Sexy Sushi, Stuck in The Sound et SayCet @ Choisy le Roi, Festi’val de Marne 2009

 

En marge de la ribambelle de concerts ponctuant cette vingt-troisième édition, le Festi’val de Marne organisait le 10 octobre dernier la troisième JIMI, ou « Journée des Initiatives Musicales Indépendantes ». En plus de la douzaine de groupes programmés depuis la mi journée, c’est un nombre croissant de structures (artistes, associations, labels, tourneurs, distributeurs, …) qui se sont retrouvées sous le grand chapiteau. Une journée chargée donc, déjà bien entamée à notre arrivée à vingt heures.

 

2541 par pascal boujon

 

Après un rapide tour des lieux, « entamé » est également le mot qui s’impose pour décrire un certain nombre de festivaliers, dont on pourrait légitimement se demander s’ils sont venus faire autre chose que picoler. Ceux là au moins ont du immédiatement adorer SEXY SUSHI, autant que d’autres les ont tout aussi immédiatement détestés. Il faut dire que le duo charge la barque. Sur scène,  » Mitch Silver  » et  » Rebeka Warrior « , tout en déguisement et perruque, tournent une sorte de « roue de l’infortune » en hurlant des paroles ordurières sur des beats electro. On retiendra, par exemple, une longue liste de tous ceux qu’ils « enculent » (les sataniques, les schizophrènes, les fanatiques … « et même ma grand-mère ») ou plus loin, une autre liste (« fils de pute – enfoiré – connard – taré ») que l’on distinguera pour sa longueur en oreille – oui, exactement comme en d’autres endroits infiniment plus distingués, un vin serait long en bouche. Visuellement, on rapportera plutôt des images d’une poitrine dénudée, de simulations de coït avec un appareil photo, ou encore d’une foule invitée à monter sur la scène, la transformant en boite de nuit trash. Soyons honnête : hors toute autre considération, on aurait pu s’en tenir là et classer ce concert dans la catégorie des expériences à oublier le plus rapidement possible. Seulement voilà, outre la caution artistique que le FAIR vient de leur délivrer, difficile d’oublier que « Rebeka Warrior » est cette même Julia qui officie au sein de Mansfield.tya, groupe pour le moins touché par la grâce. Impossible, dès lors, de porter de jugement définitif sur le projet. Qu’il faille prendre tout cela au premier, au dixième, ou même au premier degré, peu importe. Un peu comme on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde, on peut parfois porter un regard bienveillant sur ce qu’on aurait sans doute, venant de n’importe qui d’autre, condamné irrémédiablement. Et oser dire que dans un monde devenu le champion de la censure aussi bien que de l’autocensure, l’existence même d’un Sexy Sushi est rafraîchissante. La salle, d’ailleurs, s’est manifestement amusée.

 

IMG_2681 par pascal boujon

 

Fin de la prestation, et tandis que le petit chapiteau se vide, on se dit que l’occasion est trop belle de se retrouver au premier rang des Stuck in the Sound. Il faut alors faire le deuil des Elderberries, programmés au même moment sous l’Etoile Rouge. Tant pis ; la vie est faite de choix Cornéliens.
Installation du matériel, sound check, et le concert peut commencer. Mais dès les premiers minutes, le groupe à l’énergie réjouissante doit subir les insultes et la bêtise de quelques abrutis décidés à faire mal plutôt qu’à s’amuser. Adieu barrière et premier rang, que les plus jeunes festivaliers devront aussi abandonner à regrets, parfois même en larmes.
Malgré cela, le concert sera une réussite, Stuck in the Sound embarquant la salle comme à son habitude avec une bonne humeur contagieuse et une série de titres imparables en festival. Ouais et Shoot Shoot (clip à venir) sont définitivement les tubes de l’album Shoegazing Kids, au même titre que Toy Boy, toujours aussi fort en live, fut celui du précédent. De notre côté, on votera également pour le morceau le plus calme de la soirée, Teen Tale, tout en regrettant l’absence du très beau Zapruder et plus encore peut-être, du magnifique Playback A.L., notre préféré sur l’album. Et puis, alors qu’on aimait déjà tout chez ces gars là, on se rend compte qu’on peut porter encore autre chose à leur crédit : alors qu’ils tendent pourtant vers la fin d’une tournée à rallonge, les Stuck in the Sound ont l’air de prendre toujours autant de plaisir à être sur scène. Mieux, s’ils n’ont pas perdu certaines « marques de fabrique » (la capuche de José, sa façon de brandir sa guitare en position verticale), ils savent aussi ajouter de petites nouveautés, pour exemple ce soir les interventions du bassiste au micro du chanteur. Un concert n’est alors ni tout à fait un autre, ni tout à fait le même et au fil du temps, on voit grossir visiblement les rangs de ceux qui les suivent avec bonheur. Nul doute que les kids chassés du devant de la scène en feront désormais partie : on les a retrouvés dansant au fond de la salle.
Quant à nous, décidément, on ne s’en lasse pas.

 

IMG_2793 par pascal boujon

 

Direction l’Etoile Rouge où la douceur de la musique nous attire, contrastant avec celle les deux concerts précédents. La salle est plongée dans une quasi obscurité pour une ambiance zen. Les seuls éclairages proviennent d’une boule japonaise suspendue au dessus de la scène, secondée par des panneaux droits – japonais eux aussi. Sur la droite de la scène trône un écran encadré de la taille d’une peinture, sur lequel sont projetées des images en transparence, œuvre en temps réel de Zita Cochet. On aperçoit à peine les silhouettes des membres du groupe mais on est frappé, en revanche, par la présence des machines. Car il ne faut pas chercher de guitare, encore moins de batterie dans l’univers de SayCet peuplé de samples planants, de programmation et de claviers aériens. La voix de Phoene Somsavath, qui a rejoint Pierre Lefeuvre (initiateur du projet) flotte comme le reste, dans une sorte d’atmosphère onirique et ouatée. On pense à Sébastien Schuller, puis à Bat for Lashes. Puis, il faut bien l’avouer : on baille.

Nul doute, il est temps de retrouver d’autres étoiles, et de vrais rêves.

Article bientôt sur Hexalive.com

Photos Pascal Boujon

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