Radiohead 2008 : Bercy et Nîmes

Radiohead aux Arènes de Nîmes – 14 juin 2008

Retour difficile de province après le deuxième concert de Radiohead de la semaine. Frustration de savoir qu’il y avait encore un concert le dimanche, de retrouver la pluie aussi … Frustration surtout de n’avoir pas retrouvé (même si je m’y attendais), la puissance émotionelle de ce concert à Rock en Seine il y a deux ans (relire le report ICI, où je compare carrément l’événement à… la perte de ma virginité).

A Bercy le mardi, une installation en gradin m’avait empêché de complètement me fondre dans une set list qui, pourtant, n’était pas loin d’être idéale : 26 titres, dont ceux que je préfère, avec simplement deux regrets peut être : l’absence de 2+2=5 et de Exit Music For A Film. Mais peut-on tout avoir avec une telle discographie ?

01. 15 Step / 02. Bodysnatchers / 03. All I Need /04. Airbag / 05. Nude / 06. Pyramid Song / 07. Weird Fishes/Arpeggi /  08. The Gloaming / 09. Dollars And Cents / 10. Faust Arp / 11. Videotape / 12. Optimistic / 13. Just / 14. Reckoner / 15. Everything In Its Right Place / 16. Fake Plastic Trees / 17. Jigsaw Falling Into Place /

1er rappel : 18. House of Cards / 19. There there / 20. Bangers’n Mash / 21. The National Anthem / 22. How To Disappear Completely

2ème rappel : 23. Super Collider (nouvelle chanson) / 24. You And Whose Army / 25. Karma Police (dédicacée aux Bat for Lashes) / 26. Idioteque

Malgré des problèmes de son, n’importe qui aura été bluffé par les immenses progrès en chant d’un Tom Yorke qui, avec sa bande, sait décidément tout faire : de la pop au rock, en passant par de l’électro saturée ou à l’exact opposé, des instants minimalistes comme les acoustiques duo de guitare/voix (Faust Arp) ou piano/voix (Super Collider, nouvelle chanson). Une large place laissée à Kid A, des musiciens barrés dans leur univers (les danses tribales de Thom Yorke, les choeurs franchement très réussis d’Ed O’Brian, les délires musicaux de Jonny Greenwood) quelques très beaux moments (au premier rang desquels Fake Plastic Trees, qui n’avait pas été jouée la veille, comme un bon tiers de la set list, Pyramid Song, Everything In Its Right Place, All I Need, There There et How To Disappear Completly, décidément la plus belle du groupe à mon sens), même du théatre comique (les mimiques et jeux de caméra de Thom Yorke sur You and Whose Army), tous les ingrédients étaient réunis d’un excellent concert. Pour d’obscures raisons, je suis restée sur la touche.

Du coup samedi, à Nîmes, fosse obligatoire. Le cadre est incroyable, il fait beau, et à la nuit tombée la lumière filtre par les ouvertures hautes des arènes. Le mélange d’histoire, de modernité et de musique est un écrin parfait pour un concert de Radiohead. Posée juste derrière le carré son, j’ai une vue imprenable sur la scène, sans être compressée, je me dis que ça va être fantastique. Et puis non. La communion n’a pas lieu. C’est inexplicable. A se remettre en question méchamment, se demander si il ne vaudrait pas mieux arrêter les concerts si c’est pour ne même plus être capable d’apprécier du Radiohead à Nîmes.

01. Reckoner / 02. Weird Fishes/Arpeggi / 03. Myxomatosis / 04. All I Need / 05. Pyramid Song / 06. Nude / 07. There there /  08. The National Anthelm / 09. Faust Arp / 10. Videotape / 11. No Surprises / 12. 15 Step / 13. Where I End & You Begin / 14. Idioteque / 15. Everything In Its Right Place / 16. Street Spirit / 17. Bodysnatchers

1er Rappel : 18. House of Cards / 19. Talk Show Host / 20. Exit Music For A Film / 21. Jigsaw Falling Into Place / 22. Karma Police

2ème Rappel : 23. Bangers n Mash / 24. Planet Telex

Je ne sais pas ce qui cloche chez moi. Si c’est la set list moins à mon goût, ma voisine de droite qui mangeait mon espace vital, le son encore, plus diffus dans cet espace ouvert. Peut-être, simplement, que je courrais encore après mes souvenirs de 2006 et cette expérience quasi mystique d’une fosse incontrolable, d’un organisme unique, de minutes tellement parfaites qu’elles auraient bien pu être les dernières. Peut être aussi que, malgré ces set-lits chaque fois très différentes, j’ai eu cette sensation de vivre trois fois le même concert, sans surprise finalement, avec le même album comme colonne vertébrale. Peut être aussi qu’une première fois reste à jamais unique et qu’une fois vécue, il faut savoir en faire le deuil, tout simplement.

En rentrant à Paris, sous la pluie donc, avec cette semaine de boulot en perspective et le retour au quotidien, je crois que c’est là seulement que j’ai réalisé. Alors que je me rapprochais de l’heure de ce concert de dimanche auquel je n’assisterai pas, alors que s’installait déjà ce syndrome post concert qui vous laisse orphelin, incertain de la prochaine fois, j’ai pris la mesure de ce que je venais de vivre.

Malheureusement trop tard.

PS : mention spéciale aux excellentissimes BAT FOR LASHES, bien plus qu’une première partie. Mention spéciale aussi pour les amis de Paris et ceux du sud, avec lesquels j’ai été très heureuse de partager ces instants 🙂

PS2 : deux enregistrements à suivre. Il va y avoir des heureux. A condition d’être patient !

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3 réflexions sur “Radiohead 2008 : Bercy et Nîmes

  1. Salut Isatagada !
    Je passe mais alors vraiment par le plus grand des hasards ici !!
    Je n’ai pas assisté au concert à Nîmes et je m’en mords les doigts !
    J’ai vraiment beaucoup apprécié ta manière d’écrire…je me suis délecté de ce blog, et ça m’a mis en appétit !!! lol

    Bon arrêtons là les effets de style !!
    Si tu veux qu’on discute: http://www.myspace.com/tokamakmusic

    A plus,
    titi/TOKAMAK

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  2. Je ne sais pas où vraiment mettre cet article de libé alors je le publie ici.
    Je suis infiniment triste.

    Esbjörn est mort. Ce pianiste lumineux s’est éteint brutalement. Esbjörn Svensson a coulé samedi dans l’archipel de Stockholm. Passionné de plongée, il testait un nouvel équipement. EST, le Esbjörn Svensson Trio se noie ainsi. Son leader, compositeur, avait à peine 44 ans et, avec lui, c’est un des groupes de jazz les plus populaires d’Europe depuis quinze ans qui se trouve décapité.

    Radio. Né le 16 avril 1964 à Västeras, en Suède, sa mère était pianiste classique, son père, mélomane, était un fan d’Ellington. Esbjörn joue dans des groupes au lycée, puis fait des études de musique durant quatre ans à l’université de Stockholm. Etudiant sérieux, il acquiert une technique solide, mais aussi une curiosité et un éclectisme remarquables. Ses influences ? Plutôt Chick Corea et Keith Jarrett, dont il mêle les styles tout en s’en affranchisssant.

    C’est un musicien libre, très ouvert, qui tourne dès le milieu des années 80 en Scandinavie et passe à la radio suédoise comme danoise. Il forme son trio en 1990 avec un ami d’enfance, Magnus Öström, à la batterie. En 1993, il rencontre Dan Berglund, contrebassiste puissant et créatif, qui les rejoint.

    Ils enregistrent leur premier album When Everyone Has Gone. Groupe star en Suède, c’est la reconnaissance internationale, en 2002, avec l’album Strange Place for Snow.Ils vont devenir le trio phare des années 2000 en réconciliant les publics du jazz et de la pop, les jeunes et les moins jeunes. A l’image de son leader, EST est plein d’enthousiasme, de générosité. Sans a priori, il fait des clips vidéo (certains sont superbes, allez les déguster sur YouTube) et soigne ses prestations sur scène, dramatisant chaque accord. Esbjörn Svensson n’hésitait pas à faire des mélanges étonnants de rock, de classique, de folk même parfois ; mais tout passait grâce à la finesse de son interprétation, à la pugnacité, le punch, le swing jubilatoire des interprétations du trio…

    «Groovy». Il ne définissait d’ailleurs pas EST comme un groupe de jazz, parlait de sa musique comme «mélodique, groovy et excitante». EST venait d’achever d’enregistrer son douzième album, Leucocyte (toujours pour le label allemand ACT Music), qui devrait sortir en septembre. Esbjörn Svensson était marié et père de deux enfants. C’était un chic type, accessible et drôle. Simple et libre. Sa musique va nous manquer.

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  3. Bizarre, parfois toutes les conditions sont réunies pour vivre un moment hors du commun et pourtant. On attend souvent trop des choses en oubliant de vivre l’instant.
    Je lis de la déception dans tes mots et cela m’attriste.
    Plein de bizouilles mouillées.
    Il pleut dans le Sud depuis hier
    Valy

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