Chronique d’album : DAhLIA – Une lumière dans les ombres

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La première rencontre – scénique – avec DAhLIA, en 2005, fut un coup de foudre. Le groupe multipliait les concerts et les radios, fort du succès du single A Contre Courant qui leur valut un passage « à la télé » (Taratata). Et puis. Le temps qui passe, l’explosion de la sphère Internet, les doutes, l’industrie du disque qui s’écroule, la « vraie vie » qui rattrape, les labels qui font le ménage. Les petites histoires, et la grande, en somme.

Mais on y est enfin, à ce deuxième album – le troisième, en vérité – : Une lumière dans les ombres, le bien nommé. Qu’il était long d’attendre le retour des DAhLIA et de ce qui les avait distingués. La voix de Guillaume Fresneau pour commencer. Reconnaissable entre toutes. Nasale, à la fois chaude et un peu rauque, grave et pleine, marquant d’un timbre unique un chant singulier et pour tout dire, unique. Le violoncelle d’Armel Talarmain ensuite, autre originalité marquante du groupe, qui donne à la musique de DAhLIA son identité forte. Et les textes enfin, travaillés, subtils, d’autres diront “ torturés ” mais tant pis. D’une grande sensibilité. Intelligents. A l’instar de ceux de sa famille musicale, les Dominique A, les Polar, les Miossec (dont le batteur, Yves-André Lefeuvre a rejoint le groupe) les mots témoignent chez DAhLIA d’une profondeur, d’une épaisseur. Pour mieux dessiner de multiples aspérités qui sont comme autant de prises pour s’accrocher, s’attacher plutôt.

La musique des DAhLIA a pris un infime virage, désormais plus rock que folk-blues, que l’on entend encore un peu bien que Guillaume Fresneau en ait largement habillé son projet solo ReDeYe, sorti dans l’intervalle. Si on n’y prenait pas garde, on pourrait s’arrêter à ces airs qui restent en tête (Une nuit surtout), presque légers, toujours rythmés, et passer à côté du reste. Il suffit pourtant de se pencher un peu pour tomber encore et encore dans les nuits solitaires, la lassitude, les questionnements existentiels, les abandons et l’envie de tout arrêter qui ont manifestement ponctués la réalisation de ce disque. Décidément, ce nouvel album est lourd à crever des fameuses « ombres » qui le hantent et surtout, des « absences » après lesquelles on se demande ce qu’il y aura ou même, s’il y aura quoi que ce soit.

Soudain, on se dit qu’on pourrait bien les perdre, les DAhLIA.

Sauf que. En high ou en lo-fi, euphoriques ou en perdition, seuls ou soutenus, DAhLIA prouve album après album – et avec entêtement qu’il continue d’avancer. Car la musique n’est pas un accessoire chez ces gens là; une « industrie » encore moins. C’est une vie, Une lumière dans les ombres qu’aucun naufrage, qu’il soit conjoncturel ou personnel, ne saura éteindre.

Certainement l’un des tous meilleurs espoirs pour l’avenir du rock français.

 

http://www.dahlia-music.com/

En concert le 15 décembre au Nouveau Casino

Album Une lumière dans les ombres (Yapucca / Anticraft) disponible le 9 novembre 2009.

 

 

 

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