Flash back : BLACKPOOL à Londres et le blogging inédit d’Alex

15 Septembre 2008 à Londres. BLACKPOOL joue là bas. Je ne sais plus ce qui m’avait empêché d’en être. J’en avais été malgré tout, ceci dit. Lorsqu’Alex (complètement bourré, c’était Londres hein quand même !) m’avait téléphoné après avoir cassé le micro :

– « Isa, qu’est-ce que j’fais, le mec me demande 200 £ !!! »
– « Tu ne lui donnes rien ! Putain il a une assurance !! »

Merde, quand même, on avait financé tout le voyage : transport, hébergement, et eux ne donnaient rien pour le concert. Que dalle. Pas une livre. C’est comme ça. Pour dire que tu as « joué à Londres », tu acceptes tout et n’importe quoi.

On se console en se disant que c’est du marketing, un investissement. Pas tellement mauvais tout de même, grâce à l’interview de Muriel en « direct-live » from London sur radio Néo. Au moins ça se saura, que « BLACKPOOL a joué à Londres »

Pour l’occasion, Alex avait pondu un billet de blog. First time, alors que je le lui demandais depuis longtemps. J’avais toujours aimé ça, les gens qui tissent des liens avec leur public, derrière la toile, les gens qui se lâchent.

Comme s’il fallait le lâcher, l’Alex !!!

J’avais préféré ne pas le publier, finalement. Pour des raisons à la con. Le dénigrement du sandwich au pâté, le chasseur français, la casquette NRA. Alex’s sense of humour. Accroche toi. T’as intérêt à être vachement cool quand même, pour te prendre ça et avoir envie de passer à l’étape suivante. Je m’étais laissée dire que la plupart des gens sur cette planète ne prenait pas tellement cette peine. Et voilà. J’ai tué Alex-le-blogueur. Paix à son âme.

Mister Front Man ne faisait qu’être lui pourtant ; pourquoi changer ceux qui sortent du lot ? Pour les brider ? En faire des pantins policés politiquement corrects ? On se fait tellement chier dans cette vie où personne ne peut plus rien dire ni faire. Nulle part (même plus à France Inter, vous avez remarqué).

Alex n’a jamais dit et fait que ce qu’il voulait, de toute façon. Alex n’a jamais été comme tout le monde.

C’est pour ça qu’il était à la fois insupportable et génial. Ingérable ok, mais bon ; les espèces en voie de dispartition, est-ce qu’on ne doit pas les protéger à tout prix ?

C’est pour ça qu’il est un vrai front man. Un pur un dur, un punk total comme on n’en fait plus beaucoup. Tous ceux qui m’ont dit (et j’en ai vu défiler !) :  « il faut changer le chanteur » n’avaient juste rien compris au groupe. Ces cons.

Je ne sais pas ce qu’il deviendra. Une star ou un clodo. Peut être les deux ; après tout, la vie est longue.

En attendant, vu que je viens de retrouver son texte en farfouillant dans mon ordi, profite, ami lecteur. C’est le premier et dernier blogging d’Alex, de Blackpool. Jamais publié à ce jour. Un scoop quoi.

Londres.

On a bien cru ne pas pouvoir y aller suite à « l’incendie » du 11 septembre dans le tunnel. Enfin Eurostar était chic, la compagnie avait dressé un buffet de macarons, madeleines et café au terminal de la gare du Nord. C’est dire l’ampleur du désastre. Après une longue attente sur le parvis de la gare à griller des clopes, nous partons. Faut dire que de gentils white rastas, nous voyant avec nos guitares n’avaient pas manqué de nous interpeller « Oh ! Vous allez à l’Huma ? – Nan, on va jouer à Londres. – Londres ?! Cool. » Ouais mec, on n’est pas n’importe qui, nous, on est Blackpool, tu sais BLACKPOOL. D’ailleurs L’Huma ce sera pour l’an prochain (la fête parce que le canard, on était déjà dedans cet été).

Eurostar. Evidemment, chaque fois qu’on prend le train, il se trouve un abruti pour déballer son sandwich au pâté que sa mémé lui a fait avant le départ pour pas qu’il ait faim dans le train, on sait jamais, des fois qu’une ligne haute tension soit arrachée, c’est prévenant une mémé. Ca ne rate pas, à hauteur du stade de France, hop, le pâté lâche son odeur douteuse dans le wagon, tel le chasseur lâche le furet dans le terrier (oui je lis le chasseur français). Mais attention, le pouvoir d’achat du français moyen étant tombé bien bas, il ne s’agissait pas d’un sandwich au pâté, mais d’une vraie boîte de pâté pour chat (ou du taboulé saupiquet). La pauvre enfant. Bref, nous quittons le wagon pour la voiture-bar qui nous accueille à bras ouverts « Ouais des alcolos ! » et ça ne rate pas, des tournées de 1664 au prix de la flûte de champagne chez Costes avec cahuètes et tout et tout. La vidéo atteste du désastre.

Day one
On débarque enfin sur le sol de St Pancras, évitant ainsi le violent affront sacrilège de Waterloo. C’est qu’ils font des efforts pour les JO de 2012. Après avoir rejoint nos hôtes londoniens on se retrouve à Camdem, au Camdem Lock, un pub ou il faut faire la queue pour entrer dedans. Donc comme le concept nous paraît moisi – et Hakim nous le confirme – , on se barre au Pound, un complexe bar/salle/boîte avec terrasse fait dans d’anciennes écuries. Parfait. On danse au son de la northern soul, du rockab’ et du n’importe quoi pour finir au Marathon Kebab, qui reste ouvert jusque tard dans la nuit. J’y improvise un live à la guitare acoustique qui séduit quelque auditeurs. Ouais mec, j’ai joué au Marathon Kebab, comme Amy W. et Pete D. C’est un super lieu le Marathon Kebab. Un vieux monsieur passe de la musique improbable comme « Eye of the Tiger » en hurlant dans une sono de kermesse. Génial. High point.
Les plus braves finissent chez Hakim avec un prince Ethiopien et des latinas ou tout le monde s’improvise dj et roi du cocktail (photos à venir). Je sors dans la rue au petit matin, sous un soleil glorieux, pour choper un bus et aller prendre mon petit-déjeuner, continental, pas english hein.

Day two
3 hours sleep. On se retrouve à Spitafield, un grand marché de frippes, fashion etc à Bricklane, et ce le jour du Bestival, le festival de Bricklane. On flâne au son des soundsystems, et on passe faire un tour au 93 Feet East qui est dans le coin, et là dès 18h, la salle pleine, tout le monde danse sur RATM.. Allez hop, bières et punk, c’est reparti. On finira plus tôt que la veille, certains avec des pâtes, d’autres un curry et d’autres encore un sandwich au concombre.

Day three
C’est le grand jour. Ouais mec, notre première date en territoire ami ! Alors on se fait beau le matin, je m’achète même une belle casquette noire NRA qui me donne l’allure d’un gros black ou d’un clodo (ça dépend de mes interlocuteurs et de la distance à laquelle ils se trouvent). Bref, on arrive à la salle, après un p’tit tour à Westminster, Soho. Les balances, les loges, les tags. Cool. Belle salle, gens super sympas, bon faut demander le carton de bière mais ça va. Plein de potes sont venus, ça fait plaisir de les revoir. Ils n’en reviennent pas qu’on puisse venir à Londres pour jouer. Bah ce soir là Stop !Motion et les Beta Rays avec nous, tranquille. Interview live de Londres à la radio avec Muriel septième ciel de Néo, les auditeurs n’ont pas dû comprendre ce que je disais mais c’est dit c’est dit ; Bass-Guillaume a été bon aussi. Hop c’est à nous : Super set, ça joue fort à London, je pète un mic « pok » (voir sur la vidéo à 2:49), on saute partout, lumière blanche. Tout le monde a compris ce que French F**ckers voulait dire.

Bref, on enchaîne en taxi back to Camdem pour aller au pub ou tout a commencé : Madness, Blur, Pulp, tous y sont passés – mais j’ai oublié le nom, c’est un pub rouge et or avec de la bière dedans et une salle de concert au fond. On y jouera la prochaine fois.

Dans la rue on croise un monsieur qui ressemble à Ray Davis des Kinks, il a l’air très gentil, très dépressif. Il sort sa guitare et commence à jouer ses compositions, dont il est très fier. Jolies mélodies, mais les paroles, on dirait du Julien Clerc… On chante un peu avec lui puis on continue, un verre à la main (fuck that Boris Johnson) jusqu’à chez Cricri, notre ancien bassiste qui a choisi de partir à Londres pour bosser chez Lehman Brother, tant pis pour lui.

Guits et moi on part prendre l’Eurostar avec nos guitares, laissant nos camarades distiller le houblon chez Cristophe. Après avoir filé le dernier autocollant Blackpool à Bertrand Burgalat qui attendait l’eurostar à 4h45 comme nous, Guits et moi faisons un peu peur aux gens en riant grassement à nos blagues cryptiques. Un café, un croissant au lard et au cheddard et hop dodo. L’arrivée à Paris est moins fun qu’on l’espérait, on hésite à se faire passer pour Burgalat pour lui choper son taxi qui l’attend avec une pancarte… Ce sera le métro, déguisé en clodo. Ouais mesdames et messieurs qui sentez fort le déodorant du matin, vous qui allez trottinant et le cœur lourd rejoindre vos tours de la Défense, ouais, j’ai joué à Londres moi, j’suis une rockstar.

Merde putain, j’ai vraiment sommeil là…

 

Cette aventure avec Blackpool tout de même. Des hauts des bas, des montagnes russes ; toujours de l’adrénaline, du fort, de l’imprévu, du grand n’importe quoi, de l’intense. C’était grand les gars.

Revenez merde. On s’ennuie à mourrir, maintenant, dans les salles de concert…

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