Rufus Waiwnright en concert privé FIP – 17.11.2007

Ce samedi 17 novembre était le seul jour de repos de Rufus Wainwright actuellement en tournée européenne, entre deux dates à Bruxelles et à Nantes. Ce devait être un jour « off » pour lui et son « band », ont rappelé les journalistes de FIP, qui n’en revenaient toujours pas d’avoir réussi à mettre en place ce concert privé dans le très bel auditorium (950 places tout de même) Olivier Messiaen de la Maison de la Radio à Paris. Sa dernière performance radiophonique en France remontait à 2003, en Black Session France Inter, où Bernard Lenoir l’avait déjà repéré malgré son extrême confidentialité de l’époque. « On ne se Rufuse rien ce soir sur FIP » annonce donc le journaliste, après une interview de trente bonnes minutes au cours de laquelle on apprend notamment que l’artiste est en phase de monter un cabaret français à Los Angeles.

Lorsqu’il arrive enfin sur scène, à la suite de ses sept musiciens, Rufus Wainwright est accueilli par la standing ovation d’un public heureux de l’aubaine, pour un set de dix-sept titres qui laissera au final l’audience plus enthousiaste encore qu’à son arrivée.
Presque tous les titres de son dernier album « Release The Stars » y passent, ainsi que quelques chansons de ses précédents albums (The Art Teacher, Beautiful Child, 14th Street, Gay Messiah, La Complainte de la Butte et Poses en 2ème rappel improvisé) et une reprise de Judy Garland qui annonce la sortie prochaine du DVD du concert hommage au Carnegie Hall. Pour Paris, il fera également le cadeau d’une toute nouvelle chanson –Zebulon laquelle laissera le public sans voix, comme suspendu à ses lèvres.

La radio, néanmoins, ne rend pas totalement hommage à « l’entertainer » incroyable qu’est Rufus Wainwright, notamment en ce qui concerne les chorégraphies ou encore les habits de scène (habituellement extravagants), ce qu’il tient d’ailleurs à préciser : « Maintenant j’aimerais dire aux gens qui entend sur le radio que présentement, moi et le band on est déguisés comme des … euh … je ne sais pas … hippopotames … quelque chose comme ça ! (rires) Non, on est complètement normal, on est … décolletés ! Ce soir c’est relax ». Eclats de rire dans la salle, Rufus Wainwright ne manque jamais une occasion d’amuser le public par des petites phrases que collectionnent désormais avec avidité ses fans.

Il est aussi le champion de la mise à nu, connu pour mettre sa vie en chanson sans pudeur et faire de toute personne qui l’écoute, son familier. A la radio il lancera donc un appel à son fiancé (“Cette prochaine chanson –Tiergaten– je l’ai écrite à propos de mon boyfriend Jorn qui écoute en ce moment, sweet Jorn. So Jorn this is for you ! I love You, I miss you !”), se lamentera devant son niveau de français (“I’m such a bad speak frencher. Okay, if i go gold i’ll learn french perfectly ! That’s a deal !”), fera encore et toujours de l’humour (« Maintenant les temps joyeux sont finis, il est temps pour la tristesse, j’adore la tristesse… et elle m’adore (rires). I’m a poet ; j’ai un foulard et tout : j’suis un poète. Et des sabots ! Un poète saboteur. AH AH ! »). Au fil du temps, au fur et à mesure des concerts, Rufus Waiwnright et ses petites phrases deviennent tout simplement « culte ».



Au rang des meilleurs moments, on trouve les deux premiers titres qui sont à eux seuls une jolie présentation de l’artiste, déçu d’un pays qu’il aime comme continuerait d’aimer un amoureux éconduit : Release The Stars et Going to a Town.
Un peu plus tard, Do I disappoint you surprend par son intro rock – probablement une idée de l’excellent Gerry Leonard (David Bowie, Suzanne Vega), à la guitare électrique -, autant qu’il impressionne par les prouesses vocales d’un Rufus se mesurant avec succès à son orchestre de cuivres. Le titre se termine par un tonnerre d’applaudissements. C’est mérité.

 
Louis Schwadron au Cor, CJ Camieri à la trompette

Les premières notes de Slide Show suscitent un accueil comparable, tant le chant est par endroits difficile, tout en contraste avec une fin susurrée (« Do I love you ? Do I love You ? Yes I do … »), et très belle.
14th street laisse à tous les musiciens, s’en allant un par un, un instant de gloire avec leur propre solo, pour finir par un banjo entraînant et très apprécié, suffisamment pour donner l’envie d’un premier rappel majoritairement en piano voix.

 
Cameron Greider au Banjo

L’émotion est palpable. Mais l’homme nous gratifie d’une pirouette originale, et entreprend de chanter La Traviata en attendant que se règlent quelques petits problèmes de son intervenus au début de Gay Messiah (« This is a real show ! »). La technique de nouveau au rendez-vous, l’émotion revient elle aussi; la gorge se noue devant ce thème de l’homosexualité et un messie qui viendra, sûrement, sauver ses pairs de leurs souffrances.

La salle est à nouveau debout, applaudissant à tout rompre, réclamant « une-autre-une-autre » et, alors que l’animatrice insiste pour dire et redire encore qu’il s’agissait bel et bien de la dernière chanson, Rufus Wainwright remonte une ultime fois sur scène pour interpréter celle qui est pour beaucoup sa plus belle chanson : Poses.

 

« Je crois que ce soir, on a toutes ensemble fait quelque chose de très belle. Merci beaucoup, bonsoir » dit Rufus Wainwright.

A vrai dire, c’est nous qui le remercions … 



Toutes les photos sur Flick’r ; d’autres vidéos sur YouTube; de l’audio et des vidéos en téléchargement sur Savefile(abonnez vous au projet pour obtenir les mises à jour)

NB : Cet article a été publié sur Le-HibOO.com

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2 réflexions sur “Rufus Waiwnright en concert privé FIP – 17.11.2007

  1. Merci pour ta note sur mon blog sur Rufus W.
    C’est un beau cadeau que tu me fais, un beau souvenir!
    Vous avez bien travaillé:le descritif est précis et complet, les photos et les vidéos sont belles et le son plutôt bon!
    Lors de la chanson « zebulon » des spectateurs voisins (anglosaxons) riaient et je me demandais si je comprenais bien la chanson?? Peut-être saurais-tu m’éclairer?
    J’ai modifié ma note sur ce concert dans mon blog et inséré tes vidéos!!!
    J’ai aussi une autre fille de 7 ans et je vis au Plessis Robinson. Nous sommes donc voisines!
    A bientôt, j’espère.
    annapaule

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