Le Triomphe de La Féline

lafeline-triomphe

J’avoue tout : je n’avais encore jamais écouté la Féline. Pas faute d’avoir vu son nom circuler, pourtant. Mais je n’avais tout simplement jamais franchi le pas de l’écoute.

En plus, le nom me déplaisait. Un peu comme Le Prince Miiaou à côté de qui j’avais failli passer (le nom me faisait penser à un rappeur, genre chaîne en -faux- or qui brille, dollar en pendentif). Et comme j’aurais eu tort.

Me voici donc avec mon album de La Féline à écouter (merci Xavier de ATTITUDE). Et je ne pourrais pas dire exactement à quoi je m’attendais, mais sûrement pas à ça. Pour la voix, ce serait un peu Zazie (sur Senga et Gianni, c’est particulièrement frappant), claire et limpide, mais aussi très sûre d’elle, déterminée. Parfois, ce serait aussi un peu Maud Nadal (Myra Lee, Halo Maud) et forcément Cat Power et PJ Harvey ; tantôt sur les modulations de
voix de Samsra, tantôt sur les rêveries stratosphériques ponctuées de réveils tambourin de Nu, jeune, léger. On y retrouve cette même grâce, ces mêmes envolées dans les aïgus, cette même réconciliation, un peu miraculeuse, entre la sophistication et le naturel.

Pour la musique, pas de référence aussi nette mais plutôt une pop très personnelle et organique, à la fois inventive et fine. L’acoustique est ronde, comme sur Comité rouge, pour conter des histoires et décrire des atmosphères avec brio (« des filles fument / en ignorant / les chefs ») sur un mix parfait qui laisse à la batterie son exacte place de co-leader discret. L’intervention des cuivres est brillante, comme ce saxo quasi apocalyptique qui sonne le glad d’un paradis perdu (Triomphe). La guitare s’exprime crânement et pourrait même nous entraîner à la danse (Séparés).

C’est une véritable découverte, une très belle surprise. Un ensemble qui séduit autant dans la voix et la musique, donc, qu’au niveau des textes. Le choix du français n’est pas dû au hasard. Agnès Gayraud y excelle, qui chroniquait elle-même avant de passer de l’autre côté du miroir. Docteur en philosophie aussi, nous dit sa bio. Pas étonnant que tout ait du sens.

Dans ce disque, tout auréolé d’une lumière quasi mystique, à l’instar du visuel de la pochette, le triomphe est celui du Dieu nature, sur terre, mais aussi sous les mers, nous obligeant à nous adapter (« le sang palpite dans ses veines / au fond de l’eau le souffle coupé » – Plongeur), en communion. L’animalité règne en maître sur de nombreux titres, faisant l’apologie d’un certain état sauvage où la survie ne va pas de soi. Cette bataille, La Féline la mène avec une détermination qui contraste avec la douceur de sa voix. Car au delà du velours de l’onirisme, la force est là (Le Trophé). Et notre princesse Mononoké hexagonale la revendique avec sérénité, références japonaises et manga en tête.

Il faudra donc acheter ce disque. Et aller la voir en concert, d’autant qu’elle jouera le 16 mars prochain avec le génial Louis-Jean Cormier à la Maroquinerie (immanquable soirée).

***

lafeline-maroquinerie.

Triomphe – Sortie le 27 février sur chez Kwaidan Records

A Lire,  l’interview de La Féline par Soul Kitchen : http://www.soul-kitchen.fr/70922-feline-sort-de-cage

Publicités

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s