Rock en Seine 2016 | 27.08.2016 (jour 2 : The Temper Trap, Half Moon Run, Grand Blanc, JoyCut…)

Canicule en Seine jour 2 !

On hésitait entre Kaviar Special et Beach Slang, mais on se dit qu’on va suivre les organisateurs et laisser l’avantage aux seconds puisqu’ils sont programmés sur la Grande Scène. Certes, la chemise à jabots et la veste en velour est un acte de rebellion folle vu les températures, mais on n’a pas tellement compris ce que le groupe avait de « renouveau punk » et surtout eu l’impression d’entendre le même morceau tout du long. Bref, à en croire les commentaires enthousiastes de ceux qui sont allés voir Kaviar Special à l’Industrie , on n’avait pas forcément fait le bon choix.

C’est l’occasion d’une petite remarque : pourquoi blinder la scène de l’Industrie avec les groupes français quand on les verrait tout autant que les étrangers sur la Grande Scène ? Pour une fois qu’il est possible de les mettre en avant, est-ce qu’on ne s’auto-censure pas un peu ? L’an passé, j’avais déjà eu cette impression avec Jeanne Added et VKNG ; ça semble se confirmer cette année. Appelez-moi le Directeur !

Comme on aime bien marcher, nous voilà repartis à l’autre bout du site pour JoyCut dont l’écoute préalable nous avait donné envie (c’est qu’on prépare un peu, tout de même !). Bonne pioche, on se retrouve devant une musique planante à souhait façon Mogwaï, la basse en moins. Extrait de la présentation Rock en Seine, pour vous donner envie : « une musique électronique intense qui doit ses trames alambiquées au post-rock et son exaltation à une synth-wave saupoudrée des cendres de Joy Division ». Et pour vous convaincre tout à fait, visionnez cette vidéo dont je suis vraiment contente, la seule de la journée pour des raisons techniques de batterie mal rechargée (j’enrage).

Je ne sais pas si le festival est l’endroit rêvé pour une rencontre avec O – Olivier Marguerit mais après tout pourquoi pas. Je vous ai déjà parlé de lui, qui se lance en solo après avoir collaboré pendant de nombreuses années avec des projets plus qualitatifs les uns que les autres (Syd Matters et Mina Tindle notamment). Tout ce qu’il fait est d’une finesse extrême, tant il excelle à ciseler les sons en orfèvre qu’il est. Sur scène ce n’est pas forcément palpable, mais cet exercice solo lui donne l’occasion de mettre en chansons des histoires personnelles. A écouter à tête reposée pour l’apprécier pleinement.

Direction Pression Live pour les filles de Beau qui semblaient être une alternative agréable aux insupportables Orelsan et Gringe. Sauf que nous voilà devant l’escroquerie féminine de cette année (on en compte à peu près une par édition), avec une chanteuse qui minaude avec application et chante sans conviction, tandis que ses musiciens s’ennuient ferme – un ennui vite communicatif. Si ça peut te servir à toi, il parait qu’il aurait fallu être plutôt sous la tente Ile-de-France pour Tim Dup à ce moment là.

L’Industrie n’est pas loin, où se produisent les français de Grand Blanc qu’on était curieux de voir depuis un bon moment. On ne devait pas être les seuls, au vu du monde de malade déjà présent avant même le début du set. C’est LA surprise de cette journée, avec un set intense et prenant, qui nous a captivé du début à la fin. Duo de chanteurs (Camille et Benoit) qui se complètent parfaitement, variété des morceaux, sombres ou dansants (parfois les deux en même temps), cohérence absolue du groupe, investissement et authenticité, on a tout simplement adoré ce grand concert sur une scène qui aurait mérité d’être aussi grande.

Retour à Pression Live pour d’autres français, Papooz. On change d’univers avec un rock « garage tropical » porté par des musiciens au tronches (et aux sourires) incroyables, du style à mettre de bonne humeur d’emblée. Aux côtés de l’immense brun et du petit blond (voix chantée impressionnante, les yeux fermés on croirait entendre une femme), les musiciens sont tous excellents, notamment l’un d’entre eux qui oscille entre clavier et violoncelle. Leur musique est enlevée, chaude et dansante, avec des guitares magnifiques. La fan base a répondu présent et je manque de m’étriper avec ma voisine qui a attrapé l’autre moitié du tee-shirt balancé dans la foule par le groupe. J’ai lâché prise : j’ai senti à son regard que j’aurais dû y laisser ma vie, et bon…

Pause glande à Pression Live, où je sais maintenant que je vais y finir la journée. Pour moi qui les aime tant, comment résister à l’enchaînement The Temper Trap / Half Moon Run servis sur un plateau sans un seul petit mètre supplémentaire à faire ?

Pour The Temper Trap, c’est le troisième Rock en Seine. C’est sur la grande scène que je les avais découverts il y a quelques années, bluffée par la voix du chanteur et leur power-pop à embarquer des stades et les émouvoir tout en même temps. Même si je ne connais pas vraiment les nouveaux morceaux, l’alchimie reste présente. Sur Trembling hands, je ressens mes premières grosses sensations du festival, de celles qui remplissent de l’intérieur, gonflent le coeur et la poitrine, menacent de tout faire exploser. Quelle charge émotionnelle dans la voix de cet homme ! J’ai aussi désormais beaucoup de tendresse pour le bassiste et le guitariste, depuis que je les ai interviewés à la Maroquinerie il y a de ça quatre ans. Il parait que porter haut sa guitare n’est pas glamour. Pourtant le bassiste la porte comme on porte un enfant ou comme on consolerait une femme, et c’est devenu un signe distinctif du groupe. Vivement que ceux-là deviennent aussi connus qu’ils le devraient ! On les adore absolument.

Half Moon Run by Astrid Souvray

Half Moon Run (c) Astrid Souvray 

Pas moyen de retourner sur la Grande Scène pour Massive Attack : impossible en effet de résister à l’appel de Half Moon Run après leur concert pour la fête de la musique qui nous avait emballés. Même si on a toujours du mal avec les titres du dernier album, on écoute toujours en boucle Dark Eyes (disponible sur Youtube ICI) et ce soir on se régale de nos chansons préférées (Drug You, Full Circle) qui font bouger le public comme de toutes les chansons génialement rythmées par les mutiples percus. Malgré des chansons lentes qui ne nous séduisent pas franchement, le chant est cette fois irréprochable. Sur scène, mention spéciale au charisme du chanteur à la gueule d’ange, aux belles interactions entre les membres du groupe et à l’énergie des canadiens qu’on espère revoir souvent… Après le concert (et un rappel ! ce qui est suffisamment rare pour être souligné) les sourires sont sur tous les visages. C’est une belle fin de soirée pour ce deuxième jour.

A demain !

***

Remerciements : Astrid Souvray / AIETVBLOG pour sa photo d’Half Moon Run

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