Primeurs 2015 – Jour 1 (Feu! Chatterton, The Wanton Bishops, Forever Pavot)| 28.10.2015

Entre le MaMa et le Pitchfork, il y a les Primeurs de Massy. C’est mon rendez-vous à moi, l’immanquable de ma banlieue sud.

Cette année, pour ses 18 ans, un écho est né à Castres ; on se demande en fait pourquoi le concept a attendu aussi longtemps avant de faire des émules.

NACH @ Primeurs de Massy 2015

NACH @ Primeurs de Massy 2015La soirée commence dans la grande salle avec Nach, qu’on n’avait pas très envie de voir, pour être honnête. C’est entendu, la famille Chedid est sympathique. Et Nach a certainement une belle voix. Pour autant, on n’est pas obligé d’aimer le style, qui reste très variété familiale. Même en live. Les parents venus avec enfants (petits, les enfants), chantent les paroles en cœur. Mais l’absence de guitare, des textes relativement naïfs, les rythmes désaccordés des musiciennes entre elles et l’exhortation à applaudir bien trop fréquente ne nous séduisent pas franchement. Plus tard dans la soirée, on surprendra le commentaire d’un spectateur, la comparant à Chantal Goya. Ça a a beau être un peu cruel, on ne peut pas s’empêcher de trouver la remarque à propos ; pas merci la robe meringue, pas merci le jeu de scène. Même s’il en faut pour tous les goûts, allez. Next !

The Wanton Bishops @ Primeurs de Massy 2015

The Wanton Bishops @ Primeurs de Massy 2015La suite se passe dans la petite salle du Club avec The Wanton Bishops. On pourrait croire que ceux là sont cousins des Black Keys et nous viennent tout droit des Etats-Unis sauf que justement, non. En fait le groupe est originaire de Beyrouth, au Liban, et on ne sait pas si ça change tout mais ce qui est sûr, c’est que cela confère à leur musique un son aussi familier que particulier. Familier pour les guitares grasses et le très beau son de rock blues, qui claque dès les premières secondes (on se regarde avec mes voisins, un grand sourire au lèvres : ça, c’est de la musique !). Particulier pour la légère couleur moyen-orientale de sa voix et l’instrument étrange joué sur les derniers titres (une sorte de luth ‘ud sans caisse), mais pas seulement. Car la véritable particularité du groupe c’est avant tout d’être lui même, un monstre de scène absolu, d’une intensité rock rare, avec un leader multi-instrumentiste qui joue du clavier, de la guitare électrique ou surtout de l’harmonica comme un Hendrix jouait de son instrument fétiche : comme si sa vie en dépendait. Quelle belle urgence, quel talent, quelle classe dans cette façon d’interpréter des titres qui s’enchaînent beaucoup trop vite à notre goût, tous meilleurs les uns que les autres. Dans la salle ça danse, ça hurle de joie, ça ne veut pas les laisser partir. Quelle découverte magistrale !

Feu! Chatterton@ Primeurs de Massy 2015

Feu! Chatterton@ Primeurs de Massy 2015A peine remis de nos émotions, il faut se presser pour retrouver la grande salle et Feu! Chattterton, dont le premier album est sorti il y a tout juste quelques jours, faisant hurler au génie tous les chroniqueurs de la place de Paris. Le groupe, qui a la particularité de chanter en français des textes qui ravissent tous les amoureux de notre belle langue, pourront vous sembler aussi snobs et/ou bobos que vous voulez, je vous fiche mon billet qu’au bout d’un moment vous finirez par vous dire que des mots qui sonnent bien à ce point sur une musique aussi parfaite pour danser ne peuvent laisser indifférent très longtemps. Et en fait, c’est ce qui m’est arrivé, à moi… finalement convaincue (et donc vaincue), à force d’entendre en boucle ce piano endiablé sur Oui FM – merci à eux, justement présent sur le Festival. A la fois désuet, tragique et flamboyant, Arthur, en dandy d’un autre âge (moustache, cheveux ondulés et costume trois pièces) irradie la salle de sa présence peu commune. Entre Charlie Chaplin et Benoit Poelvoorde, il ne chante pas seulement, il déclame, interpelle, pose sa voix sur tous les registres, furieux ou séducteur, ironique ou poête, charismatique dans tous les cas. Singulier, fascinant, les jeux de mots comme les mots d’esprit font son fond de commerce – si tant est qu’on puisse faire du commerce avec de l’art. Une grosse grosse claque.

Forever Pavot @ Primeurs de Massy 2015

Forever Pavot @ Primeurs de Massy 2015Dans la famille Frenchies-indés-je-vous-aime, leur succède Forever Pavot. Si on n’est pas bien sûr d’avoir été davantage Catherine que Josiane grâce à eux ce soir (lire ABSOLUMENT l’hilarant billet de Marine de RETARD Magazine), on a voyagé avec bonheur sur la musique de film pop psyché sixties d’inspiration Ennio Morricone. De là où on est, on ne voit quasi que le dos d’Emile Sorin mais pas grave. Cela nous permet au contraire d’admirer sa dextérité dans le maniement des trois étages de clavier (impressionnant) et sa faculté à créer des images en sons. S’il ne chante que peu malgré une voix plutôt très jolie (la dominante est clairement à l’instrumental), les morceaux sont excellents et nous embarquent dans une atmosphère jouissivement datée. Ses collaborations clipesques complètement barrées pour d’autres groupes (Naïve New Beater, Disclosure ou autres Alt-J (∆)) en attestent, l’homme est brillant et inventif, une véritable « machine à rêver » (les Inrocks). Sur scène, il semble parti dans une autre dimension, à l’instar de ses musiciens qui prennent visiblement leur pied. Captivant.

Songhoy blues @ Primeurs de Massy 2015

Songhoy blues @ Primeurs de Massy 2015Fin de ce premier jour avec Songhoy blues, qui nous offrent la couleur world ++ de la soirée. En provenance du Mali, ils ont d’abord fui le nord du pays tombé aux mains des islamistes avant d’être repérés par Damon Albarn himself via l’un de leur oncle, bassiste d’Ali Farka Touré. Leur message clair : Carpe diem !, rien n’est fini (les Petits métiers). Ok, si on veut, surtout à des milliers de kilomètres de là. Le hic c’est que musicalement, on n’est pas du tout convaincu par les rythmes très répétitifs qui sont loin d’être à la hauteur des trois concerts précédents. Et ce malgré les danses « essentielles à la culture maliennes » qui vont bien.

A demain !

Remerciements : Estelle, La Mission

Toutes les photos (c) Isatagada à voir en cliquant sur la mosaïque ci-après :

ClasseurPrimeurs J1

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