Anthony Fletcher au Biplan (Lille) – 8 septembre 2007

J’ai un problème avec Anthony Fletcher. Un problème grâââââve. Le genre de problème que l’on a quand on devient ami avec les gens : je crois que je suis en train de perdre toute ma liberté d’expression. S’il y a un truc qui me déplaît, je n’arrive plus à le dire. Je n’ai non seulement pas envie de le blesser, mais encore je serai terrorisée à l’idée de lui faire du tort. Si à l’inverse il m’enthousiasme, alors j’ai peur d’être too much. Trop de compliments pourraient le gêner, et par pur amour propre, je détesterais qu’il me prenne pour une folle. Je crois qu’en fait je préférerais ne plus rien en dire, et me contenter de vivre les choses. Parce que si la solution c’est de faire des comptes rendus déshumanisés qui ne m’impliquent en rien, non merci, j’aime autant passer mon tour. Alors quoi ? Ne plus parler de lui ? Impossible, je crois bien que j’ai mis le doigt dans un engrenage.

Rappelez moi de garder mes distance avec les artistes à l’avenir …

Bon, j’essaye quand même de vous pondre quelque chose pour le concert de Lille du 8 septembre… Allez, c’est parti !

D’abord il n’y a rien de plus chouette que de voyager. Enfin pour moi. J’adore les gares, j’adore les aéroports, le dépaysement, les  » road trip  » avec les copines. Alors d’ordinaire j’aurais râlé devant l’heure tardive du concert (22 heures). Mais cette fois, j’étais ravie d’avoir l’occasion de dîner tranquillement avec des amis, ce qui finalement, était un gage évident de civilisation et plaçait d’emblée cette soirée sous le signe de la convivialité.

On m’avait prévenu que le Biplan était une salle sympathique et chaleureuse, je confirme. Après l’ouverture des grilles, on y accède par un escalier qui débouche sur une cave voûtée toute en briques, baignée d’une lumière tamisée rouge et ocre. La scène n’est pas surélevée, simplement recouverte d’un tapis d’exploitant de salles de cinéma. Il y a là quelques tables en bois, quelques chaises, même des bancs pour les grandes tablées, et un bar au fond de la pièce.

Anthony Fletcher fait son entrée derrière ses musiciens, un verre de vin à la main. La configuration de la salle est telle qu’il doit la traverser entièrement pour arriver jusqu’à la scène. Il prend son temps et passe de table en table embrasser ceux qu’il connaît (et les autres d’ailleurs), ça commence bien, on est un peu dans la quatrième dimension. Mais devrais-je dire : « comme toujours avec lui » ?

Très vite, le ton est donné avec « Atlantique », l’un des titres les plus réussis de l’album du même nom. La voix se fait velours et l’atmosphère dépaysante et sensuelle de la chanson embarque l’auditeur vers un ailleurs dans lequel il resterait bien volontiers bloqué.

Une certaine Alexandra est dans la salle; Anthony Fletcher le sait et prend un plaisir évident à lui dédicacer la chanson qui porte son nom. Il entame les premières notes très doucement, et l’on retient son souffle pour mieux écouter tant c’est joli. Le vrai charme est là, lorsque les mots se font caresse.

Anthony parle de ses origines ch’ti et fait rire le public, car, et c’est aussi ce qui fait sa particularité, il aime à établir le dialogue entre la salle et lui. Il multiplie les interventions tout au long du concert, parle du Rugby, de cette soirée  » de filles …euh… entre filles … enfin je veux dire avec des filles…  » – mine embêtée – (ha ha ha, plus il essaye de se rattraper aux branches et meilleur c’est !), de son « Héron », diffusé cet été dans les avions d’Air France, de l’accueil du staff du Biplan, la set list qu’il a oubliée, etc … Ses petites phrases et son humour le rendent immédiatement sympathique, c’est toujours ce qui revient après, dans les commentaires de ceux qui sont venus le voir.

Un peu plus tard il annonce : « C’est le moment que vous attendez tous »; ce en quoi il n’a pas tort, puisque mon amie venue de Belgique se penche aussitôt vers moi et me glisse à l’oreille : « Jour Blanc ? ». Niveau composition, pas de doute, il se pose là ! Et  » Jour Blanc « , même au clavier (Alexandre qui s’y colle aimerait se déplacer avec un vrai piano chaque fois), est toujours très belle.

« Une case en moins » est souvent très réussie sur scène, mais ce soir, le morceau est presque multiplié par deux, en durée et en plaisir, par un dialogue instrumental entre Anthony (à la guitare), Alexandre (au claviers), et Philippe (aux percussions). Les trois musiciens se répondent et prennent visiblement un énorme plaisir à prolonger le moment. Au lieu de se terminer par les habituels (Ah Ah ahhh Ahhhh) chantés en coeur avec la salle, la chanson reprend d’abord avec quelques notes de guitare, puis l’effleurement des cymbales très doucement, façon jazz, au balai, et enfin le clavier. Une fois que les trois se sont rejoints, la guitare se fait alors plus forte et plus rapide, pour un crescendo qui redescend ensuite comme une vague et finit par s’éteindre doucement avec les vocalises d’Anthony. Plus de huit minutes de plaisir, bien vu !

Au rang des reprises, Etienne Daho fait son retour avec un  » Week-end à Rome  » repris en choeur dans le public.

 » Chanson  » qui est censée clôturer le set (mais on ne le laissera pas partir comme ça) fonctionne très bien sur scène et donne l’occasion à tous de reprendre avec lui les  » Pa, pa pa pa, pa pa, pa pa  » ou de taper dans les mains avec les musiciens. Anthony chantera également  » le pommier « , dans une version allongée spécialement pour la scène,  » Canadair « ,  » Beautiful  » (inédit entraînant que l’on ne peut entendre qu’en concert), et en rappel  » Vers la mer  » et  » Simba « . Seize titres en tout. Sauf qu’il n’en restera pas là.

Parce que, et cela risque de devenir une habitude (je croise les doigts pour ça !), Anthony, le concert terminé, viendra faire le tour des tables et, à la demande générale, s’asseoir au milieu de nous pour en remettre une couche en guitare voix, sans micro, comme à la maison ! Il commence par  » Marin, je me noie « , qu’il vient à peine d’écrire (voir l’histoire de Laurent) et que je reçois comme un cadeau un peu irréel. Je crève d’envie de vous la faire entendre mais il vous faudra attendre un peu. En tout cas je suis touchée, coulée, à ramasser à la petite cuillère (mais en surface je suis digne, je vous dis ça mais ça reste entre nous, c’était juste en dedans de moi-même ^^).

Il enchaîne ensuite avec une reprise de Jean-Louis Murat,  » Dieu n’a pas trouvé mieux « , nous expliquant qu’il aurait voulu la faire en concert mais qu’il a finalement opté pour Daho, sur les conseils de Virginie, manageuse ès Fletcher ( » il faut un standard « ). Du coup c’est un peu la cerise sur le gâteau, pour lui comme pour nous … comme pour vous d’ailleurs puisque je vais pouvoir vous faire écouter l’enregistrement (d’ailleurs à propos, c’est moaaaaaaaaa qui l’ai fait, prière de vous extasier devant la technique, le son, – les images je passe hein, vive la compression – l’animation du titre et le top-délire-crédibility générique de fin ; flûte, que je suis égocentrique : prière de vous extasier sur la reprise aussi, après tout c’est lui qui chante, et j’a-do-re !). Bref, fin des bla-bla, c’est juste en dessous :

Bon petit délire pour finir avec Septembre non répétée et copieusement massacrée. M’en fiche, on s’en amuse et puis je prends mon pied à la chanter aussi ! Venez la prochaine fois. Et profitez, profitez ! Parce qu’à la Cigale il ne pourra plus faire ça ;-))

PS : Le programmateur a aimé. Je vous tiens au courant pour une autre date au Biplan donc ! Elle est pas belle la vie ?! 🙂

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4 réflexions sur “Anthony Fletcher au Biplan (Lille) – 8 septembre 2007

  1. Pas de commentaire ? eh bien voici :
    tu le sais déjà, mais tu donnes vraiment des regrets de ne pas avoir été là ! bravo pour ce papier comme pour beaucoup d´autres.
    bises bbmm

    J'aime

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