In The Canopy @ la Dame de Canton |24.10.2013 : Mode addict activé

In The Canopy @ La Dame de Canton 2013

Après Rock en Seine et La maison-stu​dio de la Canopée (Châtenay-​Malabry), j’ai revu récemment In The Canopy à la Dame de Canton. Trois petits concerts – pas un de plus, auront suffit pour me faire basculer en mode addict.

Je pourrais analyser le processus, essayer de comprendre comment c’en est arrivé là tellement le phénomène, quelque part, m’interpel​le. Mais par un curieux effet répulsif, quelque chose me dit qu’une étude clinique des choses serait tout à fait contre-pro​ductive : pourquoi ramener au factuel ce qui n’est beau que parce qu’il vous a fait quitter terre pour vous envoler vers d’autres sphères ? Comment disséquer au bistouri ce qui créé l’émotion ? Vouloir mettre des mots sur ce qui se ressent avant tout ?

Car oui, bien sûr, il y a cette musique, mélodique (ah, se réveiller des jours durant en chantant My Underway dès le saut du lit), planante, bien plus intelligente qu’il n’y paraît de prime abord – syndrome Thom York garanti. Et oui, plus encore, il y a ces harmonies vocales, cette capacité du chanteur lead surtout à caresser l’oreille comme du velours avant de partir en voix de tête : ici on rescussite régulièrement Jeff Buckley sans jamais en abuser ; c’est bien plus subtil, humble à en crever le coeur. Donc oui, la base est jolie chez In The Canopy ; et pourtant. La musique pourrait être plus originale, la rythmique plus percutante, la voix venir de plus loin encore, oui, oui, oui, il faut bien en convenir.

In The Canopy @ La Dame de Canton 2013Alors, c’est que la magie est ailleurs puisque c’est de les voir qui renverse tout.

Au centre de la scène, hyper relâché, le chanteur-gourou de tous les canopiens focalise l’attention. Charismatique au possible, il semble miraculeusement s’être débarrassé de toute tension, comme pour un exercice de relaxation poussé à l’extrême. En lui, c’est la différence avec tout ce qui fait le quotidien qui attire. Alors que le commun des mortels se force à se tenir droit comme un I et reste tendu comme un élastique, toujours en résistance sous l’accumulation des contraintes, luttant contre la violence de ces vies qui parfois sont les nôtres, lui est tout en courbes et en mouvements arrondis, souplesse, douceur, oubli de soi et bienveillance extrême. L’homme, qui n’a pas trente ans, semble avoir déjà fait la synthèse du sage. Poussé au partage, à l’échange, il est de ceux qui chantent en ouvrant grand les bras pour aller vers l’autre, lui offrant du même coup la protection de celui qui sait qu’il n’est point de salut sans lâcher prise. Quel soulagement, quelle libération de l’esprit qu’un concert de In The Canopy. Quelle félicité. Et comme on se sent accueilli, en sécurité, autorisé à se laisser aller, à déposer son fardeau pour un moment.

C’est si fort… On en pleurerait.

On les manque. Et c’est le manque. Un vide qui prend beaucoup de place. Pas pour rien si je couche ces mots ce soir, soir de concert où je ne suis pas.

In The Canopy est de ces formations qui bouleversent.

Ne vous en privez pas si vous avez l’occasion de les voir jouer : entrez dans la bulle canopienne.

Et tutoyez le ciel.

Prochaines dates :

08 nov. 2013 : Café de la Danse (première partie)
27 nov. 2013 : Centre Barbara Fleury Goutte d’Or
18 dec. 2013 : Divan du Monde

Plus de photos sur le Flick’r d’Isatagada

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