FESTIVAL FNAC INDETENDANCES 2010 * Avec : Arpad Flynn – Pamela Hute – Vismets – JP Nataf & friends

Le gros coup de cœur du jour a pour nom Arpad Flynn, et il est Stéphanois.

Arpad Flynn @ Fnac Indétendaces 2010Bienvenue sur le parvis de l’Hôtel de ville pour cette deuxième journée de festival Fnac Indétendances 2010 qui démarre fort et sous un grand soleil. Gros contraste avec la musique du groupe estampillée « dark », qu’on verrait bien volontiers dans une ambiance de salle obscure, en fin de soirée, après quelques verres. Ca ne semble pas les gêner pourtant, leArpad Flynn @ Fnac Indétendaces 2010s Arpad Flynn, pour balancer sans complexes leur musique entre new-wave et rock underground, influencée par tout ce qui se fait de bon dans le genre, de Talking Heads à Joy Division, en passant par Sonic Youth,  finalement 100% power pop. Et si les titres sont dansants, portés par un clavier et une basse très marqués années 80 (le bassiste a le total look et s’appelle Simon, ça ne s’invente pas), Arpad Flynn tire sa force d’un chanteur hors normes hyper enthousiasmant. Alex, leader en chef, n’a pas seulement la gueule du rockeur crade juste ce qu’il faut (pattes qui descendent bien bas sur les joues, barbe de trois jours, tee-shirt Blonde Redhead), il en est l’incarnation vivante. Habité, parfois en transe, électrique, il hypnotise le public qui ne peut détacher son regard de ce type à la voix bluffante digne d’un Robert Smith à ses débuts. Il faut bien le dire, malgré les annonces lues ici et là, rien ne nous avait préparé à une claque de cette ampleur. A suivre absolument.

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Pamela Hute @ Fnac Indétendances 2010Pamela Hute prend la suite et aurait certainement été LA découverte du jour si on ne les connaissait pas déjà. Champions de la cold-wave française, les trois complices aux personnalités fortes et aux prénoms peu communs (Igor, Ernest et Pamela) écument les scènes de France et de Navarre depuis de nombreuses années, livrant un set net et sans bavures, le seul Pamela Hute @ Fnac Indétendances 2010qui puisse vraiment convenir à de tels perfectionnistes. Ernest, gaucher et fan d’Elvis (visez un peu le personnage collé sur sa grosse caisse), est un magicien du rythme malgré une batterie minimaliste. Igor, aux claviers, est l’homme orchestre surdoué qui rend le bassiste inutile. Quant à Pamela elle-même, bien à l’abri derrière ses lunettes à grosse monture, vous vous rendrez vite compte qu’elle n’est pas du genre à vous mettre une grande claque dans le dos. Niveau musique, en revanche, elle n’a pas son pareil pour ciseler des titres aux mélodies impeccables (« Don’t Help Me », « Hysterical », « Parachute »), vous dégoter la guitare qui a le meilleur son (en live c’est impressionnant), ou vous convaincre avec un chant à l’avenant. Après tout, c’est bien tout ce qu’on lui demande ; sans compter qu’aujourd’hui, on l’a trouvée très en forme.

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Vismets @ Fnac Indétendances 2010Place aux Belges de Vismets que le programmateur, Olivier Bas, annonce comme « encore meilleur que Ghinzu et dEUS ». C’est ça garçon, tu as encore fumé la moquette on dirait (on se moque mais entendons-nous bien : c’est souvent ce dithyrambisme du découvreur qu’on aime, chez lui). Pour une fois on n’est pas d’accord mais alors, vraiment pas du tout. Certes, il y a bel et bien un air de famille ; ce qui est normal, puisque le chanteur et son frère au clavier sont les cousins de John Stargasm, leader dVismets @ Fnac Indétendances 2010e … Ghinzu justement. Donc. Le même sang coule dans leurs jolies veines et Vismets fait du rock électro ; ils ont même de bons titres, on est d’accord. Mais ensuite ? Quid de la personnalité de la voix du chanteur ? De l’authenticité du projet ? Enfin quoi, sans vouloir faire de procès aux groupes de beaux mecs, la seule chose qui sort véritablement du lot les concernant, c’est simplement cela : une concentration anormale de charmants jeunes hommes au look et à l’attitude savamment étudiée pour faire tomber les minettes ; pari réussi à l’écoute des gloussements dans le public. Cerise sur le gâteau : une désagréable impression ne nous quitte pas devant ce leader qui en fait trop et semble JOUER au mec habité-super-généreux. Pas de chance pour lui, on en avait vu un authentique chez les Arpad Flynn en début de soirée, et la comparaison est sans appel. A part ça, Vismets c’est pas mal quand même, allez. Mais sensationnel, non, vraiment pas.


JP Nataf & friends @ Fnac Indétendances 2010Pour terminer cette deuxième journée de festival, prière d’enfourcher son vaisseau spatial personnel histoire de changer radicalement de planète. Après trois heures de power pop, rock, new wave, cold wave et rock électro, direction … chanson française ! On a un peu de mal à comprendre la cohérence de la tête d’affiche avec le reste de la journée, pour tout dire, car le soufflé semble retomber dans le public. Il en convient sans peine, notre JP Nataf national, la voix des Innocents, qui passera son temps à nous demander si nous avons pris notre duvet, ou à s’étonner de nous voir rester jusqu’à la fin de telle chanson (« d’habitude, les gens s’endorment avant »). Elles sont bien jolies pourtant, les chansons de celui que Benjamin Biolay appelle le « Brian Wilson français », si douces, légères et à la fois subtiles, un régal pour les oreilles. On s’en serait volontiers délectées au bord de l’eau, confortablement installés dans un transat, profitant de ses invités comme autant d’amis de passage dans une chaleureuse maison de JP Nataf & friends @ Fnac Indétendances 2010province, les Mathieu Boogaerts (un vrai pied sur scène), Albin de la Simone ou Mina Tindle. Et particulièrement de « Seul Alone », près de dix minutes sur l’album « Clair », et qui, on vous demande bien pardon Môsieur Nataf, ne donne pas du tout envie de dormir mais au contraire, de se balancer de droite et de gauche comme sur un doux rythme de bossa nova un soir d’été. Alors, si l’on conviendra que le moment n’était peut être pas le mieux choisi et qu’il faut modérer une fois encore les propos du programmateur (« le meilleur album du siècle », rien que ça !), dire simplement qu’on a eu beaucoup de plaisir à ces instants de complicité et de très grande chanson française et qu’en effet, la po(p)ésie délicate du discret JP Nataf, dont la voix est de plus en plus belle, méritait très largement d’être mise en lumière.

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Article publié sur Discordance.fr (cliquez pour les photos by Pascal Boujon)

Pour plus de photos, by Isatagada, cliquez ICI

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3 réflexions sur “FESTIVAL FNAC INDETENDANCES 2010 * Avec : Arpad Flynn – Pamela Hute – Vismets – JP Nataf & friends

  1. Hier matin, entre deux couches de peinture à l’eau, je suis venu longuement feuilleter ce blog. J’y ai laissé un tiot commentaire mais la bestiole tronique n’en fit qu’à sa tête. Alors je viens sillonner à nouveau tes pages en ce début de nouveau jour un peu moite.

    « Beaucoup de musique, quelques photos et surtout des mots » : il ne m’en fallait pas davantage pour que je pousse ta porte, Isabelle. J’ai effectivement profité des vidéos qui donnent l’envie. J’ai téléscopé des noms tout neufs, rencontré mon adoré Bazbaz, suivi le p’tit Rufus dans les méandres de ses rêves. J’ai croisé des critiques de films, des titres de bouquins, des images au grain fin nous poussant à rejoindre les salles enfumées, lâcher nos corps nerveux et nos âmes hirsutes sur le parquet huilé du samedi soir, just for the burst ! Autant l’avouer d’emblée : le rock indé n’est pas ma chope de bière, tellement loin de mes vieilleries traditionnelles plus bluesy ou brutes de gratons, mais j’ai sincèrement pris du plaisir à fredonner les morceaux que tu as mis en exergue au fil des derniers mois. J’ai lu aussi. Je trouve que tu écris beaucoup, bien, net et précis. Alors j’entends déjà la question qui te brûle les lèvres derrière les contorsions élastiques de tes bras graciles : « Est-il convaincu ? ». Pour ce qui est de la mise en scène de tes coups de cœur, assurément oui. Pour la musique elle-même, il me faudra encore du temps. Un espoir : j’apprécie l’ambiance que tu crées sur ce Tagadablog et j’y reviendrai le plus souvent possible, histoire de suivre les nouveautés, de déguster tes mots emmêlés, de décoller un peu vers les riffs cristallins des rockers à venir.

    Merci, Isa, et Stetson bas pour le taf que tu abats ici avec tant d’énergie !

    Max, depuis les plaines à tétanos du Grand Est.

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