Rufus Wainwright @ Casino de Paris 2007

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J’avais eu pour Rufus Wainwright une courte période de désamour, lors de la sortie de son cinquième album « Release The Star », et une prestation de rodage plutôt moyenne au Trianon en mai dernier. 
Des mois et un fabuleux concert à Londres plus tard, mon enthousiasme était à nouveau intact. Néanmoins, je me sentais suffisamment blasée pour accueillir son Casino de Paris cru 2007 avec détachement, d’autant plus que je l’avais vu deux jours plus tôt à la Maison de la Radio.

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Mais de détachement, il n’en sera pas question une seule seconde. Car le dandy magnifique parvient à me surprendre encore dès son entrée sur scène. Vêtu un costume (pantalon et veste) d’un improbable vert brillant aux motifs qui, de loin, s’apparentent à ceux de la toile de Jouy, son front est ceint d’une couronne de Lauriers et des broches scintillantes couvrent son habit. « C’est Jean-Charles de Castelbajac qui a fait mon incroyable … « suit » ? » annonce t-il dans un irrésistible franglais qui le suivra tout au long de la soirée.

Ses musiciens ne sont pas en reste et portent tous rayures et étoiles, rappel du gigantesque drapeau américain « customisé » (« les rayures représentent les mauvaises choses de l’Amérique, les étoiles ce qu’il y a de bon ») qui sert de décor et illustre le single « Going to a Town » que l’on a pu entendre sur les ondes françaises.

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Hyper généreux comme à son habitude, cet extraordinaire « performer » nous offre un set de près de trente titres incluant ceux du nouvel opus mais aussi de chacun de ses quatre albums précédents et de l’hommage à Judy Garland (sortie française en décembre 2007). Parmi les meilleurs moments, « Not Ready To Love », qui le laisse exprimer ses petits talents d’amuseur-metteur en scène. Ainsi, il se racle la gorge puis lance à la salle : « Oh wait, il faut que tu me dises que vous m’aimez ». « On t’aiiiime » répond l’assistance sans se faire prier une seule seconde. Et Rufus Wainwright de rejeter la tête en arrière et de répliquer d’un air de tragédienne grecque, la main collée au front, la paume tournée vers l’orchestre : « Oh non, je ne peux pas … parceque …I’m not readyyy to luuvvveeee… ».

Il enchaînera directement avec l’excellent « Slide Show » laquelle, très applaudie, raconte comment il avait été particulièrement vexé de ne pas se retrouver dans l’album photo d’un ami à qui il avait pourtant offert un beau voyage.

Ses exceptionnelles performances vocales ont particulièrement libre court sur « Do I Disappoint You », mais aussi sur « Macushla », une vieille berceuse irlandaise qu’il interprète sans micro, ou encore sur la très belle « Nobody’s off the Hook », qu’il présente d’ailleurs après l’entracte, revêtu du costume traditionnel allemand (le fameux Lederhosen), prévenant : « je suis brave, ou stupide, de faire cette chanson ! ». Pas besoin de s’excuser par avance, la performance sera parfaite ; mais curieusement, la France semble avoir une telle place dans le cœur de Rufus Waiwnright qu’il a toujours l’air, à Paris, de craindre d’échouer à un examen.

Il faudra bien un jour qu’il arrête de croire que les français aiment la perfection technique avant tout. Car j’en connais beaucoup que ce seul argument ne suffirait pas à combler. C’est peut-être même au contraire cet affichage de fragilité qui plait, cet acharnement à vouloir convaincre, sa théatralité (ah ! ce final de cabaret en collants noirs et hauts talons), et ses airs de rire de tout (« Liberté, Egalité, Grève ! ») qui, parce qu’ils ne trompent vraiment personne, parviennent finalement à nous toucher profondément et à nous attacher au personnage. Pour de bon.

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Set List : Release The Stars / Going to a town / Sanssousi / Rules & Regulations / Matinee Idol / Cigarettes & Chocolate Milk / Art Teacher / Tiergarten / Leaving For Paris / Between My Legs // ENTRACTE // Consort / Do I Disappoint You / Foggy Day / if Love Were All / Nobody’s Off The Hook / Beautiful Child / Not Ready To Love / Slide Show / Macushla / 14th Street // 1er RAPPEL // I Don’t Know What that Is / Danny Boy / Poses / Complainte de la Butte // 2ème Rappel // Get Happy / Gay Messiah

   
 
  

Audio (et certaines vidéos) :  http://www.savefile.com/projects/808567875

Photos : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157603248816727/

Vidéos : http://www.youtube.com/isa92 sauf la prestation d’Alex pour « Between my Legs » ICI

NB : Cet article a été publié sur Le-HibOO.com

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2 réflexions sur “Rufus Wainwright @ Casino de Paris 2007

  1. Bonjour,
    Et bravo, vous semblez suivre de près l’actualité et la tournée de Rufus !
    Merci d’être un source quasi-inépuisable de ces petites phrases presque cultes, qui aident evidemment à cerner le personnage.
    Cordialement,

    J'aime

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