The National baby ! (Paris, Zénith | 18.11.2013)

The National @ Zénith de Paris 2013

On va commencer par un hommage. A Alain B. qui m’offrit un vynile de The National pour ma 4ème dizaine. High Violet.

Et continuer par le même. Qui me fit écouter l’album actuel avant sa sortie. Trouble will find me.

Mer-ci.The National @ Zénith de Paris 2013

Fou ce groupe. Le type même qui te fait sentir à quel point tu es une nouille en musique. Tu ENTENDS la complexité du truc. En même temps ça coule de source à l’oreille et toi, incapable de dire pourquoi exactement, tu sais que tu n’es en aucun cas à la hauteur pour en parler sur autre chose que ton petit blog. Le complexe face à The National. Le GROS complexe.

Un coucou au passage à J-C qui au sortir du Zénith me lance : – « Nan mais t’as entendu ça ? Les morceaux sur 7 temps ! Même sur 9 ! Et là une valse ! ». Merde. Non non je n’ai rien entendu. Juste senti à quel point le niveau était élevé. Et pas seulement à cause des cuivres (la classe des cuivres qui parviennent à être subtils, ça m’a toujours fascinée) ou de la guitare jouée à l’archet tout en créant le moment le plus rock et le plus électrique du concert. Non. C’est bien au delà de ça. Sans parler de la voix de la voix ultra basse de Matt Berninger, impressionante, ce sont les constructions qui frappent. Intelligentes. Evidemment érudites. Pas franchement celles du commun, malgré ce reproche qui revient les concernant, de faire un peu le même titre en boucle.

The National @ Zénith de Paris 2013Clairement, l’intellect est inhabituellement présent. Et puis, les mecs parlent français, ce qui est relativement rare pour des américains. Quand on ne connait pas leur histoire, c’est agréable de les entendre raconter à quel point la France a compté pour eux (on a envie de les croire, dommage qu’on ait entendu tant de groupes avant eux encenser à bon compte la ville dans laquelle ils se trouvent le soir donné) et comme ils n’oublieront pas leur concert à la Guinguette Pirate il y a dix ans, le premier en dehors de New-York où ils ont affiché complet. « Il n’y avait que 150 personnes mais à l’époque, c’était incroyable pour nous. »

Le problème, quand il y a trop d’intellect, c’est cette barrière entre l’artiste et toi. Ce calcul. Ce trop de réflexion qui tue la spontanéité et honnêtement, malgré ces morceaux sublimes et cette musique qu’on adore, l’attitude de mister Berninger qui manque cruellement de naturel. Pourquoi, mais POURQUOI faut-il qu’il se force à hurler dans son micro alors que sa voix ne s’y prête absolument pas ? (dans le genre, Hamilton Leithauser de The Walkmen est tellement plus crédible, là on dirait un chaton enroué qu’on serait en train d’étrangler). Et POURQUOI faut-il qu’il s’accroupisse en se cramponnant à son micro, les fesses en arrière comme s’il était aux toilettes ? POURQUOI – et que c’est laid – a t-il l’air si content de lui et déambule t-il sans cesse pour focaliser l’attention ? – On en oublierait la musique, c’est à ce point.

Mais surtout, surtout, POURQUOI chante-t-il aussi faux sur la quasi totalité du concert ???? (LE fail de ce concert).

The National @ Zénith de Paris 2013

Heureusement il y eut. Ce moment magique. Où j’ai retenu ma respiration. Pour un titre que je ne connaissais pas : About Today. Cette mélodie simple et répétitive, ce fil directeur qui vous tient en haleine. Ces mots, détachés les uns des autres, comme pour mieux goûter l’intensité de chacun d’entre eux. Cette chanson toute entière qui vous prend par la main pour vous conter une histoire, à vous qui restez là, suspendu à ses lèvres, dans l’attente de la phrase d’après, et de celle encore d’après. « How close am I / To losing you ? / Tonight / You juste close your eyes / And I just watch you / Sleep away / How close am I / To losing you ? ». On y était ! Elle était là la sobriété, la classe ; ils étaient là, les frissons ; il était là, le kiff absolu auquel je m’attendais en allant voir The National !

Heureusement, il y eut. Humiliation. Encore faux sur la fin mais globalement moins que d’autres. Avec la recette qui fait mouche systématiquement auprès de mes petites oreilles, ces notes de piano, instrument que j’aime décidément entre tous, comme s’il me jetait un sort à chaque fois. Et la guitare jouée à l’archet à l’autre bout du Zénith. Electrique et inspirée. Trippante. Et d’accord, embarquée que j’étais, les cris sont passés sans questionnement aucun cette fois.

Heureusement il y eut. Les deux descentes dans la fosse pour chanter.

Heureusement il y eut. Le final sur Vanderlyle Crybaby Geeks, le groupe qui vient en bord de scène, presque sans micro, pour chanter tous en semble en acoustique, seulement accompagnés de la guitare et des cuivres, et du public aussi, qui reprend les paroles, par coeur, très fort : « I’ll explain everything to the geeks / All the very best of us / String ourselves up for love ».

This is the kit @ Paris, Zénith 2013Enfin, il y eut. Avant leur set. Cette première partie avec This is the kit. Dieu sait pourtant que je n’aime pas la folk, mais là ! Ce coup de coeur ! Cette grâce folle ! Quels instants précieux que ceux passés en compagnie de la voix et du banjo de Kate Stables (avec, en plus, Rozi Plaine à la basse), alors que la salle était encore quasi vide… Il faut dire aussi : à 19h15, qui avait prévu d’être là quand le concert n’était annoncé que pour 19h30 ? Pas merci le Zénith. Vraiment pas.

Vous aimerez, si vous aimez Bat For Lashes par exemple.

(pardon pour l’image mais j’étais loin, assise sur les marches, et j’écoutais, en priorité, avant de me décider à filmer un truc quand même, lorsque le dernier morceau fut annoncé, et que la fosse s’était remplie).

Et donc. Mon premier concert de The National. Pas aussi emballée que j’aurais voulu l’être mais tout de même. Quelques moments forts resteront. Ce qui n’est pas si mal, finalement…

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Photos (c) Isatagada. Toutes les photos de The National ICI et de This is the kit LA

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