Magnifique Benjamin Biolay au Casino de Paris | 26.03.2013

Benjamin Biolay @ Casino de Paris

Beaucoup avaient avoué avoir hésité, la faute à un dernier album rose fluo débordant de duos. Il fallait pourtant ne pas manquer le retour sur  scène de Benjamin Biolay à qui elle a, à l’évidence, beaucoup manqué.

Benjamin Biolay @ Casino de Paris 2013Ceux qui craignaient cette tournée seront sans doute rassurés tant le set fait la part belle à l’ensemble de sa discographie, avec seulement six titres de Vengeance sur les vingt-trois joués en ce premier jour d’une série de 3 concerts au Casino de Paris.

Après un compte à rebours qui fait monter la tension, le lyonnais débarque sur scène sous des applaudissements nourris. Dès le premier titre, précédé de critiques enregistrées dont il est coutumier, il embarque la salle d’une façon magistrale, au point qu’on se dit qu’on a déjà trippé davantage en trois petites minutes que lors de tout le concert des Foals à l’Olympia la veille.

Benjamin Biolay @ Casino de Paris 2013Si le niveau du chant live a a beaucoup progressé sur certains titres, des faussetés sont toujours bien là sur d’autres. Peu importe, car il y a de toute façon ce je-ne-sais-quoi chez Biolay qui invite à la parfaite mauvaise foi. Impossible de critiquer ce chant, alors qu’on est totalement emballé par ce performeur hyper touchant à l’émotion xxl. On lui pardonnerait tout : sa façon de faire les cent pas comme un lion en cage, sa manie de s’accrocher à son pied de micro en tremblant comme un vieillard sénile, sa main sur le coeur pour remercier toutes les cinq minutes, ses fuites répétés loin des lumières et même, son dos bien trop souvent tourné. Ok donc, Benjamin Biolay n’est pas parfait. Mais en ces temps troublés où la maîtrise de l’image est devenue une discipline à part entière, on en serait plutôt heureux, comme s’il s’agissait là du dernier gage de sincérité possible.

Car Benjamin Biolay plaît aussi parce qu’il est lui-même et ne se cache de pas grand-chose. Emotif, gueulant à qui voudra bien l’entendre son besoin d’amour, maladroit, pas franchement à l’aise sur scène ; charnel, aussi. Benjamin Biolay @ Casino de Paris 2013Il faut le voir se poster en bord de scène au plus près du public ou se retourner sans cesse vers ses musiciens comme comme s’il avait besoin de ce même contact qu’il donne parfois l’impression d’éviter. Des musiciens aussi impressionants qu’ils sont rock (mention spéciale pour le guitariste), avec un seul violoncelle aligné cette fois, loin de la débauche de cordes qu’on lui a vue dans le passé. De nombreux titres sont réarrangés pour l’occasion, alors qu’on se laissera surprendre par le départ électro de Mon amour m’a baisé comme d’une fantastique version de A l’Origine, véritable épopée rock que beaucoup martèleront de leur poing levé. Aussi éclectique que sa set list, le mélange des genres est de mise, entre morceaux électriques, hip-hop et splendides balades dont il est spécialiste. A plusieurs reprises, on se surprend la gorge nouée, le ventre serré à l’écoute de ces titres qui s’enchaînent et qu’il interprète comme autant de témoignages poignants (bouleversant Ton Héritage). Excellent auteur, compositeur, arrangeur, musicien, mais aussi mélodiste, les chansons, l’une après l’autre, donnent la mesure d’un répertoire qui s’est hissé au fil des années au rang des plus grands.

Alors, sous les hourras de Padam, et avant deux rappels triomphants, ce n’est plus seulement l’image de Gainsbourg qui vient à l’esprit, mais aussi de Piaf et enfin, de Bashung.

« La nuit, putain, je n’oublie presque rien…merci », tweetait Benjamin Biolay à la fin de ces trois jours.

Idem, Monsieur Biolay. Idem.

Benjamin Biolay @ Casino de Paris 2013

Set list : Sous le lac gelé / Profite / La Superbe / Chère inconnue / Aime mon amour / Laisse aboyer les chiens / Dans mon dos / Confettis / Rendez-vous qui sait  / Mon amour m’a baisé / La pénombre des Pays-Bas / Ton héritage / Night Shop / Dans la Merco Benz / Personne dans mon lit / Ground Zéro bar / Quinze Septembre / A l’Origine / Padam // Qu’est-ce que ça peut faire /// Les cerfs-volants / Marlène déconne

Plus de photos sur le Flick’r d’Isatagada

Sept vidéos du concert by Isatagada sur la playlist ci-dessous :

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