FESTIVAL FNAC INDETENDANCES 2010 * Avec : Lisa Portelli – La Maison Tellier – Feloche – Bazbaz – Arno

 

Qu’il semble loin, le temps où le festival Fnac Indétendances prenait ses quartiers d’été et un air de province sous le pont Sully. Las, Paris plage a bel et bien perdu son sable, victime de son succès. « Victime », c’est à voir, car son déménagement, effectif depuis l’an dernier, sert indéniablement les artistes qui s’y produisent, leur offrant une exposition et un cadre qui n’ont que peu d’équivalent. Certes, le charme des bords de Seine a cédé devant la majesté toute parisienne de l’hôtel de ville, mais pour les artistes indé, c’est une chance de conquérir un public chaque année plus nombreux.

C’est bien de charme dont il s’agit à propos de Lisa Portelli. Invitée surprise de cette septième édition, la jeune femme a  réussi l’exploit de captiver un auditoire avec sa seule voix et une guitare électrique. A vrai dire, elle n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle était déjà découverte du printemps de Bourges en 2006. Premier prix de guitare au conservatoire, lauréate Paris Jeunes Talents 2010, la belle joue des chansons à textes intimistes avec la grâce – et les dents de la chance – d’une Vanessa Paradis. Et quand le vent se lève un peu pour emporter ses mèches de cheveux blonds-roux, sa beauté très naturelle complète un tableau qui flirte avec une parfaite définition du « beau ». Un très joli moment.

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« Il y a deux conditions pour jouer dans la Maison Tellier : avoir la classe, et s’appeler Tellier ! ». Pour être honnête, on n’est pas sûr du côté classieux du groupe ; la Maison Tellier serait plutôt un monde d’Hommes où les cuivres sonnent fort, les guitaristes jouent de la Gibson comme du banjo, les deux pieds bien plantés dans le sol, et les chanteurs barbus portent la chemise à carreaux façon viril bûcheron. Pour leur 3ème album « L’Art de la Fugue », le Dieu des mormons et du western est omniprésent et les références fusent dans tous les sens. On retiendra une bible brandie sur le 1er morceau, leur excellent single « Suite Royale » (« on dit que pour détruire un homme, il faut lui donner ce qu’il veut ») introduit par une citation du « célèbre philosophe Patrick Bruel », et un grand moment crescendo avec la trompette d’Ennio Morricone. Pour les revoir, ce sera le 24 novembre à l’Alhambra.

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Un message préventif plus loin (« protégez vos oreilles ») Féloche fait une entrée remarquée. Au milieu de poteaux à plumes, il déboule la bouche en cœur, roulant des yeux dans tous les sens, sa mandoline électrique en bandoulière et son éclatant sourire en étendard. Féloche, coup de coeur de l’édition 2008, a le privilège de revenir cette année avec un premier album, un enthousiasme intact, et un violon en prime. Excessivement généreux, toujours très original, Féloche harangue le public – et les chamans -, danse, se déguise, et offre son « bayou urbain » comme autant de bulles de bonheur salvatrices. Sa complice Léa est carrément formidable, balançant à la foule sa joie de vivre et son sens du rythme avec un naturel incroyable, se baladant avec aisance d’un instrument improbable à un autre. Résultat des courses, on sourit tellement qu’on en a mal à la mâchoire. Une presta joyeuse et enlevée qui se clôt avec une reprise de « Singing in the rain » de circonstance. Le bonheur, c’est communicatif (merci).

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L’intervention du PDG de la FNAC, Christophe Cuvillier, est diversement appréciée. Il vient pourtant rappeler l’engagement de la FNAC auprès des artistes indépendants, qu’il a cœur de faire découvrir à travers ce festival qui leur offre une exposition de premier choix.

Il en faudrait plus pour déstabiliser Bazbaz qui arrive le pétard à la bouche, très, trèèèsss cool sur des rythmes reggae. Avec son dernier album « La Chose », son message est universel et tient en deux mots : la fête, et le sexe. Ses textes parlent donc forcément d’amour et son déhanchement lascif comme celui de ses musiciens multiethniques embarquent le parvis de l’hôtel de ville dans une ambiance 100% « peace and love ». Le garçon a probablement abusé de certaines substances et perd le fil au beau milieu de son quatrième morceau (« Ch’ais plus où on est en ? Et vous vous en êtes ou ?! »). On se dit alors que le concert va en rester là, pour changer d’avis aussitôt : Camille Bazbaz est un habitué de la scène et se reprend de façon magistrale en enchaînant deux de ses titres les plus connus, « Sirènes » et « sur le bout de la langue », de vraies bonnes chansons comme on n‘en fait plus. (A la Cigale le 26 novembre)

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C’est Arno qui fermera le bal de cette première soirée tendance Indé. Niveau substances, il en connaît un rayon, même si les siennes seraient plutôt du genre liquides. A la fois complètement perdu et complètement présent, Arno se donne et s’abandonne sur scène avec une force et un charisme rare. En anglais, français ou néerlandais, le poète Belge passe de la chanson au rock, de la musique orientale au reggae, de l’électro au bal musette avec l’appui de musiciens qu’on entend clairement immenses. La bête de scène à la voix brisée envoie si fort qu’il doit parfois s’asseoir sur sa vieille chaise en bois, sans jamais pourtant s’arrêter de danser. En guise de final, une reprise des « Filles du bord de mer » (Adamo) rend à Paris son air de province avec, dans le public, comme un sentiment de fraternité. La nuit désormais tombée accompagne en douceur le départ d’Arno et cette fin de journée entre soleil et pluie, rage et tendresse. Infiniment touchant.

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Article publié sur Discordance.fr (cliquez pour les photos by Pascal Boujon)

Pour plus de photos, by Isatagada, cliquez ICI

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6 réflexions sur “FESTIVAL FNAC INDETENDANCES 2010 * Avec : Lisa Portelli – La Maison Tellier – Feloche – Bazbaz – Arno

  1. Je connaissais Féloche grâce à « Silbo » et je te serai très reconaissant de m’avoir fait découvrir Lisa Portelli

    Merci Isa !!!

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  2. Même si ce n’est pas ton créneau, c’est joliment rendu ! J’aime bien la façon dont tu écris : accentuer le côté humain sans prise de tête.

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  3. Tu as fait court et …. comment dire « modéré » 😉
    En tout cas c’est une super initiative que ces concerts indétendances qui nous permettent de découvrir de jolis groupes….

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