Eiffel … Romain … Un Olympia… Plus de Label ! Des questions de fond et encore des rêves !!!

Je n’ai pas l’habitude de relayer les polémiques. Mais parfois certains évènement méritent qu’on en parle .

Ainsi, dans l’indifférence quasi générale, le groupe EIFFEL vient d’être remercié par son label. Alors qu’il joue à l’Olympia en novembre prochain. Cherchez l’erreur …

J’ai entendu mille fois des comparaisons avec Noir Désir comme si Eiffel n’avait pas d’originalité, comme s’ils n’avaient pas leur place dans le paysage musical français. Et ça me rend dingue. Je leur trouve un univers bien à eux, assez proche parfois de celui des musiques savantes, qu’explique le passé de fils de Luthier du leader du groupe, Romain Humeau, capable du meilleur son de guitares saturées comme des plus belles envolées symphoniques. On pourra lui reprocher sa grande gueule, je trouve, moi, que c’est ce qui fait sa force. La seule chose qui m’ennuie c’est que son côté « brut de décoffrage » empêche ceux qui s’arrêtent à une première impression de découvrir toutes les subtilités, les finesses d’un groupe d’une rare richesse. Ca ne m’ennuie pas pour lui donc, plutôt pour ceux qui passeront, de ce fait, à côté. J’ai entendu ceux qui voient en Eiffel un groupe relativement primaire, entendez- par là presque grossier et en tout cas peu intéressant. Faut-il pourtant rappeller que Romain, en tant que musicien et producteur a remixé Dominique A, The Divine Comedy et signé les arrangements de cordes sur le dernier album de Noir Désir « Des visages, des figures » ? Voilà pour remettre quelques pendules à l’heure. Et dire encore à quel point ce groupe là a un potentiel immense.

Les voilà malgré cela réduits à faire eux-même la promo de leurs concerts. C’est consternant.

Je ne fais que relayer. Mais si vous le pouvez, faites-en de même … Internet est à NOUS !!!!

Merci.

Message Officiel du Groupe Eiffel :

« Bonjour, ce mot pour vous dire qu’Eiffel jouera à l’Olympia le 19 Novembre 2007. Prévu depuis longtemps, ce concert aura du mal à se « faire annoncer », notre maison de disques nous ayant lâché en pleine tournée. On s’y colle donc nous-mêmes, raison pour laquelle je me permets cette courte « missive virtuelle » . Pouvez-vous balancer cette info à tous vos amis susceptibles d’être branchés par l’histoire ? EIFFEL / OLYMPiA /19-11-2007. Des surprises, de la valdingue avant de, peut-être , disparaître. Merci d’avance. Regardez bien sur votre droite avant de traverser. On vous embrasse. Eiffel. »

Message publié sur leur blog le 20 septembre (http://www.myspace.com/eiffeltandoori), je sais c’est long, mais pour prendre la mesure du sieur Humeau ne passez pas à côté de ses écrits. Ce type se pose des questions, il a une idée de l’art et de l’enthousiasme qui me parle et qui vous parlera aussi à vous, j’en suis sûre, il a des convictions et des rêves, et enfin c’est visiblement un mec « bien » comme on dit, et un HUMAIN dans ce qu’il peut avoir de plus digne; j’adore ce mec ! bref, on y va :

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Bien l’Bonjour.
Dix jours « d’autre chose », sud-ouest/ sud-est, les amis, la requinque et ça respire déjà mieux. J’espère que vous allez tous très bien (même si la formule contient déjà l’idée d’une vaste utopie…)
Bon… j’ai enfin la possibilité d’ouvrir librement mon bec rapport à ce qui nous taraude depuis quelques mois. Me lancer dans une diatribe là dessus m’ennuie profondément car poindront à l’horizon des polémiques débiles comme certains savent si bien les engendrer, mais nous nous adressons aussi à ceux qui suivent notre histoire dans l’ombre et qui passent sans laisser de traces, il y en a. Il nous arrive (ainsi qu’à pas mal d’autres artistes, en ce moment ) ce qui nous est arrivé avec Oobik chez Warner en 96 …. Mais dans un tout autre contexte. Plus de maison de disque.
Eiffel a signé en 2000 chez Labels avec des gens adorables (« Abricotine », « Le 1/4 d’heure des ahuris », « Les yeux fermés » sont très bien travaillés, bon esprit, on se fait un public). Au moment de « L’éternité de l’instant », Labels se fait happer par Virgin (2004/2005) : certains d’entre eux sont virés ou mutés (jolies galères techniques, mais superbes moments). Arrive Tandoori où, franchement, je crois avoir passé les moments les pires… Au moment même de sa sortie, nous apprenons que Virgin se fait happer par EMI et que les dernières personnes avec qui nous avions initialement signé ne seront plus là d’ici peu…shiiiit… La sortie de Tandoori, en Janvier, est plutôt bien branlée, certains étant encore là…. Mais nous avons appris dernièrement (en Juin) que la nouvelle direction, une fois avoir viré un grand nombre des effectifs (dont nos potes), n’a plus rien fait sur Eiffel depuis début Avril (Le Bataclan). Plus personne avec qui communiquer… Avec de gros mensonges sur des points importants. Pas beau, pas beau….. Ce disque a donc été accompagné pendant deux mois: Février et Mars, Basta. Avec tout ce que cela comporte de difficultés pour la tournée et la promo de l’Olympia que nous avions décidé de faire avec l’ancienne direction….
Ne parlons même pas des non médiatisations en tout genre, médias qui, en général, sont déjà assez mal disposés à notre égard et réciproquement…. Enorme préjudice pour nous, nous avions un quatrième album en contrat avec eux (d’où avocats, mise en demeure etc…). Philippe Ascoli, nouveau patron d’EMI depuis Avril et, entre autres, auteur des Naast, nous a fait savoir en juin qu’il daignerait écouter les prochaines démos mais qu’il pouvait tout aussi bien nous rendre notre contrat, si nous le voulions… En l’espace d’une seconde, nous avons opté pour la deuxième solution. EMI France (et tant d’autres Majors maintenant), est une peau de chagrin, ça ne vit que sur des puddings rapportants encore assez (même si c’est quatre fois moins qu’avant).
Derniers soubresauts de l’illusoire « tout pour la culture populaire française ». Fuite en avant. Vu la manière dont a été étouffé Labels, c’est mieux pour nous comme ça. Tous les gens que nous aimions n’y sont plus. Nous les remercions au passage pour tout ce qu’ils ont fait pour nous. Plus de maison de disque. Nous n’en cherchons pas.
Des difficultés donc, on compte violemment sur vous pour l’Olympia qui est, pour nous, comme un rêve de gamin…. On ne chiale pas, ce n’est pas la fin du monde. J’évoque juste la raison pour laquelle je suis plus à cran qu’à l’accoutumée. Eiffel est peut-être invendable, mais cela fait deux albums (avec L’éternité) où l’on ne nous a pas donné les moyens de le savoir. Et vendre un tant soit peu, pour nous, c’est juste pouvoir continuer.
Ne plus avoir de maison de disque ne constitue certes pas en soit un événement grave et suffisant pour se poser des questions. Qu’elle pourrisse, quasiment à la naissance, un disque dont, de surcroît , nous sommes très fiers…re-shiiit…
Il y a aussi les questions personnelles, savoir ce qu’on fout là, pour qui ? Pour quoi ? Des sentiments qui nous regardent. Estelle, Hugo, Christophe et moi-même ne jouons ensemble que depuis un an finalement. On a speedé pour essayer de gagner en cohérence mais nous ne nous attendions pas à ce Bronx.
La création doit-elle obligatoirement trouver ses marques dans l’empire d’un milieu sans fondamentales, sans idée de goût, sans rêves, sans culture donc, sans éducation et donc sans se joindre (voir de se mêler) à l’idée d’un lien social? La création est-elle désormais vouée à n’être qu’un support publicitaire ? Un gimmick, un slogan, un sourire nazi, une virgule entre deux euros, un truc qui, uniquement, passe bien et rassure?
On aime trop ce que l’on fait, sans naïveté, sans pause, pour accepter cela.
Le fait qu’il n’y ait eu aucun compromis de la part d’Eiffel depuis le début (des erreurs mais pas de compromis, demandez à notre manager…!!), ne nous a, certes, pas aidé, mais, de facto, nous met foutrement bien dans nos grolles…. et c’est de l’or. Par contre : j’ai lu trop de post qui parlent d’intégrité…. Arrêtez! Que nous adoptions telle ou telle position ne nous confère aucun talent. Nos agissements et leurs manières n’ont rien du panache puisqu’ils nous semblent naturels. Ils expliquent juste, en partie, certaines choses (refuser, par exemple, de virer un cri sur « Ma part d’ombre » afin de passer plus aisément sur Radio Lagardère….ça fait désordre). J’aime énormément David Bowie. Au niveau business, c’est pourtant un renard de première : peu importe, il me fout les frissons sur tant de disques.
…. après, quand on est cernés par une meute de renards qui, de plus, font de la daube, ça peut provoquer le bâillement ainsi que l’envie de ne pas mettre un seul ongle là dedans…..
Il faudra aussi, un jour, arrêter les comparaisons avec des trajets artistiques qui prennent leur sources il y a vingt ans de cela, à une toute autre ère, où d’autres choses étaient possibles. C’est pénible et vain.
Ca finit par faire « mono tâche ».
Et ça tape là où fondamentalement ça ne peut pas faire mal puisque fondamentalement sain.
Nous ne pensons qu’à ce qui nous passionne : la musique.
Au fil du temps,(se cultiver, apprendre, se sentir tout petit…), cette passion me semble être de plus en plus intrinsèquement liée à la politique.
Le contexte, l’humeur, le temps sont en peau de vieille aigrie réactionnaire et trouillotante
tout le monde tente de la sauver avant qu’il ne soit trop tard, Majors, Indés, Nébuleuses médiatiques, vendeurs d’Ipod etc…. En janvier, la fnac (qui avait elle même niqué tous les disquaires indés) est censée ne plus avoir de disques dans ses bacs…
Tout se passera donc sur le net. Pourquoi pas? Sauf que rien n’est clair là dessus et quand ça le sera, il se peut que nous retrouvions les mêmes aux commandes. N’est-ce pas déjà le cas ?
Pas d’invention. De la peur.
On s’emmerde sec dans ce Barnum: l’envie de se barrer, de disparaître, d’arrêter est donc là… Non pas d’arrêter de faire de la musique (Une quarantaine de chansons suffoque dans la besace), mais arrêter de la faire là, dans ce contexte, sous cette forme, avec les mêmes murs, les mêmes impossibilités, les mêmes impuissants du « ailleurs » et les mêmes technocancres en face, alors qu’il y a tellement d’autres lieux, d’autres terrains qui, à l’ombre et dans l’imaginaire, existent. Envie de se mouvoir, carrément. Mais peut-être pas dans cet élément.
Sur la forme, mais aucunement sur le fond, on est perdu…. On ne pourra pas nous reprocher un manque de mise à nu.
Bref, fin Décembre, Eiffel disparaît, continue, change de forme, on n’en sait foutre rien et c’est pas grave… Il n’y a aucun désespoir là dedans, aucune plainte (donc pas de « ….ô les pauvres !…. »).Tout le monde s’en badigeonne le nombril avec le pinceau de l’indifférence.
C’est aussi la dernière fois que j’évoque ces gros gros doutes. Nous n’y sommes pas obligés.
On ne laissera aucunement tomber, dans la tête, jusqu’au dernier concert de la tournée.
Nous voulons prendre notre pied, l’Olympia, c’est pas rien dans la tronche, c’est chouette, on prépare des trucs.
Vous le sentez, le fait qu’un trouble apparaisse vient d’un « tout » et non pas du seul fait que nous n’ayons plus de maison de disque.
Que l’on remette la notion d' »artistique » au centre de ce bourrier. Que l’on bouscule la concentration médiatique dans les gouffres de l’enfer afin de remettre l’humain au centre de tout. Nous y verrions déjà plus clair. Utopie again.
Nous ne serons jamais un truc auquel on pourrait croire mais avec un oeil qui dit merde à l’autre, par contre, nous pouvons ne plus être …. c’est pas de la maso-frime, c’est pas de l’art et surtout pas une idée balancée en l’air. Ne plus être, c’est une liberté d..d’un ras le bol, en l’occurrence).
Continuer « d’une autre manière » ne s’envisagerait qu’en étant tous à 400% (comme d’hab…mais avec des emmerdes en plus). Etre « en indé » ne veut plus rien dire aujourd’hui en France, si ce n’est sur certains points. Le net, c’est la C.I.A. Myspace est un outil de fichage du monde : Palais virtuels géniaux avec fondations pas vraiment cool. Tout nous relie à d’infernales arborescences et en être conscient c’est se battre. La poignée de chansons dont nous parlons,( même s’il y a autre chose derrière…),n’est-elle pas une cause un peu dérisoire pour se battre ? Nous l’avons d’ailleurs assez chanté…. En même temps, on ne sait pas faire grand chose d’autre…
Impossible pour nous de faire les idiots du village : Il y a une passion, un « contexte » et un récepteur (vous). Ce contexte, on est viscéralement contre. On peut « être », mais pas « faire » sans. Nous n’arrivons plus à « faire contre » en son propre intérieur perversion qui, pour nous, dure depuis 2000). C’est donc l’exercice de notre passion, à titre public, qui est à remettre en cause.
Un doute ne se décrit pas, raison pour laquelle j’aurais tout aussi bien pu vous dire :
Fin Décembre, Eiffel disparaît, continue, change de forme, on n’en sait foutre rien et c’est pas grave…
Sur ce sujet, vous savez tout ce qu’il est possible de savoir. Puissiez vous nous faire plaisir en évitant les polémiques?
Notre ami ingénieur lumière d’Eiffel s’est lancé dans la défense d’une cause tout à fait louable, on le suit dans son aventure. Ca se passe Samedi 15 Septembre à 10, 15 bornes de Bordeaux:
Happening musical avec des artistes régionaux concernés, soutenant La Marche Citoyenne en Opposition aux OGM le 15 09 07 à partir de midi à La Gare de Lugos, pas loin de Bordeaux.
Seront présents:
« La Collectore » (fanfare décalée)
Hereos de puta (Erwan solo project HDL)
Romain Humeau (Eiffel)
Michel Macias Quatuor
Thierry Carrere
Les Productions de L’Orchestre Maigre
Bouche à oreille pour le festival des terres neuves à Bordeaux le 5 et 6 Octobre , c’est un festival qui a besoin de vous pour se développer et continuer d’exister. Eiffel aura des invités: Lolo des Sleepers, Joe Doherty, Lolo des Hurlements, Nicolas Courret ….
Bouche à oreille pour L’Olympia, on en a besoin pour bien finir la tournée que nous avons commencé.
Je reviens vite pour parler de choses plus excitantes car il y en a beaucoup.
Merci d’être là.
Je vous embrasse. Romain.
PS : J’ai trouvé le match Springbox / Samoa complètement fou !

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5 réflexions sur “Eiffel … Romain … Un Olympia… Plus de Label ! Des questions de fond et encore des rêves !!!

  1. Isa.
    Je suis dans ma période « bad mood » c’est vrai. J’en ai marre de la mentalité française en ce moment et j’ai cru décerner dans cet article le moment de livrer un peu ma sensibilité sur cette contradiction bien française « beurre et argent du beurre ».
    Torent de clichés tu y vas un peu fort parce que, à mon sens et justement, c’est le côté « pseudo découverte de la méchante major » qui est un cliché.
    Je connais très bien la situation de l’Afrique. Et là aussi je dis justement : on est pas dans notre petit appitoiement merdique. C’est peut-être (sûrement) un mauvais exemple mais je tentais d’illustrer quand la musique est un vrai langage, pas une activtié lucrative.
    Je n’aime pas que la musique dite « savante », la musique populaire me branche tout autant ou même la musique pour danser (6 ans de danse jazz à mon compteur) ; j’aime ABBA, les bee-geees, l’electro…
    Je dois mal m’exprimer. Je suis farouchement agacé par ces pseudos artistes rock qui se revendiquent « en marge » (je radote) alors que le rock est mainstream. Ce n’est sûrement pas le cas de R. Humeau mais j’ai parlé de façon générale. Et je suis ok avec lui sur Bowie. Tiens, c’est le bon exemple : Bowie c’est un vrai artiste (mon idole de jeunesse, membre du fan club et tout tout…) mais qui assume pleinement son appartenance à un milieu économique.
    Compris ?
    On ne sera jamais d’accord, peut-être. Mais c’est bien le but d’un blog comme celui-ci que de débattre, non ?
    Et puis je n’ai pas de gants de boxes ; je n’arrive pas à jouer du piano avec ;o)

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  2. isa92,

    bon, j´ai tout lu finalement, en fait j´avais lu la moitié hier 😉 ! quelle verve ! Et finalement, je me dis que mon commentaire n´est pas si à coté de la plaque. Et j´ai -comme d´hab´- une immage de film qui vient et c´est Minority Report (va savoir pourquoi, il y en aurait d´autre, moment de relire 1984 sans doute, j´en profite pour dire que c´est génial 1984 et sans doute pas évalué á sa vraie valeur parce qu´on le lit trop tot et en Francais et sans regarder le coté littéraire, passons).. il me flippe donc ton Romain avec sa vision d´Internet et du reste …. mais il est sans doute dans le vrai , alors chut !
    bbmm

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  3. Bon ben voilà comment on échoue lamentablement : entre l’une qui ne lit pas (et le dit) et l’autre qui ne lit pas non plus (c’est flagrant) … soupir …
    On ne va pas se décourager pour autant !
    Tom, j’aurais envie de dire qu’Eiffel est justement loin de ce dont tu parles (il aime les musiques symphoniques, il a été élevé au milieu des instruments, certaines de ses compo n’ont rien de primaire alors que d’autres le sont à dessin et il n’a pas 15 ans bien que c’est un âge par lequel nous sommes tous passés et que je ne vois pas où est le problème d’avoir 15 ans là tout de même tu exagères !), mais ce qui m’ennuie c’est que j’aurais alors l’air de jeter le rock avec, alors que je les aime aussi parfois les sons basiques, plus que certaines musiques savantes qui me gonflent : la musique, on la ressent parfois, et rien d’autre. Il me semble que le trio Guitare Base Batterie a pu trouver grâce à tes yeux pourtant, et notamment avec Jeff, qui, s’il pouvait chanter sur 5 octaves, n’a pas non plus été un compositeur de génie, pardon !
    L’Afrique c’est merveilleux ? Arrête tu veux, les gens crèvent de faim, du sida et de la corruption. Par ailleurs ne pas vivre de la musique n’a jamais empêché personne d’en faire, y compris en France. Et tu es le premier à le savoir en plus ! Ils sont bien rares ceux qui ont la chance de manger tous les jours grâce à leur art; et la grande majorité d’entre eux sont conscients de leur chance.
    Je suis un peu abasourdie par le torrent de clichés que tu viens de déverser là. Je ne t’ai jamais lu aussi amer…
    Je me pose aussi beaucoup de questions sur l’industrie du disque, je trouve le rapport art/business absolument paradoxal mais aussi fascinant.
    Nous sommes manifestement au début de quelque chose de complètement nouveau, avec le monde à réinventer. Je me dis que des gens vont trouver les codes de ce nouveau monde là, que peut être on y aura notre part. Les horizons sont infinis. C’est passionnant aussi !
    Allez, je t’embrasse et je te souhaite une meilleure journée aujourd’hui !
    On se voit quand tu viens et on en discute ? Mais laisse tes gants de boxe à la maisonnnnnnnn stp ;-))

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  4. Ouais.
    Impression mitigée.

    Bon déjà Eiffel me laisse de marbre mais c’est pas très grave ; ceci dit ça évoque grave Noir Désir quand-même…(désolé Isa). Et quand je dis grave c’est vraiment impressionnant surtout le chant du mec. Il faut préciser que, non plus, je n’aime pas Noir Désir. Jamais aimé. J’ai toujours eu en horreur leur petite colère manufacturée et leur musique bien trop basique (surestimée). C’est pas très grave non plus.

    Les majors sont des entreprises à but purement lucratif. On le sait bien. Alors le découvrir une nouvelle fois me paraît naïf. Je vois bien qu’il s’agit de rachat ici mais tout musicien qui s’engage sous contrat sait ce qu’il risque. Il signe avec une industrie avec les avantages et les risques que cela représente.
    Je pense fondamentalement que c’est la faute des musiciens. Parce qu’ils sont co-responsables de cette situation.
    Il faudrait des pages et des pages pour expliciter mon sentiment.
    Juste pour me faire comprendre :
    1. Faire croire au public que c’est artistiquement rebelle de faire du rock avec une basse, une guitare et une batterie est un comble hautement risible. Alors « l’intégrité » quand on choisit le mode musical le plus bateau, le plus mainstream qui soit, je ne trouve pas ça possible. Rien de moins risqué que de faire du rock de nos jours. Rien de plus « commercial » donc dans le système marchand. On épouse une filière économique pas culturelle.
    2. Dès que 4 gamins de 15 ans jouent dans une cave : paf® à moi la célébrité ; je te fais une démo et j’envoie mes 4 pauvres chansons à un label parce que je veux être connu, vivre de mon « art » (sic). Ce sont les musiciens qui veulent rentrer dans le système tout en restant « intègre » (sic bis). Ca ne va pas ensemble. C’est contradictoire. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre tout en criant « au loup ».
    3. Il n’y a plus de chemin. Les musiciens sont paresseux. Ils veulent arriver tout de suite. Gonzales (le pianiste) raconte ça très bien. Il a raison. L’art c’est le chemin, pas l’arrivée. La musique n’est justement plus un art. Il y a belle lurette. Juste un divertissement (une notion qui m’est chère).

    Qu’est ce que je veux dire au final ?
    Allez voir en Afrique. Tout le monde chante, joue de la musique. Qui veut en vivre ? Personne. Ou presque. C’est un mode de vie, pas une industrie.

    Ici, on a pléthores de musiciens (ou pseudo musiciens) qui veulent « y arriver » ; il y a sur-offre et, en conséquence, la demande zappe, les medias zappent, l’industrie jette. C’est leur faute.

    PS. Faut pas m’en vouloir j’ai eu une sale journée.

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  5. Comme je suis une grosse paresseuse, je vais pas tout lire. Ceci-dit : à l´heure où on n´entend plus que des clones de clones : ce matin encore, le clone de James Blunt à la radio (déjà que ce dernier me fait moyennement réver, tu imagines le clone !). Euh, bien sur mon exemple est extrème et très loin de cette musique là … c´est aussi sans doute le problème.

    Je trouve que s´inscrire dans la lignée de Noir Désir c´est plutot bien (et meme si ca y ressemble, ca devrait etre bien accepté … voir les clones), mais si en plus ils ont leur propre univers et que c´est riche comme tu dis, ben, je trouve ca plutot moche ce qui leur arrive.

    Bises, bbmm

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