Road trip au Havre w/ Blackpool

Concert en province. J’adore. Partage d’affiche avec le fiston d’un de mes journalistes rock préféré, Jérome Soligny himself. « Excuse moi isa, je viens seulement de trouver ton message, j’étais en Angleterre avec Paul Mc Cartney ». La isa en question ravale sa salive. Wohhhhh. Double wohhhhh car Jérome Soligny est d’un naturel confondant. Un mec simple, hyper sympa, et tout bonnement normal. De mon côté, je suis juste bluffée. Ca commence bien !

Nous apprenons qu’un gros festival a lieu en même temps. Pas de pot, Dionysos et Micky Green seront en concert le même soir que nous, autant dire qu’ils attireront certainement à eux le gros du public … Le bon côté de l’histoire, c’est que Blackpool en profitera pour revoir les Dionysos (avec qui ils ont été à la fac; avec qui, même, Fabrice a déjà joué de la basse sur scène) et notamment leur ami JP Maillard qui a mixé le Blackpool-album.

Départ groupé depuis chez moi après une petite bouffe à la maison que j’avais envie de faire depuis longtemps. Filet mignon de porc aux patates et échalottes, c’est peut être idiot mais quand j’aime les gens j’ai envie de leur faire de la cuisine !

Deux voitures, Steph Kick et Alex dans l’une, Guits Fab et moi dans l’autre. Les coffres sont pleins : Un clavier, un ampli, deux guitares, une basse, une caisse claire, un tom, une pédale de grosse caisse, des disques, des badges, des pyj et des trousses de toilette.
C’est Guits qui conduit la voiture de Pascal. C’est Guits qui se fait arrêter au péage. Sans doute un simple contrôle de routine. Sauf que non. Il pleuvait, et nous nous sommes fait flasher aux jumelles sur l’autoroute … à 142 km … Guits reconnait. Quatre-vingt dix euros de contravention et un ou deux points en moins sur le permis. Gloops. Je culpabilise. C’est moi qui ai insisté pour ne pas conduire. Il est vraiment beau joueur. Mais je me sens mal.

Nous repartons; Fab et Guits parlent musique. D’influences. De choses à tester en répet. D’évolution.
Le contrôle nous a fait perdre un peu de temps. Les autres sont déjà arrivés et ont trouvé porte close. Ils se sont réfugiés dans un autre bar, « L’eau tarie », où le disque de Blackpool tourne déjà ! Incroyable, Alex est tombé sur l’organisateur du gros concert de la soirée (celui où se produit les Dionysos) et discute déjà business avec lui. J’arrive avec ma carte de visite, ce sur quoi la femme qui accompagne Henri (c’est le nom de l’organisateur en question) s’exclame : « ohhh, mais je reçois des mails d’une isatagada ! ». Oui oui madame, c’est bien moi; on est un peu dans la quatrième dimension, mais rien ne se passe jamais tout à fait normalement quand on traine avec le Blackpool-band.

Le McDaids est ouvert, Jérome Soligny et son fils Thomas arrivent au même moment que nous, suivis de près par les deux autres membres des Lipsticks Traces, Grégoire (à la batterie) et Pierre-Antoine (à la basse). Ils sont jeunes, très jeunes, et je pense immanquablement qu’il reste sept ans seulement à mon Martin pour atteindre cet âge là … Présentations, le staff du bar, en l’absence de Laurent (en Angleterre pour cause de mariage) est représenté par son frère Jérome, avec JP pour la salle du bas et Michel pour le son. Seb arrive vers dix-huit heures. C’est le batteur qui joue avec A Guy In Light et nous prête sa batterie (il est du Havre). Merci merci. Les balances se passent plus ou moins bien. On a le temps d’avoir peur : il manque une rallonge, on n’a qu’une sortie mono pour la machine de Fab, les retours grésillent à mort. Finalement Michel met le paquet et à part les retours pour lesquels il ne peut rien, tout s’arrange. L’ambiance est vraiment chouette en tout cas, et les deux groupes s’en vont manger un morceau ensemble avant le concert.

A l’heure dite, peu de monde. La femme et la fille de Jérome Soligny viennent compléter la petite famille, il y a des amis aussi. Il doit y avoir une trentaine de personnes dans cette salle en bas et … 6 entrées payantes !!! Pas grave, les concerts seront deux vrais concerts. Thomas parle entre les morceaux et les annonce; instruction toute paternelle me confiera t’il un peu plus tard. Sa guitare est magnifique, elle brille aux couleurs du drapeau anglais qui est aussi la langue du groupe. Les trois garçons se donnent tout entiers et jouent ensemble. Ils ont « l’attitude », jusqu’au moon-walk pour Pierre-Antoine, qui fait des mimiques incroyables. Les influences sont très marquées Beatles, avec le sceau « baby rockers » qui va bien. Le père de Thomas est heureux. « Alors tu les as trouvé bons ? » lui demandè-je. Il me répond d’un air qui ne souffre aucune contradiction : « il faudrait être difficile ! ». 

C’est au tour de Blackpool. Tout le « monde » n’est pas revenu à la fin du premier titre. Dommage de manquer « Holes », mon préféré. Je quitte rapidement mon stand de marchande (quelle prison !!!) pour venir danser. Le concert va crescendo, pour se terminer par un moment de pure Pumpkins-folie où Alex vient chercher les gens un par uns pour les entrainer avec lui sur la scène. Pierre-Antoine est déchainé, et Kick finit par lui laisser sa basse. C’est du grand Blackpool-n’importe quoi comme j’aime. La fête, la rencontre, « tous ensemble – tous ensemble ! », et surtout si on n’est pas nombreux ! Y.E.A.H. On est vivants. Profitons !
Gros succès, la pêche pour tout le monde et les sourires sur tous les visages. Que demander de plus ?  Des sous ? La foule ? Oui sûrement … je n’en suis pas si sûre en fait…
On se quitte, on s’embrasse, les Lipsticks promettent de venir nous voir jouer au Klub. Jérome demande où nous dormons. Il nous aurait eu chez lui si … Euh oui, nous sommes six … Ce type est juste incroyable pour les standards parisiens !

Direction les Docks que nous rejoignons grâce aux directions éclairées de Michel. Un pass (merci JP) et hop, nous voilà en backstage. les garçons foncent à la console pour tomber dans les bras de JP Maillard. On délire avec Alex dans une salle vide, en rêvant à un public de cinq mille personne. C’est pour bientôt allons, on est tellement prêts !
Nous voici dans la loge des Dionysos version fumeur, seuls Mathias et Olivia Ruiz manquent à l’appel. Alors que je m’apprête à embrasser Babet, elle ne me laisse pas le temps de dire un mot et me sort un « isaaaa, je savais bien que j’allais te voir quand j’ai su que Blackpool jouait au Havre ! » qui me sidère absolument. Les autres sont visiblement contents de revoir les anciens étudiants grenoblois, l’accueil est vraiment sympa. Nous les laissons prendre leur douche, direction le catering avec JP, où les cuisses de poulet de résistent pas au féroce apêtit d’Alexis ! Nous retrouvons là-bas le fameux Henri-organisateur, rencontré plus tôt dans l’après midi. Tout ça est un peu surréaliste tellement cela semble normal. Mais pour moi qui ai trainé si longtemps de l’autre côté des barrières, je sais bien qu’il n’en est rien …
De l’autre côté des barrières justement, il y a des fans. Alex signe des autographes sur l’article des Inrocks que j’avais imprimé en nombre. « C’est le chanteur de Blackpool ! ». Grand moment.

Happy Pumpkins Halloween !

Nous faisons un essai (non transformé) sur une péniche pour la toute fin de soirée. Guits et Steph n’ont rien bu pour pouvoir prendre le volant. Je sais que ça leur coûte. Je ne suis pas certaine qu’ils sachent à quel point ça compte pour moi et à quel point c’est le genre de détail qui donne envie de continuer toute cette route avec eux.
Finalement tout le monde se rend à l’évidence : il est plus de trois heures du mat et il serait temps de trouver l’hôtel. Après que nous nous sommes perdus (un peu seulement) au milieu des cheminées lance-flammes qui donnent aux alentours un air de fin du monde (mais c’est beau !), Steph décide qu’il n’arrivera jamais à dormir et qu’il ferait aussi bien de reprendre la route pour Paris. Je reste avec les deux Guillaume. Ils auront trop chaud et moi, trop froid.

Le retour dans le brouillard donne une dernière occasion de prendre quelques clichés. Kick dort à moitié, tandis que Guits me raconte le Japon, la Hollande, et un peu d’Alex. Sans excès de vitesse.
J’ai juste envie d’être à la prochaine fois …

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Une réflexion sur “Road trip au Havre w/ Blackpool

  1. ça fait du bien à lire un tel post. Ben oui ! c’est une très belle aventure humaine que tu vis. J’aime bien ton étonnement face à l’attitude « normale » des personnes que tu rencontres. Super le clin d’oeil happy pumpkins halloween. LoL j’adore cette chanson, hâte de l’entendre et surtout de danser dessus.
    Tu as vu l’adorable Babet !!!!!!!!! De très belles rencontres au Havre !
    plein de bizouilles
    @+
    valy

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