Festival Fnac Indétendances J2 ! Rubin Steiner, Tanger et The Bellrays

Après un hommage rendu à chanson, la deuxième soirée de concerts était estampillée  » rock « . Lancement des festivités à dix-sept heures avec Demago … qu’on est obligé d’avouer qu’on a raté. Dommage : leur titre  » Respirez « , présent sur la compil Fnac Indétendances, nous avait mis l’eau à la bouche. Deux fois dommage même, pour un groupe élu  » artiste du mois de juin  » sur hexalive.com. Soyez bons de ne pas tirer sur l’ambulance …

Rubin Steiner va nous faire oublier bien vite notre mauvaise humeur.  » Ça fait longtemps qu’on se tournait autour, annonce Olivier Bas, on a attendu pour les programmer, on voulait surtout que ce soit le bon moment pour eux « . Le groupe en serait-il à un tournant ? Il semble que oui, avec ce troisième album  » Weirds hits, two covers and a love song  » (traduisez  » des tubes bizarres, deux reprises et une chanson d’amour « ), qui fait glisser le son électro du groupe vers des sonorités plus  » rock  » avec l’arrivée d’instruments live et le chant.
Rubin Steiner  » est  » trois sur scène ce soir (ils sont cinq en formation complète). Il y a Fred au chant et à la guitare, Lionel aux claviers et à la basse, Stéphane à la batterie. Parfois Lionel offre un deuxième chanteur au groupe, avec son large sourire (attention, piège à filles). Parfois aussi, l’énergie du groupe prendrait presque un aspect métal. Toujours, on retrouve les beats et bidouillages électro qui nous projettent sur le dance floor.
Dans le public, les fans ont visiblement répondu présents et connaissent certains titres par cœur. Comme c’est excellent, les non-fans leurs emboîtent volontiers le pas et reprennent à leur tour les  » Oh oh oh …  » d’  » Another Record « . Au passage, le front man fait de la pub pour les disques en général et les vinyles en particulier ( » je ne sais pas si je suis devenu vieux, mais j’aime toujours ces objets « ). La présentation FNAC fait mouche en mentionnant un mariage entre Nirvana et Happy Mondays, c’est vous dire à quel point le mélange est enthousiasmant. Pari réussi du côté du public qui adhère complètement. Quant au groupe lui-même, il est manifestement aux anges comme en atteste le  » message subliminal sur l’ampli guitare  » ; on peut en effet y lire :  » TOTAL HEAVEN « . Après avoir dansé des deux pieds, on applaudit des deux mains : c’est du 100% pour tout le monde. Gros succès.


Rubin Steiner @ Paris Plage 2008
L’album entier : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157606439426108/

Rubin Steiner en vidéo :

Petit tour en backstage pendant le changement de plateau. Il n’y a pas le tiers du monde de la veille, et le staff est venu avec ses enfants (il n’est jamais trop tôt pour commencer !). On circule aussi bien dehors où les gens sont partis faire un tour avant le groupe suivant.

A l’heure dite, on commence par une présentation de Tanger qui laisse deviner une longue histoire :  » Avant, ils étaient  » ailleurs  » ; maintenant qu’ils sont sur un label indépendants, on peut enfin les programmer. J’espère que vous les aimerez. Je leur fais confiance.  »
Le groupe entre en scène et assurément, certains ne sont pas prêts à sacrifier à la mode converse des rockeurs branchouilles. Christophe, le guitariste, a son pantalon noir rentré dans des Tiags du plus  » bel  » effet Western, un cuir noir bordé de léopard, et une coupe new wave comme on n’en voit plus. Philippe, le chanteur, est en polo noir à bord blanc et veste à col droit assortie qui lui donne un air de membre du groupe Gold malgré le sacrifice moderne consenti aux Rayban  » masque  » de l’été. Entre la présentation en demi-teinte d’Olivier Bas (« je leur fais confiance »), et ça, on a un curieux ressenti. Que les premiers instants du set viennent confirmer : les textes (en français) sont à rallonge et sentent la révolte d’ado : ouh, le vilain monde moderne dans lequel tout serait JT … (on pense à la vieille caricature de Florent Pagny version Inconnus « vous êtes vrément … très très méchants »). Le public, s’il ne s’enfuit pas, se raréfie. Tanger a des fans de longue date mais auprès des badauds de Paris Plage, il ne fait pas recette.

Sauf que. Au fil des morceaux, on s’apprivoise. On les écoute ces textes, dont la sonorité tranche nettement avec le consensus généralisé qui dit qu’en dehors de l’anglo-saxon il n’est point de salut. On s’en souvient, qu’avant d’être cynique, on avait été idéaliste et capable de révolte. On la reconnaît, cette musique rock tellement classique qu’on en avait presque oublié à quel point c’était bon, ces grandes envolées de guitare électrique capables de vous plaquer au mur et d’exploser les amplis. Le responsable de ce véritable pied auditif a d’ailleurs tombé la veste pour exposer la nudité d’un torse luisant de sueur sous le soleil, une image de la vierge tatouée sur le cœur (comme on voudrait s’appeler Marie !). Le pied devient visuel, la température est montée d’un cran, au propre comme au figuré. Guitare et sexe baby !

Nina Morato, en rouge et dessous argentés visibles, viendra participer à la fête pour un duo qui sent le vécu ( » Parti chercher des cigarettes « ) . Plus tard, Philippe se fera plaisir en chantant  » j’aime regarder les filles, qui marchent à Paris Plage « .
Finalement, on ne sait plus quoi en penser, des Tanger. Sont ils dépassés ou survivants d’une époque  » rock français  » à la Téléphone engloutie dans la mondialisation ? N’auraient-ils pas raison, face aux soit-disant groupes  » décalés  » tous engouffrés dans le même tunnel, d’être au delà des modes ?
Quelque soit la réponse, forcément personnelle, le guitariste Christophe Van Huffel restera la grosse claque de la soirée. Et ce n’est pas un autre Christophe, l’homme d’  » Aline  » et des  » Mots Bleus « , qui l’a choisi pour réaliser son nouvel album, qui dira le contraire.


Tanger @ Paris Plage 2008
Toutes les photos : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157606443727747/

On retourne en backstage pour en ressortir aussi sec, mouchée par une accompagnatrice de monsieur super sexy (mais siii, le Christophe !) qui me dira, du haut de son mètre quatre-vingt et avec le mépris caractéristique de ceux qui savent qu’ils ont la meilleure place, après un appareil photo dégainé trop tardivement :  » on est pro ou on ne l’est pas « . Entre filles, pas de quartiers.

Tanger en vidéo :


mention spéciale pour la ligne de basse / clin d’oeil

La nuit tombe peu à peu et accueille The Bellrays, très attendus. Depuis leur premier album en 1993, les américains ont acquis une solide réputation scénique et affirmé leur identité. Groupe hybride, ces quatre là ont refusé de choisir entre hard rock et soul, emmenés par une chanteuse noire incroyable, sorte de sosie de Tina Turner (en non décoloré). L’énergie dégagée est monstrueuse, la voix de Lisa, immense, quant au public, il est aux anges. On passe d’un style à l’autre, d’un rythme à l’autre sans jamais se lasser et se diriger, en guise de bouquet final, vers le clou du concert : une reprise de  » Highway to Hell  » jouissive à laquelle participera notamment notre présentateur en chef.


The Bellrays @ Paris Plage 2008
Toutes les photos : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157606440311256/

The Bellrays en vidéo, « Highway to hell » cover

Le bonheur à Paris Plage, si je veux. Même l’orage d’été aura patienté jusqu’à la fin des festivités.

Cet article a été publié sur Hexalive.com

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