Phoenix @ Paris, le Zénith – 19 octobre 2009

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Août 2006, Rock en Seine. Et j’étais passée à côté de Phoenix. Mais alors complètement. J’avais beaucoup d’excuses : l’album pas encore écouté, Radiohead à venir, et puis, ils n’étaient pas si connus, allez. D’eux, je ne savais que leur origine Versaillaise, la relation du chanteur avec Sofia Ford Coppola, pas de quoi s’enflammer, en somme ; et puis, le concert. Et la froideur de ce type ! Et l’ennui ! 

Quelques semaines plus tard, accro dure à It’s never been like that, je me mordais les doigts de ce rendez-vous manqué, de cette histoire d’amour qui n’avait pas su se reconnaître à temps.

2007. L’album fait un carton, Phoenix fait l’Olympia. J’ai mes places. J’ai mes places ! Et puis. Cataclysme de vie pour le plus mauvais timing possible. Phoenix fera l’Olympia sans moi.

Mai 2009. Sortie de Wolfgang Amadeus Phoenix, qui m’emballe plus encore que l’album précédent ne l’avait fait. Ecouter Fences le matin me met de bonne humeur pour toute la journée. 1901 me fait danser. Aux Etats-Unis, le groupe joue en direct pour le légendaire Saturday Night Live, les dates américaines affichent complet et moi, je préviens tous mes anciens copains de Berkmar High School : un groupe Français avec autant de retentissement là bas, c’est du jamais vu ! J’explose de fierté, évidemment.

Fan, fan, fan. Inscrite à la news letter. Et l’accès aux tickets pour le Zénith en pré vente : priorité, tarif préférentiel. Sur les billets, on peut lire « Fan Club ». C’est vous dire.

 

Lundi 19 octobre. Paris, le Zénith. D Day. En fosse bien sûr. Avec en première partie Chairlift et son horrible volume sonore des fréquences basses. Insoutenable même avec des bouchons d’oreille. On est contraint de fuir. Dommage, ça aurait pu être bien.

Et puis vingt et une heures. Et puis Phoenix. Phoenix enfin. Depuis 2006 ! On y est. Les gars sont six sur scène et enchaînent les tubes sans un mot pendant trente bonnes minutes avant de lâcher, juste après Litzmomania « On a jamais eu autant de monde à Paris. Merci Charly ». Thomas Mars ne communique pas vraiment plus – certains ne savent décidément pas faire – mais dans cette petite phrase de l’homme que je trouvais si froid, il a mis toute l’intention qu’il pouvait ; voire même, peut-être, de l’émotion (on y croit, han). Dans le public les gens sont ravis. Ils se balancent au son de Phoenix et un sourire béat flotte sur leurs lèvres. Le set est rodé, le « band » est à fond, tout est parfait.

C’est peut-être à ce moment que la distanciation se fait. En les regardant, tous ces gens. Parce que la béatitude, on adore ça aussi ; et pourtant rien ne vient. Bien sûr, on danse un peu, on sourit. Bien sûr, on adore la musique – ah ! Fences ! – et c’est sympa, ces éclairages qui isolent les deux musiciens pour le dialogue basse / batterie, les lights qui rythment Consolation prizes, la voix pile dedans, les néons multicolores. Et on entend bien aussi, le mur de basses, les deux batteries sur scène. Mais non. Ah mon Dieu non. Au lieu de partir dans le délire, tout à coup, on pense à deux choses. Aux trois lettres bien léchées du mot POP, pour commencer, qui s’imposent à l’esprit, qui s’inscrivent, là, en très gros dans la tête. Au concert de Cook Da Books, ensuite, qui fait révélation. Car oui, c’est exactement ça. La gentille Vic version 2009 est sûrement là ce soir, avec son boy friend au pull noué sur les épaules et son papa dentiste qui n’a pas de quoi s’inquiéter, vraiment, dans cet environnement si gentil, si accompli, si bien élevé. Et elle crève de bonheur, sûrement, la Vic 2009, lors du rappel en guitare voix (après une heure pile de concert, c’est le moment du rappel, forcément, pour aller jusqu’à l’heure et demi tout pile aussi) , de la reprise de Playground love dédicacé à « Nicolas et Jean Benoit » et du « everything is everything » repris en chœ ur par une salle qui ressent ce qu’elle ressent, elle, et tous les autres.

Mais pas moi. PAS MOI !

Une fois de plus, et malgré le final 1901 (trop rock n roll, le bain de foule dans les gradins … VIP !!!), je suis passée à côté.

Aucune excuse, messieurs les gendarmes. Je suis coupable. Désespérément.

Concernant Phoenix, le disque me suffira bien, désormais.

Notre amour restera « platinique ».

Désolée.

 

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