Les Souffrances du Jeune Werther – GOETHE

Ouaip ! Parfaitement ! J’ai lu Goethe ! Bon, j’ai triché un peu. Je n’ai pas eu l’idée toute seule. C’est Laeti qui me l’a passé en fait. Parait que ce roman là, paru en 1774 (ça ne nous rajeunit pas !) marque le début de l’âge romantique, cinquante ans avant ses débuts . Arrrhhh, le rômantisme Allemandddddd. A vrai dire, ce qui est « drôle », c’est que le romantisme, finalement, ce n’est pas une question d’époque. Maintenant, c’est tout pareil qu’il y a 200 ans (et des poussières). Le héros va tomber pareil-amoureux, l’amour va être pareil-impossible (elle est promise à un autre), il va pareil-souffrir et cette souffrance là, je vous laisse juge, va être pareille-trop-horrible-mais-c’est-trop-beau. Bon, à la fin le mec y meurt. Là c’est marrant, j’ai eu du mal à y croire vraiment … Comme quoi y’a plus génial, que Goethe je veux dire.

Morceaux choisis (que si tu ne ressens pas un minimum d’empathie alors tu n’es qu’un crétin insensible, parole de moi ! et psssst, au fait j’ai laissé les dates pour que tu vois les étapes de la cristallisation; je te gâte, lecteur – euhhh, y’a bien un lecteur là ?!-) :

26 juillet

Je me suis plus d’une fois déjà proposé de ne pas la voir si souvent. Mais qui pourrait tenir pareille résolution ! Tous les jours je succombe à la tentation et je me promets par tout ce que j’ai de sacré de rester le lendemain chez moi. Et quand le matin suivant arrive, je me trouve un nouveau motif irrésistible et, avant même d’y avoir pris garde, je suis chez elle. Ou bien elle m’a dit la veille au soir : «  Vous viendrez bien demain ?  » Comment, dès lors, rester loin ? – Ou bien elle m’a donné une commission et je trouve qu’il convient de lui porter moi-même la réponse ; ou bien encore la journée est par trop belle, […] et crac, m’y voilà.

8 aout

[…] en ce monde, il est très rare que l’on arrive à quelque chose avec un dilemme. […] Ou bien tu as l’espoir de conquérir Lotte, dis-tu, ou bien, tu ne l’as pas. Bon, dans le premier cas, pousse à la réalisation de ton désir, tâche de posséder l’objet de tes vœux ; dans l’autre, montre-toi un homme et efforce-toi de te libérer d’un sentiment malheureux , qui ne peut que consumer toutes tes forces.

Mais quand un malheureux se sent mourir peu à peu d’une maladie de langueur, que rien ne saurait enrayer, peux-tu exiger de lui que , d’un coup, il mette fin d’un seul coup à son tourment ? Et le mal qui consume ses forces ne lui ravit-il pas en même temps le courage de s’en libérer ? […]

Oui, Wilhem, il m’arrive par instants d’avoir un sursaut de courage et de vouloir secouer ma chaîne et dans ces instants là, si je savais où aller, je m’en irais.

18 aout

Etait-il donc fatal que ce qui fait la félicité de l’homme devint en retour la source de sa détresse ?

Le sentiment d’ardente plénitude que la nature vivante faisait naître en mon cœur, ce sentiment qui m’inondait de tant de volupté, qui transformait le monde autour de moi en un paradis, me devient maintenant un intolérable bourreau, un génie de la persécution qui me pourchasse en tout lieu.

19 oct.

Ah ! ce vide ! Ce vide épouvantable que je sens là, dans mon sein ! Souvent je me dis : si je pouvais, ne serait-ce qu’une fois, la serrer sur mon cœur, tout ce vide serait comblé.

27 oct.

J’ai tant de richesses et mon sentiment pour elle engloutit tout ; j’ai tant de richesses et sans elle tout n’est plus rien pour moi.

20 déc.
Oh ! Pourquoi vous fallut-il naître avec cette violence, cette passion indomptable et tenace pour tout ce qu »il vous arrive de saisir. Je vous en prie, continua-t-elle, en lui prenant la main, modérez-vous ! Votre esprit, votre savoir, vos talents vous offrent tant de joies diverses ! […] ne sentez-vous pas que vous vous trompez, que vous êtes, vous-même, l’artisan de votre perte ? Pourquoi donc moi, Werther, moi qui appartient à un autre ? Pourquoi précisément moi ? Je le crains, je le crains, c’est uniquement l’impossibilité de me posséder qui rend votre désir si ardent.

21 déc.
Elle était donc seule […] elle s’abandonna à ses pensées silencieuses. Elle se voyait maintenant unie pour toujours à l’homme dont elle connaissait l’amour et la fidélité, auquel elle avait donné son coeur et dont le caractère calme et sûr paraissait bien formé par le ciel pour qu’une honnête femme puisse fonder sur lui le bonheur de sa vie […] D’un autre côté, Werther lui était devenu si cher, l’harmonie de leurs âmes s’était révélée si belle dès leur première rencontre, la longue durée de leurs relations et maintes situations vécues en commun avaient fait sur son coeur une impression ineffaçable. Oh ! Si elle avait pu dans cet instant le changer en frère, comme elle aurait été heureuse ! […]
Toutes ces considérations lui firent d’abord sentir profondément qu’il y avait dans son coeur le désir secret de garder Werther pour elle et en même temps elle se disait qu’elle ne pouvait pas, qu’elle ne devait pas le conserver; son âme pure et belle, si légère d’habitude et si riche de ressources, sentait le poids d’une mélancolie devant laquelle ne s’ouvre aucune perspective de bonheur. Son coeur était oppressé et un nuage sombre couvrait ses yeux. 

Le même jour, Wherther vient la visiter une dernière fois, se met à nu; elle le repousse par devoir.

Pardonne moi ! Pardonne moi !
Ah ! Je le savais que tu m’aimais. Je l’avais su dès ton premier regard, où s’exprimait ton âme, dès ton pemier serrement de mains, et pourtant, quand de nouveau j’étais éloigné de toi, quand je voyais Albert à ton côté, je retombais, découragé, dans le doute et dans la fièvre. […]
Depuis cet instant-là tu es à moi, tu es mienne, ô Lotte ! Je te précède, je vais à mon Père […] il me consolera jusqu’à ce que tu viennes; alors je volerai à ta rencontre et je te saisirai et je resterai auprès de toi, uni à toi dans un enlacement éternel.

Sitôt après, il fait chercher par son valet le pistolet du mari de Lotte, et se donne la mort. 

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6 réflexions sur “Les Souffrances du Jeune Werther – GOETHE

  1. Sand suis vraiment désolée !!! Avoue quand même que ça n’est pas de chance !!!
    Arghhhh Lautréamont !!! On se disait avec Eline qu’il fallait qu’on les lui offre EN FRANCAIS (tu m’étonnes que traduit, c’est triché !!!)

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  2. Mais qu´est ce qu´il vous prend avec le jeune Werther ? Pourquoi vous etes toutes en train de le lire ?
    Rufus aurait « fait semblant » de lire les Chants de Maldoror récemment … (gossip !), c´est donc le prochain sur notre liste.

    Bises aux romantiques, bbmm

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  3. Ahhhhhhh.. bah franchement Isa.. pas merci du tout !!!!!
    C’est complètement dingue mais je suis en pleine lecture de ce roman !!!!!! Et donc pas merci pour m’avoir dit comment çà se terminait !!!!!
    Non mais j’te jure, t’en rate pas une !!!
    Un bisou quand même

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