Drôle de journée …

D’accord, on vient de me voler mon smartphone au boulot. Un collègue donc. Horrible ; un traumatisme comme on les lit avec distance sans imaginer vraiment avant de le vivre soi-même. Parce que c’est quelqu’un que l’on connait, forcément ; parce que c’est quelqu’un qu’il faut continuer à voir tous les jours ; parce que tout le monde vous dit qu’il n’y a rien d’autre à faire que de vivre avec. Bref.

Dans ces cas là on peut cumuler les tuiles ou bénéficier de contre-poids salvateurs et dans mon cas, j’avais de la chance. Je devais retrouver Eli et Amaury au Truskel pour le mini concert de François & The Atlas Mountains avant d’enchaîner sur George Michael en symphonique à Bercy avec ma blonde Gégé. Une grosse chance même. De quoi recharger mes batteries de jolies bulles de bonheur.

Me voilà devant le Truskel, bien trop tôt. Je refais donc un petit tour du Palais Brogniard pour reprendre le même trottoir et apercevoir, de l’autre côté de la rue, une silhouette familière. Elizabeth est déjà arrivée (par où est-elle passée ?) et nous arrivons toutes deux droit sur Nico. – « Mais que fais-tu là ? – J’attends Amaury, c’est lui qui m’a prévenu pour le concert ! ». Cher Amaury.

Frànçois & The Atlas Moutains @ Le TruskelIl ne semble pas y avoir grand monde à part nous qui nous imaginons déjà profiter d’un concert plus intimiste encore que prévu. Alors nous prenons le temps (prendre le temps, ce luxe…) et devisons gaiement en attendant le début du set.

Mais nous n’avons pas vu arriver le public et la salle est comble lorsque nous nous décidons à y entrer. Je ne vois rien tellement les gens sont grands ; François n’arrange rien en se tenant assis sur une chaise sur la petite scène du Truskel.

Impossible d’en rester là, alors je me faufile devant où il y a de la place, en fin de compte. Même de cette façon, les gens sont très proches du groupe. Trop proches visiblement pour François qui n’ouvrira que très peu les yeux durant un mini set de cinq titres seulement, hyper acoustique quand je repense aux claviers, synthés, et autres guitares électriques de Rock en Seine. Les belles percus qui m’avaient séduites lors du festival sont bien présentes en revanche. Il en est de toutes sortes, comme cette drôle de boule qui ressemble à une mappemonde vierge ou à une tête de maracas surdimensionnée. D’autres instruments étranges attirent l’attention ; Frànçois & The Atlas Moutains @ Le Truskelpar exemple cette guitare noire qui ressemble à un jouet mais s’avère être un synthé dont Gérald Black, le gentil musicien, me donnera le nom sur Twitter (« C’etait le Casio DG20 ! »), ou encore cette tasse sur laquelle François fait sonner de vieilles clés rouillées.

Un set très différent donc, sans doute trop court et trop acoustique. Bien trop statique compte tenu de ce que j’ai déjà vu du groupe mais enfin, qui semble néanmoins convaincre mes amis. Avec un avantage majeur je dois dire, celui de me faire prendre conscience de la très (très) belle voix du fameux GéraLd dont je n’avais pas pris la pleine mesure à Saint Cloud. Et puis comme d’hab, je sens que de toute façon j’ai passé ce cap au delà duquel une musique m’a apprivoisée. Les signes distinctifs ne trompent pas : écoute des titres en boucle au point que je commence à les chantonner de concert, gros plaisir à les voir, envie dingue de convaincre la terre entière …

Je l’ai déjà dit mais je ne m’en lasse pas : la musique rend heureux. Plus encore lorsqu’elle nous donne des occasions de partager comme après ce set si court que finalement, toute cette fin d’après-midi nous est offerte. Encore une fois, nous avons du temps ! C’est le luxe après le luxe cette vie à mille à l’heure : du temps !! Alors c’est le squat des tabourets de bar du Truskel et le papotage reprend sur fond de blind test musical (personne n’a reconnu les Kooks, shame). Sur les cicatrices, la vie en Province, les courts métrages, les étalages facebookiens, la construction de ma maison, Applause (en concert le 22 octobre à la Boule Noire) et E.T. on the beach (qui changerait bientôt de nom) aussi, bien sûr. Les moments privilégiés sont rares. Il faut les savourer.

La demie de dix-neuf heures sonne la diaspora. J’ai en tête d’être à 20h à Bercy histoire de ne pas faire attendre Géraldine. Hop hop hop je passe les contrôles avec mon appareil photo miniature sans aucun problème et traînasse un peu devant le stand des tee-shirts avant de m’installer. Privée de téléphone, je suis injoignable et nous avons décidé de nous retrouver directement à nos places, puisqu’elles sont numérotées.

Mais le temps passe et Géraldine n’arrive pas. A 20h40, un couple, en revanche, revendique mon siège et le siège voisin qui est normalement le sien. Incompréhension. Sortie des billets et là, stupeur. Le mien affiche la date de la veille… et je comprends que ma Géraldine est certainement restée à la porte… Le couple accepte que j’utilise leur téléphone pour la joindre. Elle me confirme que son billet n’est pas passé aux contrôles (pourquoi le mien donc, mystère …) et m’enjoins de rester, puisque j’ai réussi à entrer. Je raccroche, un peu abasourdie et remonte l’escalier jusqu’à une place libre pour m’épancher aussitôt auprès de ma nouvelle voisine qui trouve l’histoire incroyable et semble ravie d’avoir une dangeureuse fraudeuse à ses côtés.

Encore assommée, il ne me faut pas trois heures cependant pour juger la situation insupportable. Rester là en repensant à la joie de cette soirée que nous devions vivre ensemble et la savoir dehors sur le chemin du retour devient tout à coup impossible. Ma décision est prise et j’emprunte alors un deuxième portable en croisant les doigts pour que ma Gégé ne soit pas encore tout à fait partie.

Je la rejoins finalement à l’extérieur du POPB pour la trouver en larmes, alors que dans un moment de faiblesse elle m’avoue qu’elle avait payé ces places contrairement à ce que j’avais compris. Le billet qu’elle m’avait offert était pour son fiancé qui n’avait pas pu se libérer et il était pour elle hors de question que je la rembourse (la Bretonne est têtue, qu’on se le dise). Bien sûr, c’était George Michael (que j’avais adoré pourtant en 2006), mais en la voyant je suis doublement heureuse de n’être pas être restée en l’abandonnant. La soirée se termine dans la brasserie du coin entre une planche charcuteries / fromages et des verres de vodka / glaçons qu’elle touchera à peine.

On a beau adorer la musique, en faisant le bilan de cette journée je me dis qu’ il n’y a pas grand chose de mieux dans la vie que de passer du temps avec les gens qu’on aime, sans discussion possible.

Drôle de journée.

Belle journée.

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