Néon d’Octave Noire – Révélation 2017

octavenoire

Il est d’usage de se rendre compte de la qualité d’un grand album dès les toutes premières secondes ; le Néon d’Octave Noire ne fait pas exception.

Aussitôt la touche Play enclenchée, Un Nouveau Monde nous embarque sur une phrase de basse en forme de colonne vertébrale (elle sera reprise de différentes façons tout au long du morceau), des sons électro, une batterie fine, une mélodie dont on sait qu’elle marquera sans tomber dans le populisme, des violons dosés à la perfection et quelques notes de piano saupoudrées juste ce qu’il faut. A la fois électronique et orchestrale, la musique affirme d’emblée des velléités de liberté, d’exploration d’un certain ailleurs, une certaine érudition aussi. La voix surprend, pour ce que sa douceur veloutée contraste avec la puissance du morceau. Caressante et humble, elle offre un voyage dans le temps et l’espace à la mesure de notre propre importance : « Cent millions d’années, une seconde ». Bluffant d’entrée.

C’est à nouveau la basse qui introduit Sainte Nuit, alors qu’on s’est fait à cette voix qu’on n’avait guère entendu depuis Alain Chamfort. Belem Belem, qui lui succède avec ses accents de série des années 70 et ses cuivres-machine soulignés par des chœurs, ressemble davantage à une symphonie électronique qu’à une chanson.

Deuxième titre exceptionnel, My hand in your hand enthousiasme à nouveau, avec son Korg en guise de trombone et trompettes, ses cymbales qui font monter la dramaturgie et cette sorte de guitare-clavecin en guise de ponctuation. Octave Noire économise les mots et les glisse ici ou là  avec le plus grand soin, comme quelques touches de couleur qui viendraient parfaire une toile : à la fois accessoires et indispensables. Simplement brillant.

L’impression s’accentue avec Tes Yeux tes mains tes lèvres. On sent que l’important chez Octave Noire c’est plus encore le compositeur / chef d’orchestre que le chanteur.

La Neige en été démarre sur du Jean-Michel Jarre pur jus pour près d’une minute trente, nous propulsant dans l’espace aux côtés de Thomas Pesquet. A dire vrai, on est un peu freiné dans notre envolée lyrico-synthétique lorsque la voix survient. « Ta beauté froide comme la neige en été est tombée sur ma ville » ; marrant, c’est un peu ça, oui. Avait-on franchement envie de redescendre sur terre ?

L’envol est enfin dansant, tout comme Sur un tube disco, où c’est carrément Kandisky / Tellier qu’on entend. Inutile de dire qu’on adore !

On se dit au revoir avec The Shapes et le retour de l’anglais dans le disque, léger et électro-acoustique (presque folk), ultime facette du projet alors que pour la deuxième fois depuis My hand in your hand, on pense au génie de Sufjan Stevens.

Néon d’Octave Noire, un album révélation, déjà classique. Au moins classieux.

***

Vidéos live (c) Franck L (My hand in your hand) et Erwann356 (Sur un tube disco)

Sortie le 20 janvier 2017 sur le label Yotanka

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2 réflexions sur “Néon d’Octave Noire – Révélation 2017

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