The Rapture @ La Maroquinerie – 5 Septembre 2011

The Rapture @ La Maroquinerie

Quoi de plus jouissif que de faire l’école buissonière un jour de rentrée des classes ? A vrai dire pas grand chose, auraient pu répondre même les plus déprimés de septembre sur le chemin du concert de The Rapture à la Maroquinerie.

Cinq ans après son dernier album, les New Yorkais y présentaient In The Grace Of Your Love dont la sortie française était précisément programmée pour ce lundi. 

Précédé d’une première partie catastrophique (Beaty Heart, à voir ICI), The Rapture était pour le moins attendu pour ce concert sold out en un rien de temps. Devant moi, Nicolas Nerrant (de la prog de Canal+) redescend d’une marche, ravi que je l’accuse d’être grand (« on ne m’a jamais dit ça ! ») tandis qu’à ma gauche, Ophélie qui The Rapture @ La Maroquineriecouvrit l’an passé  leur performance au Pantiero me révèle que la girl friend du leader est française et qu’il adore Paris, où l’album fut enregistré en grande partie. Une marche derrière, mon frère et sa belle qui nous ont rejoints piaffent d’impatience, des souvenirs de concerts de 2001 plein la tête. C’est dire si je suis bien entourée et si, surtout, la salle est remplie d’afficionados conquis d’avance.

De mon côté, je ne les ai encore jamais vus en live et j’attends avec impatience la transposition scénique des albums déjantés qui m’ont vue danser dans mon salon toute seule un beau soir d’hiver, sous les yeux hallucinés de mes proches  (merci @NicolasBrunet pour la découverte). En fait, je suis prête à sauter toute la soirée s’il le faut et d’ailleurs, je m’y attends. Car il y a dans ces albums un mélange funky de dance, d’électro et de punk propre à faire pêter les plombs de la plus jouissive des façons.

The Rapture @ La MaroquinerieEt puis. Et puis les premiers titres défilent, pas franchement les plus dansants ni mes préférés, et je ne suis pas vraiment dedans. Certes, les récents In The Grace Of Your Love et Never Die Again sont bons, mais leur tempo un peu trop lent, un peu trop pop, me donne l’occasion de laisser divaguer mon esprit. J’analyse trop sans profiter pleinement, ce qui est mal (indeed). Je crois, pour commencer, que je suis un peu déçue par l’aspect général du groupe. Jean sans forme et tee-shirt flottant, le look du chanteur n’a rien du costume de scène et ne vend pas du rêve. Nous sommes loin, et de la hype Parisienne et de la hype New-Yorkaise … et de la hype tout court. Si si, il en faut. Au moins un minimum. Sans compter que Luke Jenner, pas du tout raccord avec le punk de sa voix aïgue, a de jolies bouclettes et l’air doux du gentil rêveur. Envolés, donc, mes espoirs fiévreux d’une hystérie sur scène période Echoes; le groupe s’est assagi sans doute, à l’instar de son leader, devenu papa entre temps. Même s’il reste impressionnant avec sa voix aussi théoriquement casse gueule qu’elle est irréprochable sur des parties chantées plutôt difficiles. The Rapture @ La MaroquinerieCurieusement, elle ne fatigue pas sur la longeur comme elle le fait parfois sur disque – pas toujours évident, une voix aussi haut perché. C’est entendu donc, le type est excellent et fait son show sans démériter, avec son sourire sincère et sa générosité mais quoi ? On s’attendait à du border line, et là …

C’est encore tout neuf tout ça, alors je balaye le reste du groupe. Le batteur, qui assène un impeccable rythme binaire. TRES binaire. Pas un gramme de folie à se mettre sous la dent. A l’extrémité droite de la scène, le deuxième clavier qui officie également aux choeurs et à la basse. Quasiment pas éclairé pour la partie gauche de la salle, on pourrait presque ignorer sa présence. Pas folichon.

Et puis. Et puis les titres défilent encore et la mayonnaise commence à prendre. Forcément, House Of Jaleous Lovers me rend dingue. The Rapture @ La MaroquinerieGabriel Andruzzi avec sa coupe New Wave à la Duran Duran et sa pomme d’Adam proéminente, a délaissé clavier et saxophone pour aller chercher le public en bord de scène avec sa cloche. En face, le défoulement est à la mesure dans cette Maroquinerie qui saute enfin partout sans retenue, malgré la chaleur.  La guitare énervée de Echoes prend la suite avec bonheur et continue d’exciter la foule, d’autant que c’est au tour du chanteur de mouiller le maillot en slammant sur un public ravi. Lui succède Olio qui fait d’ordinaire pleurer Ophélie, laquelle se laissera possiblement distraire, cette fois, par un Luke descendant dans la fosse aussi loin que le fil de son micro le lui permettra. Olio qui n’aura pas de fin, mixé dans le départ de Come back To Me et son sample d’accordéon, juste avant l’efficace How Deep Is Your Love et son imparable clavier (en téléchargement gratuit ICI) chargé d’achever une Maroquinerie qui sue à présent à grosses gouttes.

En fond de scène, le rideau noir a remplacé la tenture rouge, accompagnant le départ des musiciens. Non, The Rapture n’a joué ni I Need Your love ni Sister Savior. Il est donc impossible que le concert en reste là et personne ne semble surpris de l’évident rappel.

The Rapture @ La MaroquinerieSauf que l’euphorie sera de courte durée avec  deux titres seulement, le lancinant Sail Away, suivi de It Takes Time to be a man, plus motown que dansant, avec un coup de projo sur le producteur Philippe Zdar (Cassius, Phoenix) présent dans la salle et un déluge de compliments à la clé. 

Deuxième départ du groupe et nous nous regardons, incrédules alors que nous comprenons que cette fois, il ne reviendra pas. Frustrés par un set bien trop court (quand on aime), le verdict de la montre nous fait revenir à la raison : une heure et vingt minutes, tant que ça ? De l’avis général, on n’a pas vu passer le temps. 

La frustation demeure, amplifiée par l’absence d’un disque qu’on n’aura même pas pu se procurer sur place. Symbolique ultime, tandis que le saxo ira attendre le tour bus et sa remorque avant de jouer les roadies, c’est I need Your Love qui sera chanté à tue-tête dans les rue de Paris, alors qu’elle n’aura pas été jouée ce soir…

The Rapture a atteint sa vitesse de croisière, on dirait, celle qui permet de sortir de sa niche étroite pour s’offrir au vaste monde. Décidément, il faudra acheter ce fichu disque.

 

Toutes les Photos sur le Flick’r  / Vidéos sur le Youtube d’Isatagada

 

Set List* :

In The Grace Of Your Love / Pieces Of The People We Love /Never Die Again / Get Myself Into It / The Devil / Killing / Whoo! Alright, Yeah… Uh Huh / House Of Jealous Lovers  /Echoes / Olio / Come Back To Me / How Deep Is Your Love? // Rappel : Sail Away / It Takes Time To Be A Man

* En gras, les titres du nouvel album / soulignés, un clic renvoie vers la vidéo

 

The Rapture sera en concert le 12 novembre au Grand Mix à Tourcoing (59) et le 16 novembre au Cargo à Caen (14) – Concert anniversaire pour les 10 ans du label au 104 (Paris) le 19 novembre 2011.

 

 

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