’être en VIP sans pouvoir voir les plus gros concerts ahah), et la disparition des toilettes avec le nom de la scène Pression Live, rebaptisée « Bosquet » – une invitation, peut-être, à faire pipi dans la nature… mouais, pas terrible pour les filles !
Pour l’ambiance, un démarrage sous le signe des pluies d’orage qui nous ont bien fait flipper toute la matinée. Finalement, le dernier déluge s’est produit alors que nous étions encore en voiture, perdus aux alentours du parc pour trouver d’abord une place, puis l’entrée du parking, en désespoir de cause. Pour nous le RER nous empêche de profiter des derniers concerts donc c’est forcément la voiture, mais prenez plutôt les transports en commun si vous le pouvez ! Pas d’utilisation de mon sublime k-way jaune Radiohead édition 2006 donc, puisque nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie pendant la totalité de ce 1er jour. Franchement c’était un réel soulagement.

C’est la Grande scène qui nous a accueillis pour démarrer le festival, avec Franck Carter & ses Rattlesnakes, qui salue Paris comme il se doit et se montre particulièrement investi malgré l’heure de programmation et un public plutôt clairsemé. Pantalon léopard et veste blanche, il a de loin des airs de Benoît Poolevorde en version punk roux, avec un capital sympathie immédiat. Il s’amuse à créer dans la foule un beau circle pit, marche sur la foule avant de monter en chandelle, se montre généreux et chante (très bien, très juste) pour les victimes du Bataclan et de Manchester tandis qu’à l’autre bout du festival, le dernier titre d’Inuit est consacré aux … violences policières. Paye ton contraste !

Gabbage inaugure la scène de la Cascade dans un style très exactement mancunien (normal, puisqu’ils sont de Manchester), morgue et grand manteau tout britannique (bien vite enlevé, le manteau). Le concert donne la patate, les mecs se prennent à la fois au sérieux et à la fois pas, le guitariste, lorsqu’il se met au lead à son tour (puis torse nu), chante un peu faux mais avec l’attitude parfaite, les titres sont bons, bref, tout le monde s’amuse et c’est le vrai lancement du festival pour moi ! Entre Fat White Family et the Foals, dit plus tard un festivalier avant le démarrage de Beach Fossils. Je plussoie pour la première référence, la seconde me laisse un brin dubitative…

Beach Fossils justement, se produisent sur la scène du Bosquet.  Si Zachary Cole Smith les a quitté pour former DIIV, on reconnaît facilement la filiation aux belles lignes de basse toutes curiennes. Très belles chansons, très mélodiques avec une trompette par moments svp, mais sauf deux ou trois chansons, bien calmes pour un festival. On les réécoutera plutôt sur disque, même si encore une fois on a beaucoup aimé de nombreux titres.

Il fallait absolument voir At The Drive In, de l’avis général, et même particulier (en l’occurrence celui de Jérémy Barlozo, venu rien que pour eux – bientôt des news de son groupe, I Love My Neighbours avec un nouvel album et trois titres sur une BO de film, stay tunned). Le front man est de ceux en effet qui marquent les esprits. Bête de scène, l’homme se cache dans des boites pour mieux s’en « outer », se roule par terre, saute partout et semble infatigable. Sauf que contrairement à Franck Carter, la voix n’y est pas, et qu’en plus le son micro est tout pourri. Mon chéri a apprécié la musique, moi pas. Rendez-vous manqué en ce qui me concerne ; je suis déçue. Notre grand fils (20 ans, ça fait de moi une vieille tellement vieille OMG !) ne nous pardonnera sans doute jamais ne n’être pas allés « chiller » sur FKJ pour At The Drive In !

Il est presque 20 heures, l’heure prévue pour Groupelove sur la scène du Bosquet. Mais le courage nous fait défaut et nous dînons plutôt d’un bon aligot-saucisse entre la Cascade et la grande scène au son de The Jesus And Mary Chains qui nous semble toujours un peu pareil. Le chanteur semble s’ennuyer. Il doit falloir connaître pour apprécier.

Retour ensuite devant la Grande Scène pour Franz Ferdinand dont nous ne sommes pas hyper fan alors que la nuit est tombée. Nous ne devons pas être les seuls car on arrive quasiment à la barrière pour ce qui est censé être LA tête d’affiche du jour. A côté de nous néanmoins, des jeunes filles en fleur (et en transe) sautent à pieds joints et frappent dans leurs mains à la plus petite sollicitation de l’écossais. Bon, sauter sur Franz Ferdinand en hurlant de joie c’est un concept. Surtout qu’il nous balance toujours les mêmes titres au paroles et aux rythmes ô combien recherchés depuis des lustres.

Bref, nous partons décidés pour Allah-Las avant d’échouer, lamentablement influencés par nos feignasses de pieds devant le dernier titre du collectif DJ Hercule & Love Affair, bien vendus par le pitch de l’appli du festival qui a fait figurer au rang des featuring mon cher Faris Badwan. Sauf qu’en lieu et place du leader de The Horrors on se retrouve devant une sorte de show pour cabaret gay, plein de love mais quand même, on ne s’y attendait pas. En fait c’est déjà fini et comme on a fini lamentablement allongés sur notre nappe de pique-nique au décor improbable (mais anti-humidité), on reste là dans le noir, au son de Mø, qui s’écoute bien de loin et dont on reconnait le tube en fin de set, puisqu’elle était la voix du Lean On de Major Lazer.

Même pas capable de bouger pour The Shins, que nous écouterons donc allongés sur la bute également, puisque là où nous sommes, nous le voyons très bien sur la scène de l’Industrie. L’écoute de ses titres nous avait carrément convaincus, mais le son sur scène, dès que l’ensemble des musiciens entre en jeu est trop brouillon pour être vraiment agréable à l’oreille et nous partons finalement avant la fin, non sans nous être arrêtés un peu devant le jeune DJ prodige Flume.

Une première journée un peu chiante donc, même si le spectacle est aussi ailleurs et qu’au hasard des concerts on a pu croiser les festivaliers, photographes et amis virtuels ou IRL, ce qui fait toujours autant plaisir. Aujourd’hui, complètement au hasard ça a été Marco (bon okay, pas de hasard pour le cousin Marco qui officie tous les ans aux lumières de la Grande Scène), Marie, Jean-Louis, Serge, Melvill et Lucas, Hélène P, Sabine et Emma, Christophe, Jérémy (happy 30 again !), William et Mauro. En revanche, pas de Hélène R., Estelle, Sabrina, Gaëlle, Sarah et Thomas (sans compter Sand et Emilie, forfaits pour la journée). J’ai vu Marion aussi ; j’aurais voulu lui dire combien je pense à elle sans la connaître en vrai depuis ce putain de 13 novembre ; le net fait ça, de penser aux gens sans oser le leur dire quand on les croise ensuite… Mais a-t’on envie de parler de cette horreur de toute façon ? C’est mieux comme ça sans doute.

Les concerts, la musique, c’est la vie ! Et ça devrait le rester. Ça et rien d’autre.

Merci Rock en Seine. A demain !

 

Remerciements : Alain, pour la correction sur Beach Fossils / DIIV

 

 

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