Le FAIR souffle ses vingt bougies pour la fête de la musique

Le FAIR fêtait ses vingt ans hier soir place Denfert Rochereau, à l’occasion de la fête de la musique. Allez, avouez que ça vous fait une belle jambe ! Pourtant vous avez tort. Car sans le FAIR, je parie que certains artistes que vous aimez aujourd’hui (citons en vrac Dionysos, Stuck in the sound, Renan Luce, Deportivo, M, Louise Attaque, et j’en passe) n’en seraient peut être pas là !
Voilà qui mérite une petite présentation.

Le Fonds d’action et d’initiative rock (FAIR) est une association française, loi de 1901, créée en 1989 à l’initiative du Ministère de la Culture, pour soutenir les artistes en phase (difficile) de démarrage, à condition toutefois d’habiter en France. Il ne faut donc pas impérativement être français ni même chanter en français ; en gros, si tu payes tes impôts, tu peux y aller (montrez moi un artiste en début de carrière qui paye des impôts ceci dit). Ce soutien peut prendre la forme d’une aide financière et juridique, d’un relais média (via une compil largement distribuée et des partenariats avec les Inrocks, Libération, France 4, le réseau des radios de la « Férarock » ou encore Oui FM), de conseils en management, de formations, et plus généralement, le bénéficie de son incroyable réseau.
Tous les ans, 15 groupes ou artistes sont « sélectionnés » sur dossier présentant le répertoire du groupe, sa composition, son histoire, les éléments de son encadrement qui attestent d’une démarche déjà professionnelle (manager, éditeur, tourneur, distributeur) et surtout les dates de concert avec, élément le plus difficile pour les candidats compte tenu de l’investissement financier (et pourtant rédhibitoire) : les dates éloignées de la région d’origine.

Pour être honnête, mieux vaut avoir  » démarré  » sa  » carrière  » depuis un bon bout de temps et avoir les appuis qu’il faut, on ne va pas quand même pas aider tous les gars qui mettent leur démo sur myspace. C’est un peu comme dans le temps du patinage artistique, pour faire court : tu prends ton rang dans la file d’attente, tu fais des preuves, et si tu n’as pas craqué d’ici là, faut voir. Ne croyez pas que la musique ce n’est pas du boulot, c’est comme tout dans la vie : ça se mérite.

Trêve de bla-bla, parler du FAIR sans mentionner sa directrice, la célèbre  » Claude  » (presque, on croirait qu’elle n’a pas de nom de famille, à part peut-être  » du Fair  » ; tiens oui, c’est ça,  » Claude-du-Fair « , parfait) serait une faute impardonnable, tant cette dernière est la figure de proue de ce qui est devenu, au fil de ces vingt années, une institution incontournable pour tout artiste qui se respecte. Forte personnalité, Claude est une sorte de super manager, une maman bis à la fois capable de soutenir mais aussi de critiquer pour faire avancer, et rappeler quand il le faut quelques principes  » sains  » (être patient, rester humble, travailler, ne pas oublier les soutiens du début). Pour tout dire, quelqu’un qui compte dans une vie artistique et sans doute, dans une vie tout court (parait que des artistes l’appellent encore quinze ans après).

Pour ses vingt ans, le plateau présenté en ce dimanche soir (et validé par Jack Lang himself que l’on vit longuement du côté du carré VIP) reflétait un peu l’immense fourmilière que représente la famille du FAIR. S’il n’y avait pas tout le monde, (15 artistes X 20 ans, faites le calcul), les guests surgissaient de partout. Après un démarrage avec San Severino (qui ne comprend pas pourquoi le public est là devant une grosse scène plutôt que de flâner au rythme des groupes amateurs et des différentes ambiances ; et croyez moi, il le pense), les premiers invités ont donc débarqué aux côtés de Spleen.


Nicolas Ly, Hugh Coltman et Jules font les choeurs pour Spleen

Spleen et sa musique au groove imparable. Spleen et … trois…  » choristes « . Pas des moindres, car mon homme s’exclame de suite : la vache, mais c’est Hugh Coltman ! (il l’a découvert il y a peu sur scène en shootant The Fugitive Kind pour Hexalive), tandis que je reconnais en celui de droite, avec la chemise en jean, mister Jules himself (Julien Pélissier au civil), rescapé de la Nouvelle Star l’an passé, et chouchou de moi (voir ici ou ). Le troisième larron me dit quelque chose aussi. J’écarquille les yeux. Je dois me tromper. Impossible ceci dit, ne pas reconnaître cette tête là serait faire preuve d’une extrême mauvaise volonté. Je dois donc l’admettre, le troisième choriste n’est autre que l’excessivement beau et talentueux Nicolas Ly à côté du quel j’étais complètement passée au Klubpour son concert avec Applauseil y a plus d’un an de cela, pour m’en mordre très vite les doigts. Je passe donc en mode  » gamine devant son sapin de Noël  » tellement je suis contente. Presque, j’aurais envie de battre des mains. Vu la brochette, forcément, ça groove, ça danse, c’est bon, je suis aux anges.


Jules à gauche, Nicoals Ly à droite

Deuxième changement de plateau et on enchaîne avec Alexandre Kinn. Sorte de Pauline Croze au féminin (incroyables similitudes dans leurs voix), l’auteur du morceau Aude ( » emmène moi loin loin loin… « ) assure seul en guitare voix, sans prétention, et joliment. Hugh Coltman vient l’accompagner de la voix et de l’harmonica, énormissime claque artistique, merci au revoir, la simplicité et l’immensité du personnage ne fait pas question une seule seconde.

Le grand Hugh est aussi de la partie avec les gentils Cocoon, qu’il écrase en un rien de temps. Je n’ai jamais fait mystère de mon incompréhension totale devant l’engouement généralisé que suscitent ces deux là. Univers mièvre façon Disney à la française, chansons inexistantes, voix, charisme et présence scénique à l’avenant, c’est à dire à peu près nuls. On pourrait dire que Cocoon, au pays des Pandi-Pandas et des chatons-trop-mignons-sur-pochette est le Chantal Goya des temps modernes, les mélodies en moins. En revanche, avec The Rodeo et Emily Loizeau en guests, ces deux là montrent qu’ils ont du goût, et c’est déjà pas mal. Même si le contraste entre eux et ces artistes est saisissant, passons ; après tout, il en faut pour tout le monde.

 
The Rodeo à gauche, Emily Loizeau à droite


Cocoon, « trop mignons »

Anaïs prend la relève. Elle a bravé les embouteillages au sortir de sa presta à Vincennes avec la FNAC pour nous chanter ses chansons qui ont plus à voir avec le sketch façon one (wo)man show qu’avec la musique. Question de point de vue car ceci dit, on ne lui dénigrera pas sa place sur scène : elle y est chez elle, incontestablement.

Entrée des Curry n Coco, ennemi officiel numéro 1. Si vous n’avez pas tout suivi, ces deux là ont remporté le CQFD 2008 en écrabouillant BLACKPOOL en finale, et ont enchaîné en obtenant le FAIR, alors que mes gars ne franchissaient même pas l’obstacle des fameuses  » dates en région « . Forcément, je me dois de les détester. Ou pas. Car l’électro hyper efficace des lillois (au passage, je me marre bien lorsqu’ils font croire qu’ils sont anglais au public ; c’était excellent et j’en connais un – Blackpool-Alex pour le pas le nommer – qui a toujours dit qu’il fallait oser ce genre de délire ; trop tard désormais, les C&C sont passés avant) se payent le luxe de délivrer quelques bonnes chansons avec une vraie ligne mélodique. Chapeau bas messieurs, je m’incline (et veuillez accepter ces quelques photos, en témoignage de ma récente reddition).


Curry & Coco en France

Carton rouge en revanche pour Alister qui termine le set à leur côté, et dont l’attitude est pédante, détestable, et le plus souvent à côté de la plaque (on ne lui a pas demandé de faire chanter le public à contre temps, par exemple, ni de venir faire leur rappel). Il paraît qu’à la ville c’est un garçon bien mais peu m’importe à vrai dire, car il est fort probable que je le croise plus souvent à la scène qu’à la ville.

  
Curry (ou Coco ?) à gauche, Alister à droite

Au niveau d’un Coltman, bien que dans un tout autre registre, la claque suivante est encore étrangère avec l’ovni Phoebe Killdeer. Avec sa magnifique chevelure que ne renierait pas Sisi, son guitariste aussi investi qu’on peut l’être et qui suscite de ma part une réaction de sympathie aussi immédiate que le fut la réaction de rejet inspirée par Alister, (mystère de l’humain), et ses deux autres excellents musiciens, Phoebe Killdeer & The Short Straws a bien du mal à convaincre un public de plus en plus crétin et éméché, qui hurle De-por-tivo-De-por-tivo au lieu de les applaudir. On a rien contre nos français mais tout de même, il est difficile de comprendre comment on peut être aussi détestable en face de musiciens aussi impressionnants. Indécent, et, j’en ai peur, symptomatique. Joseph d’Anvers, que je suis ravie de voir enfin sur scène avec eux, n’y pourra rien changer.

 
Sisi-Phoebe à gauche (with guitare-Cédric), Joseph d’Anvers à droite


Phoebe Killdeer & The Short Straws

Les Deportivo sont les prochains, justement, si j’en crois le rider (pour les non initiés, c’est le nom pompeux donné généralement à la feuille de route qui sert de fil conducteur aux concerts) que je parviens à apercevoir en me tordant le coup sur la gauche, endroit où l’on a parqué les VIP et autres pro (hello JB Ambrosini, ami manager des Kid Bombardos et autres GoGo Charltons). Grosse déception, aussi, à la lecture : les DAhLIA, que je me faisais une joie de revoir (et pour tout dire, qui ont décidé mon déplacement de dernière minute) pour un set que je pensais tout à eux, ne sont que les invités des Deportivo, à l’instar de Dominique Sonic. Pire encore, tout semble s’être détraqué pour leur passage : les lumières sont quasi inexistantes, avec la conséquence directe de photos ratées, tandis que le son, brouillon et pour tout dire inaudible, ne permet de prendre la mesure ni du violoncelle d’Armel, ni de la voix de Guillaume (trop de Ricard tue la scène Ricard, qu’on se le dise).


DAhLIA

Ce massacre fait mal au coeur et vu l’heure, donne le signal du départ (RER oblige), avec pourtant les Naïve New Beaters, révélation de l’année semble t’il puisqu’il faudra être fort cet été pour les manquer en festival (à Paris, le 28 juin à Solidays et le 15 août à Paris Plage, et partout tout le temps ailleurs), à suivre.

Long lives le FAIR en tout cas (vous croyez qu’ils m’embaucheraient ?). Quant aux DAhLIA, ils me reverront la prochaine fois, telle la Lassie-chien-fidèle que j’ai du (sûrement) être dans une autre vie !

Toutes les photos en cliquant ICI

Publicités

3 réflexions sur “Le FAIR souffle ses vingt bougies pour la fête de la musique

  1. Ma jolie fée acidulée, au prochain concert de Phoebe Killdeer, vas-y ! Phoebe a une personnalité détonnante comme tu aimes et Cédric toujours aussi délirant sur scène.
    @ voir absolument
    Valy

    J'aime

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s