Mon interview de Florent Marchet !

6 septembre 2007 – Florent Marchet me reçoit dans son appartement parisien. Je suis stressée mais il me met tout de suite à l’aise (« Faut pas, c’est comme une conversation en fait »)  et m’offre à boire. L’immeuble en ravalement pour encore trois mois nous donne un sujet de discussion et une occasion briser la glace facilement ; le bruit des travaux, omniprésent en journée, est très pénible …
Heureusement, à cette heure c’est calme …

Hexalive : Quel est votre parcours artistique et notamment comment avez-vous su un jour que vous vouliez passer votre vie à faire de la musique…

Florent Marchet : Je suis un peu né sur un rail. Il n’a jamais été question pour moi de faire autre chose que de la musique. J’ai commencé à l’âge de cinq ans le piano. J’étais très attiré par les instruments, j’aimais les toucher, j’aimais les mouvements des corps des musiciens… Mes parents ont une salle de concert dans le Berry, ils ont toujours fait venir plein de musiciens. Au départ, ils étaient hébergés à la maison et c’est comme ça que j’ai vu des gens comme Micky Grailler, le pianiste de Chet Baker par exemple, qui venait et qui m’a appris mes premières gammes, ainsi que Christian Vander,  pour lequel je me souviens d’une forte animalité justement derrière la batterie, ce qui m’a vraiment d’abord fasciné, plus que la musique en elle-même. Par la suite j’ai continué le piano, c’était un vrai compagnon de jeu !  Puis j’ai essayé de m’en détacher : j’étais un peu désarçonné, me disant que je n’avais que ce choix là dans la vie, comme si j’avais un peu hérité de la boutique de mes parents… J’ai commencé à faire des études de philo et en parallèle un peu de l’histoire de l’art. Mais c’était surtout pour me prouver que ma vie n’était pas si tracée que ça. J’aimais l’idée d’avoir d’autres centres d’intérêts parce que c’est très effrayant : on se dit que si on fait de la musique, que c’est sa seule passion, et qu’on n’y arrive pas, ou qu’on arrive pas à en vivre … j’avais peur de répercutions catastrophiques sur mon psychisme (rire).

H : Et que disent les parents quand ils voient le fiston s’embarquer là dedans…

FM : Ils étaient ravis, C’était une maison très libre où il fallait absolument s’épanouir, c’était le maître mot, se réaliser en tant qu’individu, c’était la chose bien plus importante que les études. Sauf que si je savais que je n’avais qu’une seule passion, la musique, par contre je ne savais pas si j’avais les capacités. C’est pour ça qu’au départ ce n’était pas forcément l’idée de devenir chanteur qui m’animait, mais c’était surtout, avant tout, d’être musicien et d’en vivre, de vivre de ma passion. Alors j’ai multiplié les expériences, j’ai travaillé pour du théâtre, dans des pianos-bars, des groupes de musique irlandaise, yiddish,… J’ai commencé à multiplier les activités aussi, m’apercevant vers l’âge de 17 ans que je ne pourrais pas être concertiste, (ce que je voulais à la base, je n’ai écouté que du classique jusqu’à l’âge de 17 ans) j’ai commencé à jouer du jazz mais aussi à apprendre l’accordéon quand un groupe avait besoin d’un accordéoniste, ou la mandoline, la guitare, la  basse, enfin un tas d’instruments et à devenir multi instrumentiste. Voilà, à défaut de ne pas être excellent dans un instrument je préférais être moyen partout…

H : Il n’y a pas eu d’événement précis qui a poussé dans une direction ?

FM : Aucun… je me suis laissé porté par la vie sans être véritablement déterminé en tant qu’individu… je crois que c’est un peu mon problème, je manque cruellement d’ambition en fait …

H : Ce n’est pas ce que l’on comprend à l’écoute du disque…

FM : Après, que j’ai une ambition artistique, de vouloir défendre des choses, de vouloir travailler énormément mes arrangements… J’y passe beaucoup de temps et j’ai toujours ce souci d’exigence ; mais je n’avais pas spécialement l’envie, lorsque j’ai signé pour mon premier album avec une maison de disque, d’être chanteur…  j’avais eu ce désir là avant…  mais je voulais plutôt être auteur compositeur, arrangeur, réaliser des albums pour d’autres etc.. Le problème c’est que c’est un métier très fermé, comme toutes les disciplines artistiques en fait, les portes s’ouvrent difficilement et quand on me dit « voila, il y a possibilité d’enregistrer un album », je l’ai fait en me disant que ce serait aussi un moyen de rencontrer des gens du métier et de pouvoir travailler pour d’autres, ce qui reste aussi mon objectif, de multiplier les expériences…
Chanteur c’est vraiment un métier à part entière, que je fais volontiers parce que ça me permet d’enregistrer ma musique. Mais c’est vrai qu’il a plein d’à côté qui font qu’on est plus souvent dans de la logistique, et dans des relations avec ses différents partenaires, plus entrain de « gérer » sa carrière d’interprète que de faire sa musique…

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