Fnac Live – Jour 2 | 07.07.2017

On ne dira jamais assez combien les festivals – et en particulier les festivals gratuits – sont essentiels pour la découverte musicale.

Au fil des années (et depuis 2005 pour ce blog), je ne compte plus les fois où le 1er groupe, programmé à l’heure la plus ingrate (celle du cagnard absolu et du public clairsemé), s’est avéré immanquable.

Bingo une fois encore avec Otzeki, un duo de cousins londoniens, qui définissent leur musique comme de l’EDR – Electronic dance rock.

Si les Inrocks les comparent volontiers à Alt-J, je les dirais davantage plus proches de The XX, à la fois pour les sonorités de guitare que pour le rythme lassif, à la la fois sombre et envoûtant, qui entraîne le corps à d’irrépressibles mouvements.

En plein soleil sur la scène du parvis (largement plus de 30° à l’ombre, on n’ose pas imaginer la température au soleil), on aurait pu redouter un mauvais casting pour ce genre de musique.

Et pourtant ! Le duo s’est avéré absolu lumineux, jouant de la situation avec bonheur, le chanteur nous gratifiant d’un strip-tease-mais-pas-que, tant sa présence sur scène est évidente – on a même envie de dire « facile ». Sensuellement charismatique, aussi sérieux que joyeusement léger, le garçon dispose en outre d’un atout de taille : une voix, à la fois simple et sophistiquée, sans fioritures mais marquante tout à la fois. En un mot comme en cent, le groupe réconcilie les contrastes, se posant comme une sorte d’Alpha et d’Oméga, véritable synthèse vivante de supposés irréconciliables, petit avant-goût d’absolu.

20/20, malgré un set marqué par des difficultés techniques qui les auront empêcher de livrer l’intégralité de leur prestation.

Pas étonnant que le duo, avec seulement un EP à son actif, ait su séduire les programmateurs (beaucoup de concerts déjà à leur actif, et notamment en France). Compte tenu de ce que l’on a vu, en effet, on parie que le rythme s’intensifiera encore dans les mois à venir.

Pour vous faire une idée, vous pouvez retrouver leur titre Fallin’ out :

Après ça, je fais un peu la gueule à l’arrivée du groupe suivant, que j’espérais dans la même veine, sans trop savoir pourquoi – le nom, sans doute.

Mais ALLTTA fait du Hip Hop, et m’invite à « balancer ma patte » quasiment dès le premier morceau. Halte là les ALLTA, il faudra d’abord m’apprivoiser un peu, ce qui ne sera pas simple, parce que le Hip Hop et moi…

Alors je tweete : « ALLTTA séduit davantage le public qu’il ne me séduit moi. Bon. Pas ma came »

Mais au fil du set, le capital sympathie du groupe augmente et lorsque l’homme derrière les machines rejoint le front man qui s’agite devant moi depuis un quart d’heure, j’ai déjà bien baissé ma garde.

Nouveau tweet : « En fait c’est bien quand même ;-p Bon. Okay. »

Puis, à la fin : « Je vous dis la vraie vérité ? Finalement j’ai chanté très fort « Run Run » et « Hey Hey » ! Voilààà. »

Comme j’ai dansé aussi, en fin de compte, portée par les rythmes urbains de ces deux là, je me renseigne, en rentrant à la maison. Et là je vois, toute honte bue, que j’étais en présence du binôme franco américain composé de 20syl & Mr. J. Medeiros, respectivement M. Hocus Pocus ou C2C pour l’un, et The Procussions pour l’autre.

Okay. Décidément, je n’y connais rien en Hip Hop, même si je me réconforte toute seule en me disant que j’ai été capable d’aimer de la bonne musique dans un style qui n’est pas celui que j’apprécie normalement. Bien joué les mecs !

A ce stade de la soirée, cela fait déjà plus de deux heures que je suis debout sous un soleil de plomb et j’ai déjà perdu 15 litres d’eau, sûrement. Le petit vieux à la barrière (il y a toujours un ou deux petit vieux à la barrière au Fnac Live, plus ou moins sous l’emprise de l’alcool selon les années) a l’air au bout de sa vie quand débarque Loyle Carner et son groupe. Enfin son groupe. Je veux dire, l’homme aux machines qui l’accompagne.

Le troisième duo de la soirée fait du Hip Hop lui aussi (du rap, même), alors on s’agace. On a bien aimé avant, d’accord, mais deux de suite, sérieusement ? Quand on n’est pas franchement adepte du genre, c’est un peu dur à avaler.

Sauf que là encore, c’est excellent et ce n’est pas un quart d’heure mais 30 secondes à peine qui seront nécessaires pour tomber sous le charme de cet autre londonien, sourire jusqu’aux oreilles, qui ne peut pas s’empêcher de partager un « Fuck Brexit » dont on sent qu’il sort des tripes, tant il a à coeur de nous montrer combien il est heureux d’être là (j’allais écrire « combien il nous aime », parce que c’est le ressenti, en fait).

A 22 ans, Loyle Carner donne avec générosité et humilité, n’est pas enfermé dans un style mais plutôt à la croisée des chemins entre plusieurs influences. Il y a du groove en lui, de la soul et de la douceur je crois ; c’est sans doute ce qui m’a séduite le plus.

Edit : il y a une histoire avec cette chemise qu’il tient à la main et la mort de son père en 2015. Je rappelle qu’il a 22 ans…

Il n’empêche, je suis un peu ravie de voir que la formation qui lui succède nous gratifie d’une batterie. Fin des duos, même si Paradis en est un à la base. Outre le batteur, un guitariste au look 70’s incroyable est venu prêter main forte à la formation de base, et ça fait du bien, de voir des instruments.

Pour le reste, Paradis fait penser à un Florent Marchet version électro pop, avec un type voix fluette à la Souchon/Chamfort. Musique et voix, l’exacte correspondance serait plutôt à faire avec Arnaud Fleurant Didier, ce qui est pour moi un compliment.

Aussi je me laisse facilement embarquer par la musique, qui fait danser, d’autant que le batteur est excellentissime.

Je suis nettement moins fan du chanteur, dont la voix est davantage faite pour le studio que pour le live ; il a en outre peu de présence sur scène, ce qui a pour conséquence malheureuse le montée d’un certain ennui.

A réécouter plutôt sur disque : mélodiquement, ça approche le niveau d’un Phoenix. Si si !

Après ça je lâche l’affaire. Mes pieds ont dû doubler de volume et me supplient de les affranchir de la station debout. Pas de pass backstage (Ben-de-la-Fnac n’est pas là cette année) = pas de pause.

Pas grave ; si je regrette de manquer Irène Drésel que je ne connais pas du tout, Camille et Cassius se passeront fort bien de mon petit live report !

Mention spéciale à Emilie for the treat chez Freddy’s et cette fin de soirée parfaite entre amies avec tapas d’exception et bon vin. Paris c’est magique ❤

 

Photos (c) Isatagada

Pour les sets photo complets :

1050614

 

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