Fnac Live – Jour 3 | 08.07.2017

Troisième et dernier jour du Fnac Live, sur le site exceptionnel de l’Hôtel de Ville de Paris.

Pour moi c’est un vrai bordel. William m’a proposé deux invits pour les concerts de la scène du salon (merci William), mais Jay Jay Johanson joue à 19h45 et avec mon chéri, on veut absolument voir The Horrors à 20h10. Si si vous vous posiez la question, les invitations pour les salons ne donnent pas d’accès à l’espace VIP, pas plus n’y a pas de passage direct jusqu’à la scène principale. Il faudrait donc refaire tout le tour, sortir par l’arrière de l’Hôtel de ville, revenir par la rue de Rivoli, puis de la Coutellerie, reprendre l’avenue Victoria,  passer à nouveau les 3 fouilles de sécurité et prier pour que la jauge ne soit pas atteinte et qu’on nous laisse passer à temps pour le début du concert. Pas gagné, en somme.

Or, on n’en peut plus de les attendre, les The Horrors, depuis qu’ils nous avait d’abord bien teasés à Rock en Seine pour leur album Luminous, avant d’annuler purement et simplement leur tournée, pris par une subite envie de retourner enregistrer en studio. Trois ans qu’on essaye de s’en remettre, autant dire une éternité !

Et puis, comme par un fait exprès, le rédacteur du Webzine de William est malade et je peux le remplacer. « Faudra écrire un petit quelque chose a partager sur mon mag en revanche », me dit-il. Mais oui. Mais OUI !!! Depuis quand assisté-je à un Fnac live sans écrire, de toute façon ? C’est parfait. Tout ça est par-fait.

Pas tout à fait cependant, avec un RER qui coince et une chaleur caniculaire. Pour autant, j’arrive à l’heure pile devant l’accueil presse. Mais là, c’est le drame. Nulle trace de mon nom sur la liste, alors que les premières notes du concert se font déjà entendre. Je panique, on vérifie la liste papier, puis sur l’ordinateur, puis de nouveau le papier, en essayant à peu près tout : mon nom, celui du mag, celui enfin du rédacteur initialement prévu, et même celui de sa femme.  « Ah mais oui, me dit-on, il est déjà passé ! ». Incompréhension totale ; je reste sans voix tandis que l’attachée de presse, très gênée, ne cesse de me répéter à quel point elle est désolée.

J’active alors le plan B car il me reste les invitations pour les concerts du salon. On avisera plus tard pour le reste. Je repars donc en courant à l’autre entrée rue Lobau, tout en arrosant William de textos pour lui faire part de la situation. « Quoi ? me dit-il, mais c’est impossible, le mec est carrément à l’hôpital, je viens de l’avoir au téléphone !!! ». Peut-être, mais en tout cas c’est mort de chez mort pour le pass presse, et je fais sagement la queue à l’entrée du public. Un mal pour un bien, puisque c’est l’occasion d’apprendre – et donc de vous révéler – un secret bien gardé : cette année, comme l’an passé, il reste des places pour ces fameux concerts, que l’organisation distribue généreusement. N’hésitez-donc pas à tenter votre chance l’année prochaine !

On me laisse entrer à la faveur des invitations et en haut d’une longue série de marches, je me retrouve enfin devant Tim Dup, qui avait déjà séduit les programmateurs de Rock en Seine l’an passé. On le retrouve dans les salons de l’Hôtel de ville, pour être à nouveau séduit par sa maturité tout autant que sa fraîcheur. Seul au piano, il égrène ses chansons solaires et tristes à la fois, mises en valeur par une voix claire qui rappelle parfois celle d’un Mano Solo ou parfois… de Calogero. Dans ce cadre classieux comme il en est peu, sous les lustres à pampilles et le plafond peint témoins de tant d’années d’histoire de France, sa poésie chantée fait l’unanimité dans la salle, y compris parmi les enfants dont certains ne peuvent cacher leur enthousiasme. Après son EP, l’album doit paraître en octobre. 

Pendant ce temps-là , William m’a retrouvée pour finalement me remettre le saint Graal (badge all access et bracelet) pour moi et mon chéri. Alléluia, William est génial et nos voilà désormais sûrs et certains de voir The Horrors comme d’accéder à l’espace VIP. 

Mais pour le moment, on reste un peu dans les salons pour nos chouchous, toujours seul groupe français signé chez le label anglais Domino Records (Arctic Mokeys, Elliott Smith), j’ai nommé François And The Atlas Mountains. Si le line Up a changé (ils sont 4 au lieu de 5, avec un nouvel arrivant, le musicien belge David Nzeyimana), on retrouve dès le premier titre l’ambiance des tournées précédentes avec leur fameuse choré et ce plaisir visible de jouer ensemble. « Si vous voulez faire des « Hi Hou Hi Hou » à la Mairie de Paris, c’est le moment où jamais », lance François Marry, cheveux gominés ramassés en arrière et début de moustache longue à la mexicaine, avant d’entamer Tendre est son âme, extrait de leur dernier album, Solide Mirage. Leur plus récente production est plus sombre, tout comme leurs références (Pornography des Cure, pour introduire le titre 1982)(il cite aussi Purple Rain de Prince mais pardon, ça c’était en 1984 ; je le sais, je dansais des slows dessus avec mon amoureux quand j’avais 14 ans). Pour autant, le set fait toujours la part belle aux rythmes africains, qui font danser comme pour mieux retrouver la légèreté d’un paradis perdu. Et lorsque le chanteur remonte la travée centrale jusqu’au fond du salon en dansant avec sa guitare, le public ne se fait plus prier. Ovation. 

Petit passage éclair par la zone VIP où on peut enfin faire des bisous aux copains. On retrouve notamment Hélène, de Discordance ou Hervé, de l’Oreille à l’Envers, et bien sûr William et Mauro (<3<3<3) mais où Ben nous manque beaucoup.  Après les criquets de 2016, c’est l’eau de Coco VaïVaï qui sera notre produit Fnac Live 2017. En pleine canicule, on l’adore nature ou associé à du citron, par exemple.

Pas de Jay Jay Johnson pour cause de Aliocha, la nouvelle sensation québécoise, vendue par Mauro (en live) mais aussi par RocknFool (sur le net). 

“Bonjour, je m’appelle Aliocha et je viens du Canada”, annonce t’il sous les applaudissements nourris de la foule du parvis dont ceux, particulièrement appuyés, des jeunes filles du premier rang. Visage angélique encadré de bouclettes blondes, le jeune homme joue ses chansons folk d’inspiration Bob Dylan accompagné de sa seule guitare acoustique. Sa jolie voix a parfois des accents à la Teddy Thompson (le fils de Richard Thompson – comme Aliocha est le frère de l’acteur Niels Schneider ; des histoires de famille, en somme) et sa musique parvient à captiver le public, à présent nombreux, qui l’écoute religieusement (on entendrait voler une mouche). L’artiste en est à ses débuts et le set ne dure que 20 petites minutes, haché par la balance batterie de The Horrors. Tss tss tss, aucun respect pour la folk.

“Je suis habité par le soleil” lâche – en français s’il vous plaît – Faris Badwan, au moment précis où le soleil lui fait face, très exactement au milieu de la rangée des immeubles haussmanniens qui encadrent l’avenue Victoria. 

Toujours théâtral, le leader des très britanniques The  Horrors garde le costume mais finira par tomber les lunettes de soleil, comme par défi. Qu’il se saisisse de son micro avec l’air de vouloir en découdre ou reste immobile, le regard fixe sur la longue fin d’un morceau, ses postures sont parfaites, sa densité impossible à prendre en défaut. J’aime sa morgue et sa nonchalance, sa voix et ses attitudes, ses chansons ; j’ai une chance folle de voir le concert depuis le crash invités et je jubile, positivement. Je le trouve même beau, c’est dire mon manque absolu d’objectivité (je suis fan, j’assume).

Faris Badwan incarne ses chansons comme sa musique, et pour tout dire il incarne tout autant le rock et cette espèce de perfection affolante à l’anglaise, jusque dans sa voix, qui rappelle inlassablement celle de David Bowie. Beaucoup de morceaux du nouvel album (sortie prévue le 22 septembre 2017) sont joués en live pour la première fois, pour un set fait de longs passages instrumentaux, de montées en puissance et de murs de guitare. Et même, d’un titre presque disco. On a hâte, en fait d’entendre cette nouvelle production qui leur avait fait annuler leurs concerts en France et préférer enregistrer en studio (je leur en veux encore un peu). 

Le son de The Horrors est impressionnant, sans doute l’un des meilleurs du moment, malgré un public qui attend surtout Julien Doré et ne le goûte pas forcément à sa juste valeur. Les musiciens, excellents, qu’on a longtemps pu trouver un peu trop statiques, vont et viennent désormais comme des vagues bouillonnantes (quelle rythmique !). Au final, le bonheur est complet avec un Un Still life (“When you wake up, you will find me !”) grandiose et un I See You énormissime (le meilleur morceau de leur dernier album Luminous) en clôture de concert, sur lesquelles la basse et la guitare se déchaînent, le bassiste entamant une dernière fois une danse étourdissante avec son instrument.

Entre The Horrors et Julien Doré, petite moto, grand panda et effets pyrotechniques à gogo, on  a choisi notre tête d’affiche ! 

Tandis que l’édition 2017 se referme avec l’électro de The Blaze, dont c’est la première apparition parisienne avant de nombreuses autres (c’est sûr), c’est un dîner avec les copines au restaurant Israélien Tavline qui viendra mettre un point final à cette parfaite soirée (merci Emilie pour l’adresse).

So long Fnac Live. You’ve been loved, cette année encore.

 

 

L’article d’origine (sans sa partie « making of ») a été publié sur Freakshow Magazine

Remerciements +++ : William Soragna (et Mauro Mélis)

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