Concert en appartement : rencontre avec ROBI

Robi @ Béa's house 2013

Le week-end dernier, ce n’est pas dans leur appartement que Béa et Fabrice nous recevait mais dans leur maison. Quant au concept du « concert en appartement », Paul B. l’a rebaptisé « scène de ménage« .

Paul B., représentée par Patricia Montel – si le nom ne vous dit rien, les « Primeurs de Massy » vous parlent sans doute davantage – organise ce genre d’événement depuis bientôt dix ans. La salle gère le projet, rémunère les artistes pour la soirée – des artistes par ailleurs en résidence – choisit avec soin les abonnés les plus motivés, qui sélectionnent à leur tour les musiques qui leur plaisent le mieux, et les amis qu’ils souhaitent inviter à la fête. Pour ce public pas forcément habitué des salles de concert, le prix est de 5 euros, mais pas vraiment : l’objectif étant de leur donner envie de renouveler l’expérience, ces 5 euros seront en fait déduits de leur prochain concert à Paul B. ; en marketing on appelle ça du gagnant-gagnant.

Lorsque Béa nous a invité mon chéri et moi, impossible de lui faire dire QUI allait être l’artiste que nous verrions ce soir là. Mais voilà, je suis curieuse et le monde est petit. Or Paul B. présentait deux groupes possibles : YOM et ROBI. Tiens, ROBI. Ce serait marrant que ce soit elle, m’étais-je dit. Car j’avais vu à plusieurs reprises son nom circuler dans mes sphères préférées ces derniers temps : aux côtés de Florian Mona pour commencer, qui fera sa première partie à la Boule Noire le 25 mars prochain. Sur la page de mon « ami Facebook » Loïc Suty (Ivox) ensuite, qui y avait posté son clip vidéo l’après-midi même. Sans compter l’article tout frais de ma nouvelle meilleure twamie Valérie Lehoux, qui lui accordait On aime beaucoup dans le Télérama de la semaine – et je ne peux vraiment pas le compter en effet, ne l’ayant réellement lu qu’en rentrant le soir même ; je sais, c’est mal.

Forcément, donc, – car si le monde est petit, c’est qu’il est bien fait – c’était ROBI.

Robi @ Béa's house 2013

Alors qu’on nous fait asseoir (merde, un concert assis !) ROBI se présente en formation LO-FI, clavier (Bertrand Flamain au Bontempi), basse (Stéphane Bouvier, dont on ne devinerait jamais qu’il est un remplaçant), et voix, relayés par quatre mini-amplis qui font le job même si dans le fond, certains auraient aimé davantage de son. LO-FI mais pas acoustique, ce sur quoi ROBI insistera lorsque nous échangerons un peu plus tard : plutôt ne rien faire que de jouer en acoustique, qui dénaturerait complètement sa musique.

Pour une première rencontre, le set semble faire carton plein. Une histoire de rythme sans doute, très présent dans chacun des titres, et qui trouve écho dans l’assistance.

Alors que la vidéo mettait le synthé très avant, sur scène c’est la basse qui prend le dessus. A la fois mélodique et un peu crade, elle relaye parfaitement les intentions d’une ROBI à la voix hyper maîtrisée qui, sans en faire des tonnes, assène avec classe et le ton  juste très exactement des paroles noires en français qui parlent de mort avec zéro patho.

Ses mots, servis par une structure de texte aussi simple qu’efficace, appuient là où ça fait mal : « on ne meurt plus d’amour », nous rappelle t’elle comme le ferait une amazone dernière défenderesse d’un romantisme baudelairien oublié, avant de poursuivre avec une reprise de Trisomie 21 (Je me noie, excellent) ou de marteler « je te tue je te tue je te tue » là où Adrienne Pauly (bien vu, V. Lehoux ^^) ne faisait que « vouloir un mec ». L’authenticité ne fait pas question, la sincérité non plus ; et comme ROBI reste toute en retenue dans la construction de ses chansons comme dans sa gestuelle, l’ensemble passe comme une lettre à la poste auprès d’un auditoire plutôt réceptif.

Le synthé si l’on y revient, à prendre moins de place, a sans doute trouvé la sienne, pour un équilibre si évident qu’on se demande ce que le concert pourrait bien donner avec un tout autre line up. En balance avec le côté brut de la basse, il apporte cet aspect technique des années new-wave qui nous ramène au temps de New Order (pour ne pas dire Joy Division) dans la droite ligne d’une scène française actuelle amoureuse d’écriture et peuplée de LESCOP, AV (avec qui ROBI a joué à Brest) et autres Florian Mona.

Conquis, le public demande un titre en rappel, ou plutôt deux, tant qu’à faire, « avec une petite bière ». Comme chacun est venu avec un truc à grignoter, le concert en profite pour se prolonger par le fameux « moment de convivialité » qui se veut l’apanage ultime du « concert en appartement ». L’occasion est unique de se faire dédicacer un disque et de discuter un peu avec les musiciens.

ROBI est très sollicitée, ce qui permet d’accaparer Franck Loriou, le manager et compagnon de la belle (mais surtout photographe). Il me raconte comment les maisons de disque ne sachant pas vraiment dans quelle catégorie classer le projet, ce premier album de ROBI est sorti en autoproduction sur les Disques de joie, le label qu’ils ont créé. Pour le reste, entre éditeur, agence promo et tourneur, les partenaires sont au rendez-vous, avec le succès que l’on voit dès que l’on creuse un peu. Outre les premières parties d’ARNO et de Dominique A (avec qui elle chante en duo sur le disque) et le concert à la Boule Noire, les articles élogieux sur L’Hiver et la joie sur les plus grands médias sont légion. Mais malgré de belles critiques, ce qui a le plus surpris ROBI, c’est la façon avec laquelle les webzines ont bien davantage encore compris le projet, mon cher Arbobo en tête (le lire ICI sur ROBI ; pour ma part je n’oublierai jamais son soutien indéfectible alors que j’étais encore manager de BLACKPOOL : quand on vous dit que le monde est petit).

Lorsque je peux approcher ROBI à mon tour, c’est pour apprendre qu’elle a vécu en Afrique, puis à la Réunion avant de débarquer à Paris. C’est là que le diminutif de son nom de famille (Robineau) est devenu son surnom, avant d’être celui de son projet musical. Elle  semble ravie lorsque je lui dis qu’au départ, ROBI me semblait être un pseudo d’homme : son prénom, Chloé, lui évoque une féminité empreinte d’une sorte de « mignonnitude » dans laquelle elle ne se reconnaît pas ; ROBI n’a pas besoin d’être un projet sexué. Point.
Chloé fait de la musique depuis dix ans. Avant ROBI, elle avait un autre groupe dans lequel elle ne composait pas ; sans doute, tente t’elle d’expliquer, parce qu’elle ne se voyait que comme une autodidacte n’ayant aucune légitimité à le faire. Pourtant, tout n’a réellement démarré que lorsqu’elle s’est emparée des mélodies : libérée par la présence d’un ensemble musique/textes/voix cohérent, ROBI était enfin « un tout » qui lui ressemblait complètement. Plus facile de convaincre quand on est convaincu soi-même…

Robi @ Béa's house 2013Mais le temps passe et il faut bien les laisser partir, en fin de compte.

Ce qui ne vaut que pour eux car en ce qui nous concerne, après un copieux buffet, il n’est pas question de rentrer dans nos pénates : il est temps plutôt de danser, menés par un hôte bien décidé à jouer les DJ, transformant son salon en dancefloor.

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A vous de jouer à présent, si vous souhaitez à votre tour convier ROBI à jouer dans votre home-sweet-home : il vous suffit d’écrire à lesdisquesdejoie@gmail.com

Gare cependant, vous pourriez bien mourir d’amour.

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Photos et vidéos (c) Isatagada

Davantage de photos sur le Flick’r

Remerciements : Fabrice et Béa. C’était génial, vraiment !

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3 réflexions sur “Concert en appartement : rencontre avec ROBI

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