Stuck in the Sound à Chatenay Malabry – 26 mars 2009

Y’a pas. C’est toujours bien d’écouter un album avant d’aller voir un concert. Encore mieux d’en faire la chronique parce que du coup, on l’a goûté, dégusté, mangé, dévoré, usé jusqu’à la corde (jusqu’au sillon ?), voire digéré, l’album. Et puis, quand il est bon, il donne encore faim…

Autant le dire, ça tombe bien. Parce qu’il faut avoir drôlement faim justement, pour se trainer jusqu’à Chatenay-Malabry, au cœur du campus de la prestigieuse école Centrale où le Festival Chorus des Hauts de Seine programmait Stuck In The Sound. Même quand on habite à côté. Parce qu’il ne faut pas croire : on peut se faire tremper tout pareil quand il pleut, galérer pour trouver une entrée et une place pour se garer, se paumer dans un campus, chercher en vain un fléchage inexistant.

Une fois dedans, il faut encore se fader les Gush.  Je sais, je suis vache. Mais j’aime pas les Gush. Enfin presque pas. Le batteur quand même, il a le truc. Allez, sauvons les Gush pour leur batteur. Et ne venez pas me dire : « y sont bôôôô ». Parce que c’est THE argument qu’il ne faut pas me balancer : on est là pour la musique, ou bien on se la joue boys band y-l-est-trop-beau-y-chante-trop-bien ???? Sans déconner. Ca me donne envie de partir en guerre. Quelque chose de ce genre. Autant je peux comprendre qu’on aime le style mode et Beatles à la fois, le chant (des quatre), les échanges d’instruments, leur indéniable professionnalisme, même leur a capella façon Pow-Wow (et le batteur), autant la gueule qu’on a ou qu’on n’a pas, ça je ne peux pas (me déteste pas, voisine fan des Gush, je t’aime quand même !).

Donc, les minutes passent, les dizaines de dizaines de minutes, et je m’ennuie (même, je m’emmerde) ferme. Le truc sympa, c’est quand même de retrouver au son l’ingé des Housse de Racket. Dont il était le batteur à l’origine mais voilà, la crise dans la musique, ça fait que les groupes passent de cinq à deux sur scène ; trop bien. Tout de même, c’est maigre ; vivement les Stuck !

All right, c’est à eux de jouer. « What » ouvre le bal, pour une intro de set qui annonce la couleur : délibérément punchy. Etudiants obligent. Enchainement rapide avec « Never on the radio », du précédent album, et « Shoot shoot », un peu tôt peut être, car le public est à peine échauffé et ne saute pas encore, même si on sent qu’il a envie et qu’il va y venir (tant pis, j’ai sauté toute seule).
« Ouais », tête de gondole pour le nouvel opus Shoegazing Kids, en remet une couche avant que le groupe ne reparte sur deux anciens titres. J’ai du mal à comprendre la set list. Pour le lancement d’un album, n’en jouer que la moitié dont un instrumental ultra court parait pour le moins étrange. Sans compter que je ne suis pas fan des bordéliques et franchement pas mélodieux « Cramp » et « Dumbo ». Etudiants-diants-diants power ? C’est pour ça ?
Quitte à faire dans la débauche de bruit, José et Emmanuel se font une battle de guitares (spéciale, la guitare de José) dans la foulée. Le grand n’importnawak. Jamais vu un truc pareil. Merde, comment convaincre ma voisine fan des GUSH avec ça ?
Sauf que.
Qui a dit que les Stuck in the Sound faisaient dans le propret ? Qui oserait ne pas sourire ? Humour humour. Ca faisait longtemps que je ne les avais pas vu. J’avais presque oublié.
Que ces mecs là n’étaient pas là pour faire comme tout le monde, qu’ils donnaient dans la proximité, qu’ils étaient là pour s’amuser, jouer comme ils en avaient envie, prendre du plaisir, des attitudes, des poses, sans jamais se prendre au sérieux pourtant.
Et en même temps, tellement sérieusement.
Une vraie revendication.
Face aux formats, aux recettes commerciales, face aux modes, aux dictats en tout genre.
On vous emmerde. On ne fait pas dans le commerce. Et le mieux, tu sais quoi ? C’est qu’on a raison. Ca y’est maintenant, regarde les gens dans la salle. Tu les vois prendre leur pied ? Se lâcher ? Danser, pogoter, slamer (nota : Quentin l’habitué nous aura manqué sur « Toy Boy », remplacé par les I am un Chien qui repartent sans sauter dans le public ; dommage) ? On a raison. On a autre chose à donner, on n’ira rien prévoir, ni calculer « pour que ça marche ». On y va. On t’embarque. Tout est vrai. On a raison. On ne se croit pas meilleurs ni rien. On EST meilleurs. Parce qu’on est vrais. Et parce qu’on est avec vous. Et parce qu’on s’amuse. OUAIS !

Impossible, pour terminer, de ne pas encenser le leader du groupe. José Reis Fontao. Ses yeux à lui, sombres et incroyables, qu’il roule dans tous les sens et puis qu’il fixe, d’un coup. Son énergie pure, sa folie, la tension, l’urgence, presque. Le feu sacré, l’étincelle qu’il allume dans vos yeux à vous, ce qui distingue un artiste d’un autre, sans le moindre doute. Et puis la voix, la très, très, belle voix. Dont on aimerait davantage encore, si seulement l’énergie voulait bien laisser un peu de place à des morceaux plus lents, si seulement l’énergie faisait encore un peu plus de place au beau (on aura adoré Zapruder et Teen Tale, regretté l’absence de Playback A.L.).

Je regarde ma voisine fan de Gush. Elle a le sourire jusqu’aux oreilles elle aussi. Elle me dit « je ne les avais jamais vus ».

Et je pense : « excuses acceptées ».

Set list : What ?! / Never on the radio / Shoot Shoot / Ouais / Cramp / Dumbo / Accoustic / Zapruder / Utah / It’s Friday / Toy Boy / Teen Tale / Encore

Article on http://www.hexalive.com

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