Aimer. La seule réponse possible.

« #UnPapaUneMaman » était sans aucun doute le hashtag de la journée hier. Avec une quirielle de manifestations organisées un peu partout en France à l’appel de l’association pro-vie Alliance Vita (créée par Christine Boutin en 1993, qui se positionne également contre l’avortement), opposée au projet de loi pour le mariage homosexuel et surtout à la légalisation de l’adoption des enfants par des couples homosexuels.

J’ai suivi ça de loin, pas concernée, forte de mes convictions (j’ai raison ils ont tort / je suis gentille ils sont méchants /…), distanciée.

Et puis, au sortir de ma gare de RER en rentrant du boulot, je me suis retrouvée au beau milieu d’une foule blanche et rose portant force banderolles en chantant, distribuant des tracs et scandant des hymnes et là, le choc. Fin de la distanciation, du regard lointain posé sur ce nième sujet d’actualité, de ma petite protection d’esprit personnelle. De façon très étrange, j’ai ressenti cela comme une atteinte physique, comme si on avait écrabouillé mon armure, piétiné mon espace vital, escaladé l’enceinte de ma forteresse, comme si on m’avait sautée dessus par surprise ; un véritable guet-apens.

Je ne sais pas si j’ai pensé à mes amis homos ou lesbiennes et si je me suis mise à leur place en sortant de cette gare. Je sais juste que je me suis sentie terriblement AGRESSEE par cette foule accostant les piétons avec un discours à peine sûr de lui finalement, comme celui de cette jeune fille d’une vingtaine d’années, si mignonne, si propre sur elle qui avait bafouillé et cherché ses mots pourtant : « On est là pour la défense… » avait t’elle commencé ; avant de faire une pause pour réfléchir à la suite alors qu’une voix hurlait dans ma tête : « Comment peux-tu parler de DEFENSE alors qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’une ATTAQUE ».

Je suis rentrée chez moi le coeur battant, folle de colère et de rage. Mal. Mais avant tout je leur en voulais à tous ces gens ; j’en avais après eux. Vraiment.

Et pourtant j’en connais. Et pourtant j’en aime certains. J’en compte parmi ma famille. Je déteste ce qu’ils pensent et je les aime, eux.

C’est ma fille, au final, qui m’a libérée de ce poids. Choquée par ma virulence qu’elle n’entendait pas reprendre à son compte, très posée, très sûre d’elle, elle a dit simplement : « Mais ils ne sont pas méchants maman, c’est juste qu’ils ne savent pas. Un jour ils comprendront. »

Elle a douze ans. Elle est de cette génération qui fera le futur. Elle sait que la société a déjà changé, de toute façon. Elle a surtout compris qu’il ne servait à rien d’entrer en résistance en se braquant, en se fermant, sans aimer l’autre comme je leur reproche de ne pas le faire.

Et puis ce matin, cette photo publiée par le journal Têtu (AFP, (c) Gérard Julien). Ce baiser devant eux.

UnPapaUneMaman Baiser lesbien (c) Têtu

AFP, (c) Gérard Julien

Aimer. La seule réponse possible.

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2 réflexions sur “Aimer. La seule réponse possible.

  1. Je comprends ton désarroi et ta colère. Les gens comme eux se croient investis d’une mission de paix et d’amour la plupart du temps… mais ils ne savent finalement pas réellement ce que veut dire « aimer »…. ils ont encore un long chemin à parcourir et ne sont sûrement pas heureux comme tu peux l’être…

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