Chronique d’album – Pierre Lapointe Seul au Piano

« Merci à tous ceux qui ont croisé mon chemin ; merci de m’avoir permis d’être ce que je suis, un être parfait et surtout très beau ! Merci à la vie de me permettre d’être aussi arrogant. Je vous aime !!! Pierre Legrand. »

Si ce que Pierre Lapointe écrivait en 2004 sur le livret de son album éponyme a pu brouiller les pistes, on plaint ceux qui seraient passés à côté de ce Canadien francophone prodige, forte personnalité s’il en est, à la fois compositeur génial, auteur singulier, performeur aussi exceptionnel que drôle, inoubliable sur scène.

Arrangements éblouissants, musiques plus apparentées au classique qu’à la chanson, langue aussi savante que truculente, textes parfois surréalistes, voix puissante et théâtrale, Pierre Lapointe n’est pas un adepte de la demi-mesure, délivrant de véritables pièces d’une originalité parfois foudroyante.

Certains ont parfois besoin de se protéger en en faisant des tonnes, preuve d’une sensibilité soigneusement dissimulée sous un joli vernis, le plus épais possible. Ce faisant, en ces temps où tout va trop vite, Pierre Lapointe aurait très bien pu ne jamais atteindre l’oreille pressée.

Avec cet album en piano-voix, dépouillé de tout artifice, l’artiste ose cette fois la vulnérabilité. En s’exposant, il adoucit au passage des titres les plus « virils » (Les sentiments humains), met en valeur ses textes oniriques (Le lion imberbe), offre l’occasion de s’attarder sur la grâce poétique de son écriture (De glace) ou de découvrir ses chansons comme à l’heure de leur création originale, au piano.

Une belle preuve de confiance, cadeau d’intimité agrémenté de titres rares (L’amour solaire, Moi, Elsie, Maman), offert au public qui le suit sans défaut depuis dix ans et à qui il sait parfaitement ce qu’il doit.

Les amoureux de la grande chanson, celle des Barbara, des Charles et des Serge, s’y retrouveront. Les amoureux de Pierre un peu moins, à qui il manquera sans doute les petites phrases dont l’artiste est friand en concert (l’album a pourtant été enregistré en public) et même peut-être, tout ce vernis auquel il avait apporté un soin tel qu’il l’avait rendu attachant.

Pierre Lapointe (c) IsatagadaIl faudra attendre le rappel, avec Reine Emilie et Au bar des suicidés pour le retrouver un peu moins sérieux. Et La boutique fantastique, en morceau caché (une spécialité maison) bijou burlesque et jouissif qui ne figurait que sur la maquette de ses débuts, pour le retrouver tout à fait : « Parce que c’est moi le plus beau, c’est moi le plus grand, c’est moi le plus élégant ».

Nul doute, si Pierre Lapointe a bien voulu se déshabiller un peu, Pierre « Legrand » ne le laissera pas de sitôt prendre toute la place.

On s’en réjouit.

 .

Pierre Lapointe seul au piano, sortie le 7 février 2011 (Wagram)

En concert au Théatre de l’Atelier (Paris) le même jour.

http://pierrelapointe.com

Article publié sur Discordance.fr

.

Pierre Lapointe « Amour Solaire »
envoyé par wagramlabel. – Regardez la dernière sélection musicale.

.

Quand Pierre Lapointe joue les comiques :

Publicités

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s